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Bardes et trouvères normands. Gaen

3. C'est l'opinion de Gessner (flerrigs Arch. XVII, 189) et du dernier éditeur du poème, M. G. Paris {La vie de saint Alexis, poème du XI'' siècle Paris 1872), p. 45.

4. XVII, 189-227. Ce manuscrit avait déjà été publié par W. Mûller dans la Zeitschrift fUr deulsches Allerthum v. 299-318. Je me sers du texte de Gessner.

lers 76, 1 ; cantant 102, 2; 112, 5; cantent 117, 4; candélabres 117, 1; caj9e5 117, 2; canuthe 82, 1 ; cartrehl, 4

70, 3; 71, 5 ; 74, 3; 75, 1 ; 76, 2 ; 78, 1 ; mm 24, 1 ; 45, 5

71, 1 ; 87, 2 ; cascune 25, 2 ; cascuns 52, 1 ; parcaminhl , 1 pecaUes 16, 4. Il n'y a d'exception que pour Acharies (Arcadius) 92, 2, — écrit, il est vrai, Akaries dans le manuscrit de Paris, — c persiste également devant a changé en e dans alascet 75, 2 ; 116, 2 ; hlance 78, 2; &w<?e 97, 1 ; cet 85, 5; colcer 11, 2; jt5(?C(?^ 112, 4 ; vocet 73, 2 ; ainsi que dans ker 2, 2 ; 2, 5 ; ^2er96, 1 ; 82, 1 ; il s'est changé, au contraire, en ch dans chef, cher 12, 3 ; 22, 44, 4 ; 90, 5 ; chevels 87, 1 ; eschevelede 84, 4 ; pechet 22, 3; 64, 5; 110, 1. En définitives persiste trente-huit fois, tandis qu'il ne se change en ch que onze fois. Le manuscrit le plus important après le manuscrit de Lambspringen que je viens d'examiner, celui d'Ashburnhamplace, moins ancien et moins correct que lui, nous offre un plus grand nombre d'exemples de la substitution de ch à c, même devant a; ainsi chambre trois fois, chartre une fois, charn deux fois ; ainsi que colchiet, chet, vuchie au lieu de colcer, cet, vocet du premier manuscrit. Quelle conclusion faut-il tirer de l'orthographe de ces deux rédactions les plus importantes du poème ? Naturellement c'est que le manuscrit de Lambspringen, plus ancien et dont le texte est le plus correct, nous donne aussi l'orthographe qui se rapproche le plus du texte primitif, et que par conséquent dans ce texte presque toujours, comme dans ce manuscrit, ou peut-être même toujours, c avait persisté devant a latin conservé ou modifié; il serait surprenant, en effet, que le copiste si fidèle, ce semble, du manuscrit de Lambspringen eût écrit c là où il trouvait ch dans l'original, ou qu'un texte si souvent falsifié, comme l'est celui du manuscrit d'Ashburnhamplace, reproduisît plus exactement l'orthographe primitive du poème que L. Quant à la prononciation réelle du c soit devant a, soit devant e provenant de a latin, il ne peut y avoir de raison de ne pas lui attribuer le son guttural latin qu'il a conservé dans tous les idiomes romans qui ne l'ont pas changé en ch, et qu'il a encore, comme nous verrons, en général dans le normand moderne ; les transcriptions ker, hier, — comme il ne peut y avoir de doute sur la valeur du i%, — sont même une preuve directe que la prononciation gutturale s'était conservée, même dans les mots où \a latin s'était changé en e ^ Quant à la gutturale palatale et à

1. Jo raisonne toujours dans l'hypothèse que le poème a été composé

ti transformé, ils sont toujours représentés par c, s ovl z ^

Après l'Alexis nous avons un monument encore plus important du dialecte normand dans la « Chanson de Roland », dont le vocalisme du moins ne laisse guère de doute à cet égard ^, L'examen de ce poème, véritable joyau de notre vieille littérature, nous donnera à peu près les mêmes résultats que celui de l'Alexis. Ainsi c persiste dans les mots :

caables v. 237. — cadahles v. 98.

cadelet v. 936, 2927, etc.

caeines v. 2557, 2735. — caeignahles 183. — caeignon 1826. — caeignez 128. — encaeinent 1827.

caeir, cadeir, cdir, v. 578, 2034, 3453, 3486, 3551. — caeiz 2231, 2269. — caet 333. — caeite 989, 1986. — caist 764, 3439. — caût 3608.

