Eracles l'empereor, hgg. v. Massmann
2. Gela a lieu également dans Blancandin et l'Orgueilleuse d'Amor.
3. Voir les fragments donnés par A. ûinaux, Trouvères brabançons, etc. p. 92.
chans, chascun (2 fois), cheval, (id.), chevel, chevillette, chief. De même on trouve ce ou ti représenté par ch dans anchieneté, cha, che, adrechié, drechie, lyonchiaux, machues; avec c seul, au contraire, bracieus, cel{e) (4 fois), cil (2 fois), çou (id.), certamement, commença, commencement, commencoii, façon, graciouse et gracieus, perçoit, précieuse^. Dans le court fragment donné par Dinaux du « Maugis d' Aigremont », ca a toujours conservé sa valeur gutturale, c suivi de e ou i se change en ch ^. Il en est de même dans le « Roman de Vivien. »
Dans les poèmes d'Herman de Valenciennes, trouvère bien plus ancien que ceux dont nous venons d'étudier les œuvres, mais dont les manuscrits sont à peu près aussi récents, nous trouvons quelque chose d'analogue. Ainsi dans la « Genesis, » c suivi de a persiste comme dans Eraclé ; c, suivi de e ou ^ , a été traité comme dans le même poème et par conséquent comme en français. Le « Livre de la Bible » ou la « Bible de sapience » a un caractère tout différent. Le fragment donné par Bartsch d'après un manuscrit de Mayhingen du xiif siècle^ nous montre le c palatal ordinairement transformé en ch, et n'étant représenté parc qu'exceptionnellement, — 10 fois sur 74 fois qu'il se transforme en ch. — Quant au c vélaire, il a conservé sa valeur gutturale dans cantant, canté, — à côté, il est vrai, de chant (2 fois), et de enchanté, — canus, cauchié, Mikiel ; il est représenté, au contraire, par ch dans chose et dans chevalerie, pechiés et pechierre, termes consacrés et qui ont bien pu avoir le son ch dans toute la France du Nord.
L'étude du « Poème moral » publié également par Bartsch et, comme le fragment d'Herman de Valenciennes, d'après un manuscrit de Mayhingen ^ nous donne naturellement le même résultat que celui du fragment, tout en témoignant cependant d'une langue plus correcte ; ainsi cz et ti sont ici représentés sans exception par ch ; quant à ca, il persiste ou se transforme en ch presque indifféremment ; ainsi on trouve écrits avec c : encache, pourcache, campion, cangera, mercatour , peccatour ; avec ch, au contraire, blanche (2 fois), chascun, chetivele, chaiere, chiere.