Inst. or. I, 5 et
aspiration , tant le sentiment en était devenu incertain. Aussi était-ce un défaut commun aux gens sans éducation, et parfois aussi aux gens prétentieux, de faire entendre une aspiration là où il ne devait pas y en avoir ; on connaît l'épigramme célèbre de Catulle sur un contemporain :
Chommoda dicebat, siquando commoda vellet Dicere, et hinsidias Arrius insidias*.
« Rusticus fit sermo, si aspires perperam, » remarque un peu plus tard Aulu-Gelle^; ce qui prouve à la fois que les paysans de son temps faisaient encore entendre l'aspiration dans des mots que les gens cultivés n'aspiraient plus, et qu'ils l'employaient dans d'autres où elle n'avait point de raison étymologique. Faite d'abord par les ignorants, cette confusion cessa bientôt de leur être particulière, et tous les efibrts des grammairiens pour y mettre un terme furent inutiles ; ils rencontraient un obstacle insurmontable dans l'affaiblissement progressif de l'aspiration. Vers la fin de l'empire, elle cessa à peu près de se faire sentir, et Yh ne fut plus qu'un signe orthographique qu'on employait ou qu'on négligeait, on le voit par les anciens manuscrits, un peu au hasard^. Tel était l'état dans lequel les langues romanes reçurent Y h latine: aussi quand elle n'a pas été supprimée, comme cela a presque toujours lieu en italien, n'a-t-elle le plus souvent persisté que pour conserver en quelque sorte au mot sa physionomie originelle; et, chose remarquable, l'aspiration qui existe encore, et qui se faisait sentir surtout autrefois, dans quelques-unes de ces langues, en particulier dans le français et le roumain, n'est point dans le plus grand nombre de cas un héritage du latin, mais ou vient d'un autre idiome, ou bien encore est une création de la langue, soit de toute pièce, comme dans le français haut (1. altus), soit par la transformation d'un autre son, comme dans le français hors (1. forts), le roumain hed, dérivé de fœdus'^.
La grammaire comparée a montré que la gutturale a développé