Gorssen, id. I
4. On sait que cette transformation de /"en h est un procédé habituel de la langue espagnole; ex. hado {fatum), hierro [ferrum), etc. Mais 1'^ qui en résulte est muette, du moins dans l'état actuel de la langue.
après elle dans les langues indo-européennes tantôt un i, d'où est sorti le son c, comme dans le sanscrit, le zend et les idiomes slaves, tantôt un u, qu'on retrouve dans le latin qu, et dans le gothique hv; ex.: lat. aqua, got. ahva. Mais cette découverte, fondée sur l'étude comparée des langues indo-européennes, et qui rend raison de phénomènes phonétiques jusque-là inexpliqués, ne pouvait être pressentie par les grammairiens latins, qui n'avaient pour point de comparaison que le grec, et pour qui tout lait étranger à cet idiome était inexplicable ; aussi le q resta-t-il toujours une énigme pour eux. Cette lettre avait la valeur de la gutturale sourde, mais cette gutturale était aussi représentée par k, et surtout par c; il y avait ainsi en latin trois signes différents pour figurer un même son. Embarrassés par cette ressemblance multiple, les anciens grammairiens, qui ne trouvaient point d'ailleurs le q dans l'alphabet grec, ou ne le reconnaissaient pas dans le koppa, remarquant aussi que cette lettre était d'ordinaire accompagnée de zt, crurent qu'elle résultait de la fusion de c, m'. Cette circonstance fit penser qu'on pourrait s'en passer facilement, et plusieurs écrivains, à ce qu'il paraît, afiectèrent de ne pas se servir de cette lettre que l'osque et l'ombrien avaient perdue. « Nigidius Figulus », rapporte Marius Victorinus^ « in commentariis suis nec k posuit nec q, » ainsi qu'il faut lire probablement^ ; et plus loin : « Licinius Calvus q littera non est usus. » Dès les temps de la république, Varron aussi, la regardant sans doute comme superflue, voulait la bannir de l'alphabet latine Cette opinion fut celle de presque tous les grammairiens de l'empire. « K et q supervacuo numéro litterarum inseri doctorum plerique contendunt, scilicet quod c litera harum officium possit implere, » dit Marius Victorinus^. Diomède^, Cliarisius ''' et Velius Longus^ sont du même avis, et
1. <t Multi illam (Q) excluserunt, quoniam nihil aliud sit quam c ettt, » dit Velius Longus, Gr. vet., P. 2218; et ailleurs : « Nonnulli quis et qux et quia per g et i et s scripserunt et per qœ et per qia. quoniam scilicet in q esset c et u. » Id. P. 2219.