‹ Du c dans les langues romanesChapitre 175 sur 220 · PIC · texte numérisé non relu

PIC

Le Caucheur

FR

Chuquet

DachierK

Dacier

Hèrichon

Hérisson

Le Merchier

Mercier

Mouchel ^

Moncel

Le Nourrichel

Nourrisson

Pigache

etc.

Mais si les noms propres ne présentent, on le voit, qu'exceptionnellement aujourd'hui la forme ch, comme modification de la palatale transformée, les noms communs l'ont en normand comme

1. C'est du moins ainsi que j'ai toujours entendu prononcer le nom auquel je fais allusion, mais je dois dire que je ne l'ai pas vu écrit. Au reste, on trouve Bâché à Bayeux, nom qui semble avoir la même origine.

2. Le nom commun correspondant est mouchée avecla chute habituelle de l final et le changement de é en ée, sans doute par analogie avec charretée, brouettée, etc.

en picard presque toujours fidèlement conservée ^ ainsi que nous le montre le tableau suivant :

agache b.

agache

agasse

* bibitionem

heichon b.

hoichon

boisson

boche B.

boche

bosse

hochu B.

bochu

bossu

* captiam

cache b.

cache

chasse

calicem

caliche g.

caliche

calice

cantionem

canchon s. i.

canchon

chanson

calceam

cauche b.

cauche

chausse

calciatam

cauchie g.

cauchie

chaussée

celare

chelair g.

cheler

celer

cellarium

chelier b.

cellier

cinerem

chendre b.

chaine

cendre

centum

chent B,

chent

cent

chevaine ^ b.

chevaine

cervum

cherf^ B.

cherf

cerf

cserefolium

cherfeuil B.

cherfeuil

cerfeuil

caementum

chiment b.

chiment

ciment

cymam

chime b.

chimettes

cime

cœmeterium

chimequière e

. chim'quière

cimetière

cincturam

chinture b.

chinture

ceinture

* cinque

chinq

cinq

1. Toutefois, il faut le remarquer, cette conservation n'a eu lieu qu'au commencement et au milieu des mots; je n'en connais pas, en effet, un seul exemple à la fin ; partout le c palatal s'y est, comme en français, changé en s ou en x. Il n'en était pas de même autrefois, comme le prouvent déjà les noms anglais j)Uch, partridge. On trouve aussi dans les Chartes d'Aire faich (facio) c, march (martius) k ; et c'est évidemment cette valeur ch (c ou s) qu'il faut attribuer au c final des anciens textes picards (AleL., Huon, etc.. Cf. pi. haut p. 124) ; mais ce son n'a point persisté, et la palatale, ayant dû de bonne heure à la fin des mots se transformer en sonore, s'y changea, comme au milieu, dans le même cas en z (dz); on trouve déjà ^jc/;, ^errfm, etc., dans les livres des Rois, braz, feiz, voiz, etc., dans le Roland et le Psautier, etc., et cette forme ne tarda pas par être en normand la seule connue du c palatal à la fin des mots; mais en picard il y conserva assez souvent dans ce cas jusqu'à la fin du xiii" siècle la valeur c ou s représentée par chouc.

2. Vase où l'on met la crème dans le Bessin, barate en Picardie d'après Corblet ; faut-il faire venir ce mot de la même racine schranz que seran ? La forme picarde cherain de seran semble y autoriser.

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