PIC
Le Caucheur
FR
Chuquet
DachierK
Dacier
Hèrichon
Hérisson
Le Merchier
Mercier
Mouchel ^
Moncel
Le Nourrichel
Nourrisson
Pigache
etc.
Mais si les noms propres ne présentent, on le voit, qu'exceptionnellement aujourd'hui la forme ch, comme modification de la palatale transformée, les noms communs l'ont en normand comme
1. C'est du moins ainsi que j'ai toujours entendu prononcer le nom auquel je fais allusion, mais je dois dire que je ne l'ai pas vu écrit. Au reste, on trouve Bâché à Bayeux, nom qui semble avoir la même origine.
2. Le nom commun correspondant est mouchée avecla chute habituelle de l final et le changement de é en ée, sans doute par analogie avec charretée, brouettée, etc.
en picard presque toujours fidèlement conservée ^ ainsi que nous le montre le tableau suivant :
agache b.
agache
agasse
* bibitionem
heichon b.
hoichon
boisson
boche B.
boche
bosse
hochu B.
bochu
bossu
* captiam
cache b.
cache
chasse
calicem
caliche g.
caliche
calice
cantionem
canchon s. i.
canchon
chanson
calceam
cauche b.
cauche
chausse
calciatam
cauchie g.
cauchie
chaussée
celare
chelair g.
cheler
celer
cellarium
chelier b.
cellier
cinerem
chendre b.
chaine
cendre
centum
chent B,
chent
cent
chevaine ^ b.
chevaine
cervum
cherf^ B.
cherf
cerf
cserefolium
cherfeuil B.
cherfeuil
cerfeuil
caementum
chiment b.
chiment
ciment
cymam
chime b.
chimettes
cime
cœmeterium
chimequière e
. chim'quière
cimetière
cincturam
chinture b.
chinture
ceinture
* cinque
chinq
cinq
1. Toutefois, il faut le remarquer, cette conservation n'a eu lieu qu'au commencement et au milieu des mots; je n'en connais pas, en effet, un seul exemple à la fin ; partout le c palatal s'y est, comme en français, changé en s ou en x. Il n'en était pas de même autrefois, comme le prouvent déjà les noms anglais j)Uch, partridge. On trouve aussi dans les Chartes d'Aire faich (facio) c, march (martius) k ; et c'est évidemment cette valeur ch (c ou s) qu'il faut attribuer au c final des anciens textes picards (AleL., Huon, etc.. Cf. pi. haut p. 124) ; mais ce son n'a point persisté, et la palatale, ayant dû de bonne heure à la fin des mots se transformer en sonore, s'y changea, comme au milieu, dans le même cas en z (dz); on trouve déjà ^jc/;, ^errfm, etc., dans les livres des Rois, braz, feiz, voiz, etc., dans le Roland et le Psautier, etc., et cette forme ne tarda pas par être en normand la seule connue du c palatal à la fin des mots; mais en picard il y conserva assez souvent dans ce cas jusqu'à la fin du xiii" siècle la valeur c ou s représentée par chouc.
2. Vase où l'on met la crème dans le Bessin, barate en Picardie d'après Corblet ; faut-il faire venir ce mot de la même racine schranz que seran ? La forme picarde cherain de seran semble y autoriser.