Cf. Diez, Gram. 11, 310. — Brachet, Dict. s. v. dge
en rencontre le plus souvent une autre dz ; ainsi veladjo et ve~ ladzo, viadjo et madzo. La transformation du groupe d'c présente le même fait, par ex. pridjo ou predjo et pridzo. Le patois savoyard connaît aussi la transformation de t'c en dz, seulement Vu qui suit a donné non un o, mais un e, ainsi messadze, menadze, sauvadze, usadze, voyadze.
Les formes en agio ou âge ne sont pas les seules que connaissent les idiomes de l'Est et du Sud-Ouest ; dans les mots d'origine savante ou moderne l'italien a conservé la terminaison latine aticwn, changé naturellement en atico ; par ex. selvatico, à côté de selvaggio, stallatico (fumier) à côté de stallaggio (étable), haliatico (salaire d'une nourrice), mais haliaggio (baillage), panatica (provision de pain) à côté de panaggiOy terr atico (fermage), etc. C'est sous la forme analogue atic ou atec qu'elle se présente toujours dans le nombre assez restreint de cas qu'offre le roumain; ainsi selhatic (silvaticum), roseatec (*rosaticum), etc.
L'espagnol et le portugais connaissent aussi la terminaison savante atico, mais il en est une autre qui leur est propre et semble s'être développée en même temps que a^(?(m) ; c'est en portugais adego, sans contraction, en espagnol adgo ou azgo, avec syncope de 1'/. Ces suffixes servent à désigner en espagnol des emplois ou des titres, comme ahnirantadgo ou almirantazgo (* alrairalaticum) , cardenaladgo ou cardenalazgo (*cardinalaticum), consuladgo, ou consulazgo (*consulaticum), majorazgo (* majora ticum), etc. en espagnol et en portugais, des redevances ou des impôts, ainsi :
LAT
* aflaticum
* cellaticum
* colodraticum
* fartaticum
* monlalicum
* terraticum
* vinealicum
ESP
hallazgo
cillazgo
colodî-azgo
hartazgo
montazgo
terrazgo
PG
achadego
montadego
terradego
vinhadego
salaire pour trouvaille.
droits de dime.
impôt sur le vin.
engraissement.
droits de passage sur troupeaux.
prix de fermage.
vignoble, etc.
La signification en quelque sorte toute technique de ces mots ne permet guère de leur reconnaître une origine vraiment populaire, et, commecertains dérivés deVitslieïi enatico, ils rappellent l'étude du tabellion {o taballiade go).!)' ailleurs ^ ce qu'on peut regarder comme une preuve de leur provenance particulière, ces mots subsistent parfois, du moins en espagnol, à côté des formes en âge ; ainsi herbadgo et herhage, terradgo et terrage, etc.
Diez * considère les premiers comme seuls indigènes, et ne voudrait voir dans les seconds qu'une importation étrangère. Cette hypothèse me paraît inadmissible; le sens particulier des mots en adgo (adego) et azgo semble en effet, comme je l'ai dit, leur assigner une origine demi-savante ; quant aux dérivés en âge, en supposant que quelques-uns viennent du provençal ou du français, comment admettre, par exemple, que herbage (droit de pâturage en Aragon) ne soit pas un mot indigène, que selvage, mot formé si régulièrement sur silvaticwn, vienne du provençal salvage, qui présente le changement àe e en a [sal pour sel), propre au latin mérovingien? La substitution de <? à o dans cette terminaison, sur laquelle s'appuie Diez en particulier, se retrouve dans tant d'autres mots, comme canonge, monge, cubre, golpe, Henrique, etc., qu'il est impossible de ne pas croire espagnols, qu'elle ne saurait prouver l'origine étrangère de ces dérivés, mais témoigne seulement d'une tendance de l'ancienne langue à substituer e h o final, analogue à celle qui lui faisait supprimer plus souvent qu'on ne l'a fait depuis la voyelle finale; aussi la terminaison âge me paraît non-seulement aussi indigène, mais plus populaire que adgo ou azgo ; tout au plus j'y verrais une désinence dialectale propre aux provinces du Nord, différente par son aspect comme par son origine des terminaisons du castillan proprement dit^.
Les différentes formes que j'ai passées en revue jusqu'ici n'épuisent pas la série des transformations des groupes d{i)c, t{i)c ; le roumanche et les dialectes ladins du Frioul, qui les changent, comme la plupart des langues romanes, en g avant la tonique, les traitent après, au contraire, en général comme la terminaison ïc ^y c'est-à-dire que c ou tombe ou plutôt se change en y{i) qui se confond avecl'i précédent, ce qui d'ailleurs a lieu parfois aussi en provençal ; ainsi :
LAT