‹ Du c dans les langues romanesChapitre 15 sur 220 · Gorssen, id. I, 97. — Fr. Baudry, Gram. comp · texte numérisé non relu

Gorssen, id. I, 97. — Fr. Baudry, Gram. comp

son, s'il exista jamais réellement dans le latin, ne tarda pas à disparaître et l'h ne fut plus dès lors à vrai dire une lettre, mais un simple signe d'aspiration. C'est comme telle seulement que la connaissent les grammairiens latins ; « H vero aspirationis nota, et nihil aliud litterae, nisifiguram, » dit Priscien'. Telle est aussi l'opinion de Marius Victorinus-, de NigidiusFigulus^ de Terentianus Maurus'^, d'Isidore de Séville^ etc. C'était déjà celle de Varron et de Macer, qui la voulaient même retrancher comme telle de l'alphabet latin : « Auctoritas tum Varronis quam Macri, teste Censorino, nec k, neque q, neque h in numéro adhibet literarum^. » Diomède, U est vrai, semble encore reconnaître à l'A son double caractère : « H quoque interdum consonans, dit-il, interdum aspirationis creditur nota"^. » Mais cette assertion isolée ne saurait infirmer le témoignage unanime de tous les autres grammairiens.

Ce rôle de simple aspirée auquel elle était descendue, probablement à l'époque des rois, Vh latine le conserva sans doute, bien qu'amoindri, longtemps encore : « profundo spiritu, anhelis faucibus, explose ore, fanditur, » dit au quatrième siècle Marius Victorinus, exprimant toutefois peut-être plutôt une règle consacrée par la théorie que par l'usage de son temps. L'aspiration, en effet, si prononcée aux premiers âges de la langue, finit par s'afîaiblir au point que la conscience s'en perdit presque, et qu'on ne sut le plus souvent dans quels mots elle devait se trouver. Toujours justifiée par l'étymologie dans les inscriptions de la république, l'usage en devient incertain et sans règle fixe dès les premiers temps de l'empire. On trouve déjà dans les graphites de Pompei, aheto, abuerit, Ermus, Ispanus, lacintus, ymnus, etc. Cette suppression de l'aspirée devait encore se généraliser au temps de l'empire. On voit par des exemples donnés par Quintilien^ quel arbitraire régnait parfois dans l'emploi de

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