Ann. 187-2, p
2. Foucaud, Poésies en patois limousin publiées par Em. Ruben, p. 61.
3. Legras, Patois fore'zien. — 4. Poésies en patois du Dauphiné. Gren. in-12.
c s'y change en ts ou même en ih (G) , Dans le provençal proprement dit, les deux formes c et ch coexistent l'une à côté de l'autre, mais c persiste bien plus souvent qu'il ne se change en ch ; ce dernier signe ne représente pas d'ailleurs dans ce dialecte le son c ou 5, mais à peu près celui de ts''. Dans le premier chant de Miréio, par exemple, on ne rencontre la forme ch substituée au c vélaire latin que dans huit à dix mots, tandis que dans tous les autres, c'est-à-dire plus de vingt fois, celui-ci a persisté. Dans le Languedoc c l'emporte de beaucoup sur ch, mais le rapport qui existe entre ces deux formes varie avec les localités ; il en est de même de la valeur de ch. Ainsi dans le sous-dialecte de Montpellier, et dans presque tout l'Hérault, le c vélaire a le plus souvent persisté, eich, qui le remplace aussi, quoique rarement, se prononce tcli^. Dans le dialecte de Carcassonne et de Narbonne, c est aussi la forme dominante et ch se prononce tch ; mais sans sortir du département , du côté de Pamiers et sur les frontières du Tarn, il prend le son ts ^ ; c'est celui qu'on lui donne en général dans le Nord de la province, en particulier dans le Quercy, sans toutefois qu'il se substitue plus souvent au c vélaire, ainsi dans un échantillon du dialecte rouerguat, que je trouve encore dans la Revue des langues romanes *, c a toujours persisté dans les quelques mots où il apparaît. Le dialecte de la Gascogne a le plus souvent conservé le c vélaire , on y rencontre aussi parfois ch, lequel se prononce tch, et chose singulière dans des mots même dont la forme ordinaire est c, c'est ainsi que Jasmin écrit cha7i{s) I, 10, II, 5, mais cantara, canti I, 7 et 9 ; cansons II, 9^ Quant au catalan, il n'a guère pris part plus que les autres idiomes de la péninsule hispanique au changement de c{a) en ch{a) ; le c vélaire y persiste à peu près dans tous les cas.
1. Fr. Mistral, Miréio. Avis, p. l : nCh se prononce ts » ; on est surpris de voir l'auteur ajouter « comme dans le mot espagnol muchacho », puisque ch s'y prononce non ts, mais tch ; on dit moutchaicho, non moutsatso.