calciez v. 3863.

caland v. 2467, 2647, 2927, etc. — calanz 2728.

cald V. 950. — calt 227, 1405, 1806, 1840, etc. — calz 1011,1018,3633.

calenger v. 3592. — calengemenfàdA. — calengiez 1926. — calenjant 3376.

ca7nbre v. 2332, 2593, 2709, 3992, etc.

en Normandie ; mais lors même qu'il aurait été fait dans une autre province, la conclusion serait la même; seulement au lieu de se rapporter au texte primitif, elle se rapporterait au manuscrit de Lambspringen dont l'origine ou du moins la langue est certainement normande. Mais on voit que je diffère de l'opinion de M. G. Paris qui, tout en regardant le poème comme normand, a rétabli partout ch au lieu de c.

1. Nous verrons plus loin quelle valeur il faut attribuer au premier de ces signes.

2. Je me sers de l'édition de M. L. Gautier. Tours, 2 v. in-4», 1872. L'éditeur non-seulement admet que le poème est écrit dans le dialecte normand, mais qu'il est l'œuvre d'un poète du pays d'Avranches, et comme tel composé dans le dialecte de cette région de la Normandie. Je n'ai rien à dire de la patrie du trouvère auquel nous devons la Chanson de Roland, si ce n'est que les arguments invoqués par M. L. Gautier pour la déterminer me paraissent assez faibles; quant à la prétention émise dans la préface de sa troisième édition d'avoir rétabli le texte, tel qu'il a dû être écrit primitivement, il suffît pour montrer combien elle est peu fondée de dire que M. Gautier paraît ignorer quelques-uns des caractères les plus essentiels du dialecte dans lequel, d'après lui, le Roland a été composé : comment aurait-il pu dès lors en reproduire les formes si souvent altérées ? Les mômes observations s'appliqueraient à l'édition de M. Bœhmer, qui a rétabli partout ch à la place de c{a), s'il avait dit quelles raisons l'ont guidé dans la constitution de son texte ; mais il faut attendre pour le juger qu'il se soit expliqué.

cameilz v. 129, 114, 645, 847. — camelz 31.

camp V. 555, 922, 1046, 1176, 1260, etc.

campel v. 2862, 3147. — campion 2244.

caitive v. 2596, 2722, 3673, 3978. — caitifs 2698, 3817.

canut V. 230, 2048, 3954, etc. — canud 503. — canue 2307, 3654. — canuz 538, 551.

cancun v. 1014, 1466. — cantee 1014, 1466. — cantat 1568. — cant 1474. — encanteûr 1391.

cancelet v. 3608, — cancelant 2227.

capele v. 52, 297, 726, 3744, — cape 545.

caplent v. 1347, 3475, 3mS. — caple{s) 1109, 1678, 3403, 3380. — capleier 1681. — mp^e2Y 3462. — capler 3910.

carbuncle v. 1326, 2633, 2643.

cargiery. 131. — cargiet 645. — cargiez 32, 185, 652.

Caries, Carlun, Carlemaigne v. 1, 16, 28, 52, 70, 81, 218, 418, 522, 643, 766, etc.

car Y. 2942; — carn 1119, 1265, 2141, 3606; — cars 1613. — carnel 2153. — carnier 2949, 2954.

carier v. 33. — cares 33, 131, 186. — carettes 2972.

cartre v. 2097. — cartres 1684.

m^iJe/ V. 4, 23, 236, 704, 3783, etc.

cascuns v. 51, 2502, 2559, 3631, etc.

castier v. 1739.

ceval Y. 1374, d379, 1539, 1554, etc.

cevalers v. 110. — cevalcent v. 3195, etc.

culcet V. 2447, 2496, 3992.

embrunket v. 3645.

escange v. 840, 3095, 3714. — escantel 1292.

encalcierentY. 1627 .—encalcent 2460, 2462, 3627, etc.— encalciet 2785, 2796.— ewm^c^■e^ 2167. —encalz 2446, 3635.

escapet v. 3955, etc. — escapez cxxii^

purcacet v. 2612.

racatet v. 3194, etc. — racatent 1833.

2° C persiste et se change à la fois en ch dans :

cevalchet v. 1616, 1812, 3078, 3965.

3° Enfin il se change en ch dans les mots :

achevée v. 3578.

hachelerY. 113, 3020, 3197.

blanche v. 89, 231, 1655, 3504, 3521, 4001, etc. — blancheier 261 .

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