‹ Du c dans les langues romanesChapitre 128 sur 220 · Voir pi. haut Liv. 11, Gli. 111. p · texte numérisé non relu

Voir pi. haut Liv. 11, Gli. 111. p

ment la spirante des dialectes francs aurait pu déterminer le changement du c vélaire latin en chuintante, ce qu'elle n'a point fait dans le domaine germanique, et encore moins pourquoi, si l'influence germanique a déterminé le changement du c latin en c ou 5, elle ne l'a pas fait toujours pour le c d'origine allemande, lequel reste guttural dans un nombre assez considérable de mots; il y a plus, il me semble, si on peut sur ce point si obscur hasarder une hypothèse, que, loin d'avoir contribué à transformer le c vélaire, l'influence germanique a servi à lui conserver son caractère primitif, car c'est précisément — la Lorraine et les pays wallons exceptés — dans les contrées où l'élément germanique a prédominé au moment de la formation définitive de la langue que le c vélaire a persisté ; comme cela a lieu presque toujours dans le picard, et en général aussi dans le normand et le roumanche du Nord. Quant à la théorie de Burguy qui explique la présence du ch en français et la conservation du c en picard, — il ne paraît pas savoir que cette conservation a lieu aussi en normand, — par ce qui se serait passé dans les idiomes celtiques et où par parenthèse il confond la spirante gutturale ch de l'irlandais avec la chuintante ch des dialectes français, elle ne mérite pas même d'être examinée ^.

Si le c vélaire paraît ainsi s'être d'abord changé — là où il s'est modifié — en c, il n'a point conservé ce son dans tous les idiomes romans du double groupe occidental ; le plus souvent, en eflet, il y a pris, comme en français, le son 5, d'autres fois aussi il s'est transformé en ^g ou dans le son afl'aibli z ; enfin dans certains dialectes provençaux on le trouve changé en ts, dz, s et même en 0 et S ; l'étude historique de ces diverses transformations fera l'objet de ce troisième livre ; j'y joindrai celle des changements du c vélaire en spirante gutturale, fait présenté par l'espagn^^l , enfin l'examen non moins intéressant de la transformation des deux gutturales dans le picard et le normand.

t. K. M. Rapp, Physiol. d. Spr. 11, 51, a encore renchéri sur l'affirmation hypothétique de Diez et déclare la transformation de ca en cha pour « inexplicable sans une influence germanique ». V. Schneller, id. p. 87.

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