‹ Du c dans les langues romanesChapitre 164 sur 220 · série, année 1824, p. 444 et suiv · texte numérisé non relu

série, année 1824, p. 444 et suiv

de l'Arsenal, copié par Sainte-Palaye. Dans ce petit poème, qui ne contient que trois cent quatorze vers alexandrins, et où le c vélaire persiste parfois, mais est plus souvent remplacé par ch , nous trouvons encore ce même signe ch assez souvent substitué au c palatal ou à ^ suivi de i et d'une autre voyelle ; quoique le c soit maintenu encore le plus souvent dans ce cas , ch en prend vingt-quatre fois la place dans les mots apercheut, cheni, cachiez, co7nencha {deux fois), déchut, drescha, fachon, Francheiz (sept fois), lechon, Uncheul, merchi (deux fois), Niche (Nicée), perechoux , porcacha, recherchelèe, rechut.

Je trouve encore plusieurs exemples de la substitution de ch au c palatal dans le Mémoire de Pluquet sur les trouvères normands* ; ainsi trachez p. 411 ; Rainschevals p. 431 ; et dans ces deux vers tirés de la « Vie du bon Thomas Hélie », prêtre du Cotentin mort en 1257, p. 442 :

Ou il n'ut bobans ni vantanches En diocèse de Coutanches.

Le « Roman du Mont Saint Michel^ » en offre aussi un certain nombre d'exemples, tels que chierge v. 900 ; mais ces exemples sont peu nombreux ; le c vélaire y est aussi transformé en ch ; malgré la pureté ordinaire du vocalisme, il est donc probable qu'on a ici un texte remanié ou modifié.

Le « Roman d'Eneas » et le « Roman de Troie » sont-Us écrits dans le dialecte normand ? Beneoit de Sainte More, auquel on les attribue, les a-t-il réellement composés tous les deux, et était-il normand? Voilà des questions, ou qui n'ont point été examinées, ou qui n'ont point encore reçu de solution satisfaisante. Quoi qu'il en soit, les textes publiés jusqu'ici de ces deux poèmes ne suffisent point pour résoudre la question ; le fragment de l'Eneas donné par M. Pey, et reproduit par Bartsch dans sa Chrestomathie, d'après le manuscrit fonds français 1450 de la Bibliothèque nationale, paraît bien peu normand par son vocalisme ; quant aux gutturales, c suivi de a persiste, excepté dans chambre ; il a également persisté devant e provenant de a latin dans embrocements , fresce, toce ; au contraire, il s'estchangéen ch dans chier ; pour la gutturale palatale, elle est représentée par c dans tous les mots , excepté chertaine, où elle a été remplacée par ch ; ch se trouve aussi à la place de ti transformé dans

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