‹ Du c dans les langues romanesChapitre 178 sur 220 · Les Livres des Rois p · texte numérisé non relu

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2. Ces rimes abondent dans l'Inventaire de la Muse normande ; en voici un exemple tiré d'un dicton populaire :

Le vin tranche-bouyau d'Avranches Et rompt-cheinture de Laval Ont mandé à Renaud d'Argenches Que Goninhou aura le gai.

Le Héricher. Gloss. norm. s. v. gai.

On ne peut douter qu'il ne faille, comme on le voit dans le Roman de la Violette, mettre partout ch à la place de ce ; le texte étant picard, ce et tia y deviennent ch, ca, au contraire, y a bien généralement, à ce qu'il semble, le son lie, comme dans haces v. 1077, cet7«M 204, blance 1216, kenus 4651, etc.; mais parfois aussi il se transforme en ch, comme dans chevauce 634, chevaliers 1099, chevauchier 1090, chars 1428, chevalier 2286, etc. ; c'est cette forme du c vélaire qu'il faut donner à ce substitué à ca dans les rimes précédentes ^ ; ce ainsi employé ne pouvant, en effet, comme je l'ai montré, avoir que le son ke ou che; et ce, substitué à tia ou à ce latin, ne pouvant prendre d'un autre côté que le son che OMce, il est évident que c'est ch qu'il faut écrire ou prononcer dans les deux cas.

III. Remarques sur le traitement du c vélaire et du c palatal en normand et en picard.

Il résulte de l'étude à laquelle je viens ;de me livrer que le picard et le normand ont conservé au c vélaire sa valeur dans le plus grand nombre de cas, et transformé le c palatal en ch. On savait déjà qu'il en était ainsi pour le picard, mais personne, je l'ai déjà remarqué,, ne l'avait établi d'une manière certaine pour le normand, qui, comme on l'a vu, présente cependant absolument les mêmes formes pour les deux gutturales. Comment expliquer maintenant ces formes particulières à ces dialectes et si différentes de celles du français ? La persistance du c vélaire n'étant que la conservation du son primitif, il est difficile de voir dans ce fait autre chose que ce qui s'y trouve réellement, c'est-à-dire le maintien pur et simple de la vélaire latine, comme dans les idiomes du groupe oriental ou du Sud-Ouest "' ; par conséquent le normand et le picard présentent à cet égard un état de la langue plus ancien que le français, qui a changé la vélaire en ch. Je ne crois pas qu'on ait cherché à donner de cette différence de formes une autre explication qui mérite de fixer l'attention ^.

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