‹ Du c dans les langues romanesChapitre 133 sur 220 · P. 78 et suiv · texte numérisé non relu

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second nous donne quatre exemples de transformation de c{a) et deux seulement de sa persistance ; dans le troisième nous trouvons six exemples du changement de c{a) en ch et, pour ne pas parler de pascam, un seul riqueza, mot d'origine germanique encore, où il persiste; la transformation du c vélaire est donc de beaucoup le fait le plus ordinaire en limousin. On la retrouve aussi dans la traduction de l'évangile de Saint Jean, écrit selon M. P. Meyer ^ dans le dialecte vaudois, mais probablement pas avant le xii** siècle. Dans ce texte, publié d'abord par M. K. Hoffmann dans les « Gelehrte Anzeigen der Kœniglichen bayerischen Akademie der Wissenschaften » (1858) et peu après (1860) par M. Fr. Michel dans son édition du Psautier d'Oxford 2, nous voyons ch substitué partout à c suivi de a ou de au, lequel ne persiste pas une seule fois, tandis que sa transformation ch se rencontre plus de trente fois.

On le voit, à cette époque le changement du c vélaire en c était un fait fréquent dans les dialectes de la région septentrionale du domaine de la langue d'oc. C'est de cette région aussi, à ce qu'il semble 3, que le poète du « Girart de Rossilho » était originaire, cependant c{a) persiste dans ce roman bien plus souvent qu'il ne se change en ch ; ainsi dans les 443 vers donnés par Bartsch d'après l'édition de Conr. Hoffmann, j'ai compté quarante-cinq mots où c{a) persiste contre vingt où il se transforme en ch.

Il est difficile de savoir si les poésies des troubadours nous sont parvenues dans leur pureté première, ou si le texte en a été remanié, et dans quelle mesure il a pu l'être par les scribes qui nous les ont transmises. Cependant il est peu probable que le consonnantisme en ait été complètement changé ; aussi est-il permis d'y chercher quelques renseignements sur la manière dont le c vélaire était traité dans les provinces d'où les divers troubadours étaient originaires. Commençons par ceux du Nord.

Le son c domine dans les poésies de Guillaume de Poitiers; dans les fragments de ce troubadour donnés dans la Chrestomathie, je compte quinze mots où on le trouve, cinq seulement où il fait place à ch. La même chose a lieu dans les Poésies du périgourdin Bertran de Born ; sur deux cents et quelques vers que donne Bartsch, il y a treize cas de persistance du c vélaire, trois

1. V. Bibliothèque de l'École des chartes. S""" série p. 530. — Rom. I, 383.

2. Libri Psalmorum vei'sio antiqua gallica^ in-8°; Paris, p. 369-376.

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