Gram. I, 248 et
tante, d'autre origine qu'au ch, signe de la gutturale ; nous savons que ce signe employé par le latin de la décadence pour représenter les deux gutturales avait été adopté par les langues du groupe oriental, comme signe de la palatale; j'en ai signalé aussi l'emploi dans les langues du Nord-Ouest et du Sud Ouest, surtout aux premiers siècles du Moyen Age ^ ; l'on peut même dire que, jusqu'au huitième siècle et sans doute même plus tard, il servit dans tous les pays romans uniquement à représenter la gutturale palatale. Il a continué d'en être ainsi dans les idiomes orientaux, qui employaient c pour figurer la gutturale vélaire et la chuintante c issue de la palatale, mais les idiomes occidentaux se servant de c, comme leurs congénères de l'Est, pour représenter la gutturale vélaire, et, ce qui leur était particulier, pour représenter la palatale assibilée, se trouvaient dans la nécessité ou de l'employer encore comme signe de la chuintante ou de choisir pour cette dernière une autre lettre; ils prirent alors ch, qu'ils remplacèrent peu à peu, comme signe de la gutturale vélaire, par g ou ;^ ; mais cette substitution ne se fit que lentement, de là une source de confusion dans la phonétique de ces idiomes, comme j'aurai souvent occasion de le signaler par la suite.
Le ch est donc d'après cela d'origine latine, c'est l'ancien signe inventé au if siècle avant notre ère pour remplacer le x dans les mots empruntés au grec par le latin ; quant à l'origine du son qu'il représente dans le double groupe occidental, il est, comme je l'ai dit, le résultat, le produit naturel pourrait-on dire, de la transformation du c vélaire ; si cette modification n'apparaît point ou n'apparaît qu'exceptionnellement dans le groupe oriental, c'est que les langues qui le composent ont conservé plus fidèlement le son primitif du k vélaire, gardé sans modification par le latin, comme parle grec; les langues du double groupe occidental , au contraire, ayant moins respecté la gutturale vélaire, devaient aussi la changer plutôt en chuintante, et ce n'est pas un effet du hasard, mais la conséquence même de la perturbation apportée dans le système phonétique du latin, que celui de ces idiomes qui l'a le plus profondément modifié soit aussi celui qui nous présente la transformation la plus complète du c vélaire en c. On comprend d'après cela que je ne puisse accepter l'influence germanique à laquelle Diez semble attribuer ce phénomène si naturel de transformation* ; on ne voit pas, en effet, com-