‹ Du c dans les langues romanesChapitre 148 sur 220 · Essai sur le patois j)oifevin, s. v. thiau · texte numérisé non relu

Essai sur le patois j)oifevin, s. v. thiau

2. Je ne saurais trop regretter que mon état de santé m'ait forcé d'interrompre brusquement un voyage qui m'eût permis d'étudier les patois si curieux et encore si inconnus de la Savoie.

3. C'est à M. Paul Meyer que je dois ce dernier renseignement.

d'autant moins surprendre que réciproquement f étymologique s'est en savoyard transformé parfois en th; ainsi /eôWm a donné dans le patois tarin thievra.

IV° Changement du c, du g et de œ en spirante gutturale.

Dans les cas où le c et le p vèlaires se sont changés en ^ (= ^ ou j) en portugais, ils ont pris en espagnol un son analogue à celui du -/ grec moderne ou du ch allemand et représenté par la jota. La gutturale palatale sonore a également pris ce son; c'est aussi celui qu'on donne à œ, qu'on remplace même aujourd'hui pour cette raison le plus souvent par laj^ Nous savons par le témoignage des anciens grammairiens que ces sons étaient autrefois différents ; cela étant, quelle était dans l'ancien espagnol la valeur réelle des trois lettres g, j, x, et comment ont-elles pris ce son unique qui leur est propre aujourd'hui ? C'est là une des questions les plus obscures et les plus curieuses de la phonétique romane. On ne peut douter qu'à l'origine g n'ait eu en espagnol devant e et i la valeur de ^, qu'on lui trouve dans toutes les autres langues romanes, son qui a persisté, comme nous savons, en roumain, en italien et généralement en provençal, qui s'est, au contraire, affaibli en z en français et en portugais ; la confusion de ch et de g dans le mot Sanchez ^ en est un indice évident, ainsi que l'analogie de ce qui s'est passé dans les autres langues. On doit admettre aussi que j qui a encore en provençal le son g, et qui l'a eu aussi certainement autrefois en roumain, en français et en portugais, où il a maintenant celui de z, a également eu ces deux sons g, z, autrefois en Espagne. Quant à œ, le son l qu'il a le plus souvent en portugais et qu'il . prend aussi, comme nous verrons, dans plusieurs autres idiomes, amène naturellement à lui attribuer aussi dans l'ancien espagnol cette même valeur, qu'elle soit ou ne soit pas un affaiblissement de c. Ainsi, il a dû y avoir dans cette langue une époque où les trois lettres g,j et œ eurent les sons z et s, c'est-à-dire qu'elles représentaient alors la sourde ch et la sonore j ou dj ; mais comment ces sons se changèrent-ils en spirantes gutturales ? J'avoue que je ne connais point d'explication pour ce phénomène de phonétique si singulier qui nous montre , contrairement à ce que nous

1. A cause de cette mêioe valeur et pour éviter des redites, je no sépare point ici l'étude des trois lettres espagnoles g,j, x\ ce sera un à-compte sur ce que j'aurai à dire plus tard (Liv. IV, ch. ^\l) de x.

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