Brùcke, id., p
2. Rud. V. Raumer, Sxmmtl. sprachw. Schriften. p. 22. — Dernièrement, au contraire, 0. Wolf (Spr. u. Ohr, 32) a admis de nouveau que l était un son composé.
il l'est par les grammairiens tchèques, et lui donnerai, ainsi qu'à s, le nom de chuintante.
c et g. — On peut disputer sur la nature de s (ch), et de z (j), on ne peut pas ne pas admettre que tch et dj ne soient des sons composés, et l'on voit qu'ils sont formés, le premier de t et de s, le second des sonores correspondantes cl et z. Pour le produire, il faut donc former d'abord l'obstacle nécessaire à l'interruption du passage de l'air, comme pour former le t ou h d dorsal, puis donner à la langue, au moment même où cet obstacle est supprimé, la position qu'elle doit prendre pour la production de ^ ou de z. Au reste ces sons sont très-communs : tch se rencontre dans presque toutes les langues indo-européennes ; c'est celui qu'on donne généralement en Europe au k palatal du sanscrit^ ; c'est celui aussi du ch anglais ou espagnol; par ex. dans church, chaza, du c italien suivi de e ou de i, comme dans città, enfin du c des langues slaves {cz poL), par ex. ocese, gén. sing. du slavon oko (oculus). C'est de ce signe c que je me servirai ordinairement pour représenter le son composé tch. Quant à dj, c'est-à-dire à la sonore correspondante à tch, on la rencontre, comme lui, dans la plupart des langues indo-européennes ; c'est le son qu'on donne actuellement au g palatal sanscrit; c'est aussi celui àuj anglais; par ex. àans Joy, du p^ italien suivi de e ou de i comme dans gemere. Je la désignerai par g.
Ts et dz . — Si après avoir formé l'obstacle comme pour transformer le t alvéolaire, on donne, au moment où cet obstacle est supprimé, à la langue la position qu'elle doit prendre pour la production de s dorsal, on fait entendre le son composé ts. Ce son est celui du c des langues slaves, par ex. dans zlatica, v.' tch. (pièce d'or), du z allemand dans Zeit et du z dur italien, comme dans razza (race), etc. Si au moment où on donne aux organes de la voix la position nécessaire pour produire le son ts on fait vibrer les cordes vocales, on obtient la sonore correspondante dz; c'est le son du Ç grec dans i^u^év, du z italien dans razza (raie) .
Les sons composés que nous venons d'étudier sont — la plupart du moins — d'origine relativement récente, et dans les langues où nous les rencontrons ils tiennent le plus souvent la place de sons primitivement simples; c'est ainsi que le son composé tch du c de l'italien città représente le son simple du c palatal du latin civitatem, de même le son composé dj du g de l'italien gemere s'est substitué au son simple du g du latin gemere, le
1. Les Hindous lui donnent encore un son qui se rapproche de Uj.
n composé ts du z de cymbello remplace le c simple et palatal cymhalum. Ainsi un son simple peut, en se transformant, donner naissance à un son composé, mais le contraire, on le comprend facilement, peut également arriver, c'est-à-dire qu'un son composé peut, par une série de dégradations, se réduire à un son simple ; mais dans ce cas le son simple dérivé est toujours d'un ordre différent du son simple primitif, d'où il est sorti par l'intermédiaire du son composé. Ainsi le son ts du c dé l'ancien français, dégradation probable déjà du son tch du c latin, est, en se modifiant, devenu s, consonne simple de l'ordre des dentales, tandis que le c latin, d'où il est sorti, en passant par les sons composés tch, ts intermédiaires, était aussi une consonne simple, mais de l'ordre des gutturales. On voit d'ailleurs facilement comment la langue a pu passer d'un son composé à un son moins complexe ou simple, et l'on comprend aussi sans peine comment, en se modifiant dans un sens ou dans un autre, un même son composé a pu donner, tout comme une consonne primitive ordinaire, des sons simples difiërents. Ainsi tch a pu, soit perdre son t, et alors on a eu le son ch (s), soit modifier le son s qu'il renfermait en le changeant en s, et alors il a donné le son ts. Si ce dernier son perd aussi son t, sans modifier la nature de la spirante, il reste s; mais il peut se faire aussi que ts, en se simplifiant, ne perde pas seulement le t, mais encore qu'il transforme la spirante, et la change d'alvéolaire ou de dorsale s en dentale proprement dite 0 ; ce qui aura lieu si la pointe de la langue vient s'appuyer non plus contre le palais ou les gencives, mais contre les dents ou même entre les dents. La première transformation du ts a eu lieu dans le français, la seconde dans le castillan. Dans cette étude je conserverai la division des consonnes en gutturales, dentales et labiales ; toutefois je donnerai de préférence aux premières le nom de vélaires et de palatales ou laminaires dans lesquelles elles se subdivisent; je désignerai les secondes, c'est-à-dire les dentales, par le nom de la partie de la cavité buccale où se forme l'obstacle au passage de l'air ou l'espace rétréci, nécessaire à leur production. Je suivrai la classification habituelle pour les labiales; et, comme je l'ai dit, je donnerai le nom de chuintantes au son I et z. Je n'en attribuerai point de particulier aux composées tch, dj, ts, dz. Le tableau suivant montre rapprochées et groupées les diverses consonnes indo-européennes, dont j'ai étudié le mode de formation et indique en même temps les signes dont je me servirai au besoin pour les représenter d'une manière abrégée. Les signes placés entre parenthèses sont ceux de Brùcke.
Voyelles.
Résonnantes.
Trémulanles.
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Liquides.
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Sourdes, tenues ou fortes.
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