‹ Du c dans les langues romanesChapitre 149 sur 220 · Sanchez et Songez, Yepes. Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

Sanchez et Songez, Yepes. Voir plus haut, p

avons vu clans la transformation des sons gutturaux, un son remonter en quelque sorte l'échelle vocale que tous les autres descendent; il n'en paraît pas moins certain, eton peut en rapprocher la substitution, dans le roumain du Sud et les dialectes méridionaux de l'Italie, d'une gutturale à une labiale ou à une chuintante*. Mais tandis qu'à une chuintante sourde ou sonore correspond dans ces idiomes une explosive gutturale également sourde ou sonore, nous n'avons en espagnol que les spirantes sourdes x ou yp suivant qu'elles se substituent kj ou œ, suivi de a, o, u, ou à g, suivi de e ou i. Nous retrouvons donc ici un fait analogue à ce qui s'est passé dans le changement des spirantes ts ou dz, issues du c palatal, en spirantes dentales proprement dites : la suppression de toute distinction entre des sons originairement sourds et sonores. Mais à quelle époque cette transformation de 5 ou de z en spirante a-t-elle eu lieu ? Il me semble qu'elle ne s'est produite qu'à l'époque où g {g eij) s'était affaibli en z et où ^ n'avait plus, — s'il avait jamais eu le son c, — que celui de s, c'est-à-dire sans doute vers la fin du Moyen Age. Le témoignage des grammairiens du temps vient entièrement confirmer cette manière de voir. « La critica historica, disait en 1859 Monlau dans son discours de réception à l'Académie espagnole ^, demuestra que la mudanza del antiguo sonido dental de la.J et de la œ en sonido gutural fuerte, asi como la mudanza de la z rechinante grsecolatina en la z ceceosa ô balbutiente no se verificaron hasta fines del siglo XVI ô poco antes, ni se generalizaron hasta entrado el siglo XVII. » Cette opinion que Monlau avait déjà avancée en 1856 dans son « Diccionario etimologico^ » en reportant même jusqu'au milieu du XYïf siècle le changement de la œ ou de la^" et de la ç ou de la z, a été depuis adoptée aussi par Engelmann dans son Glossaire et par MilayFontanals^. Engelmann se fonde sur la transcription du son arabe dsch et sch par Pedro de Alcala (1517), indifféremment par j et œ, ce qui suppose que ces deux lettres n'étaient pas encore gutturales à cette époque, c'està-dire au commencement du xvf siècle.

1. Voir plus haut, Liv. II, ch. IX, p. 165. — L'italien classique connaît aussi cette substitution d'une explosive gutturale à la chuintante g, issue de i consonne, ainsi rimango (rimaneo), seggo à côté de seggio fsedeo), vengo (venio). On la trouve également en espagnol dans salgo (salio), tengo (teneo). Cf. Diez, Gram. \, 351 et 369.

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