Cf. Diez, id. 2l2et
chatcho Gallicè, vel 7nutscho, mutschatscho Germanicè ^ . » En présence de témoignages aussi précis on ne peut accorder aucune créance à des grammairiens tels que Sotomajor qui, après avoir rangé cependant ch parmi les lettres qui n'ont pas la même valeur en français et en espagnol, dit qu'il doit se prononcer comme en notre langue^, ou bien l'auteur anonyme (M. Charpentier?) de « La parfaite méthode pour entendre, escrire et parler la langue espagnole » qui se borne à figurer par le ch français, ainsi d'ailleurs que Jean Saulnier dans son « Introduction en la langue espagnole » le ch castillan ^.
Ainsi ch paraît bien avoir eu autrefois dans le double groupe occidental la valeur c, qu'il a encore aujourd'hui en espagnol et dans plusieurs dialectes provençaux et portugais ; mais quelle est l'origine de ce signe employé par les Romans de l'Ouest pour représenter le son c ou s, tandis que chez les Romans de l'Est et parfois aussi — du moins autrefois, comme nous avons vu, — chez les premiers, il a servi ou sert à représenter la gutturale palatale ? J'ai dit que le çh, signe de la gutturale, était emprunté à l'alphabet latin, où il avait souvent représenté les deux gutturales, doit-on attribuer la même origine au ch employé par les langues du double groupe occidental, comme signe des chuintantes c et s? Diez n'est pas éloigné de croire que ce signe est passé de l'allemand, ou plutôt du franc dans le français, comme il veut voir dans la spirante ch ou hh de ces idiomes l'origine de la chuintante substituée à la gutturale vélaire romane '* ; mais alors comment expliquer la présence de ch en provençal et dans les idiomes de la péninsule hispanique ? Faut-il supposer que les scribes provençaux ou espagnols l'aient emprunté aux copistes français ? Cette hypothèse me paraît aussi peu admissible que peu utile ; il ne faut point, en effet, chercher au ch, signe de la chuin-