Id. id. Ex
Tôt d'suit man tchur fut chatouillou Tôt d'suit san tchur soupire. Intr. p. 48, 50.
(*cuIotum), boutchuet ^ (*bosquetum). On l'y trouve aussi, fait non moins surprenant, dans les adjectifs indéfinis et démonstratifs tchieuque (qualem quam), tchou (ecce hoc), tchelle (ecce illam)^, etc. Si l'on compare à ces derniers mots les formes ordinaires quiou (ce), quielle, etc., du même patois, on sera amené à y voir non le produit de la transformation directe des formes latines ecce hoc, ecce illam, etc., mais des formes romanes g w^ow, quielle, et par conséquent nous avons là, je crois, une modification relativement récente de la gutturale. On peut et on doit, il me semble, en dire autant des formes tchiider, tchur, tchulotte, boutchuet, etc., et en général des mots où c suivi d'une voyelle autre que a s'est transformé en chuintante ; à l'origine le dialecte poitevin a, comme le français proprement dit, changé en c, affaibli plus tard en l, la gutturale vélaire suivie de a, en la conservant devant les autres voyelles non palatales ; mais par la suite ces voyelles s'étant modifiées, la vélaire qui les précédait s'est changée en palatale, puis en c. Ce qui confirme cette manière de voir, c'est que le picard, qui conserve toujours, ou à peu près, comme je le montrerai, la gutturale vélaire, offre cependant, exception singulière, quelques exemples où elle prend le son c, tels sont tchien, (canem) et tcher (cadere), dans le patois de Santerre, tcheur (cor) dans celui de l'Amiénois. Ces formes, qui n'apparaissent dans aucun texte ancien, sont évidemment d'origine moderne ; et il en est de même de la plupart de celles où l'on trouve dans le normand la gutturale suivie de o ou de u primitif, transformée en c ; ainsi que nous le verrons, en effet, ce dialecte conserve, comme le picard, la gutturale vélaire dans le plus grand nombre de cas, dans les mots où elle n'a pas persisté, sa transformation, surtout en c, ne peut remonter dès lors bien loin dans le passé. Un fait incontestable prouve du moins que le son c a pu se substituer à la gutturale à une époque récente , c'est son apparition dans les idiomes créoles sortis du français depuis que celui-ci ne connaissait plus le son c. On trouve par exemple dans le dialecte de la Trinité ce même mot tchulotte, que je montrais tout à l'heure dans le patois poitevin des Sables, sous la forme chilotte [ch = c) ; de même chuite (coctam), chouler (*culare), chinze (quindecim), etc.^.