Janv. 1872, p
5. Juni ta boues laougèro à mous chans faribols. I, 10, Canti lou trin, la guerro et lous famus souldats. 1, 9. Baci lou chan qu'on entendit. II, 5.
Al brut de vint cansons jouyouzos. II, 9.
Iir Transformation du c vélaire en c (s) dans le
français proprement dit.
tialecte
J'arrive maintenant à la langue d'oïl. Des différents dialectes qu'elle comprend, je ne m'occupe pour le moment que de celui qui en se modifiant est devenu le français moderne, le dialecte parlé avec quelques différences au centre du royaume, dans l'Ilede-France, l'Orléanais, la Touraine, la Champagne, la Bourgogne et désigné parfois sous le nom de dialecte bourguignon, et comme tel opposé au picard et au normand ^ Le c vélaire suivi de « a pris dans ce dialecte, — que a ait persisté ou se soit changé en e, ie, ai, — le son s, affaibhssement du son plus complet c, qu'il a dû, comme je l'ai montré, avoir au Moyen Age ; mais à quelle époque cette transformation de k en c a-t-elle eu lieu ? EUe remonte sans doute fort haut, mais elle est évidemment de beaucoup postérieure au changement de la gutturale palatale en spirante ; celle-ci, comme nous l'avons vu, s'était modifiée à partir du v" siècle et probablement était complètement transformée en Gaule au vu'' ; mais rien ne prouve qu'alors, et même bien plus tard, la gutturale vélaire eût encore été altérée, et si nous nous en rapportons aux premiers documents de la langue, nous en reporterons l'époque assez loin de ses commencements.
Les « Serments, » le premier document français et même roman que nous ayons, contiennent plusieurs mots où c initial suivi de a ou de 0 est devenu ch en français, mais tous ces mots y sont écrits par un c simple : faut-il supposer que c pouvait alors avoir à la fois le son c ou c devant «, o ? que par exemple on devait le prononcer c dans case tandis qu'il avait le son k dans commun; cela, malgré l'opinion contraire de M. Gaston Paris ^, me paraît difficile à admettre; il eût fallu, en effet, pour qu'il en fût ainsi, que c eût pu avoir les trois sons k, c et ts — ce dernier devant e eii — ce qui n'a d'analogue dans aucune langue romane, où il n'en représente que deux à la fois ^; on ne peut du moins, je crois, supposer qu'on ait alors prononcé Charles le nom que Nithard a sans doute à dessein et en souvenir de son origine germanique écrit quatre fois par un k. Ainsi au milieu du ix^ siècle on ne
1. Voir même livre, chap. III pour les autres dialectes français.