Gram. lut. K
3. «Item antiqui nostri, quotiens î* sequebatur, per g scribebant... nunquam possumus nos per q scribere, nisi post q sequatur u, et post u alia sequatur vocalis, ut puta quia,... si autem non sequatur alia vocaiis, per c scribimus, ut si dicamus mm, per c scribimus. » Id. K. I, 110.
4. « Illi (majores) q prœponebant, quotiens u sequebatur, ut qum; nos vero non possumus q praeponere, nisi et w sequatur et post ipsam alia vocalis, ut quoniam. » Jd. K. I, 423.
5. « Q litteram nusquam volunt poni alias, nisi ut duse vocales sequantur, quarum prior sit u. » Id. K, I, 107.
6. Bramb., id. 230. « Goquo vel, ut alii, coco, » dit Priscien (Gram. lat. II, 504).
coqus non cocus, coqueus non coceus, dit l'Appendix Probi^ (p. 197). Mais ces exemples, qu'il serait facile de multiplier, montrent quelles difficultés les grammairiens ne cessèrent de rencontrer dans l'emploi de c et de q. EUes devaient s'accroître avec la décadence delà langue; nous savons, en effet, parles témoignages contemporains à quelles étranges confusions donnait lieu parfois le choix de ces lettres : « vacua, non vaqua; vacui, non vaqui, » lit-on encore dans l'Appendix Probi^
Cependant, malgré cette incertitude orthographique, et bien qu'il ait dû faire place parfois à c, ^ a persisté, au milieu de la décadence du latin, et le valaque excepté, il est passé, comme gutturale, vélaire ou palatale, dans toutes les langues romanes, tantôt avec le son coua, comme dans l'it. quale, tantôt avec le simple son k, comme dans l'espagnol quatorce, le français quatre, tantôt aussi en se changeant en la sonore ou moyenne g, comme dans l'esp. agua, le provençal aigua, etc. Parfois aussi il s'est, devant e et i, changé en c; par exemple dans l'italien cinque, cuocere, valaque cincî, coace ; ou bien il s'est assibilé, par ex. dans l'espagnol cinco, français cinq. Mais dans la plupart de ces cas, ce n'est pas, à vrai dire, le q, mais le c, lequel l'avait remplacé dans le latin vulgaire, qui a subi ces modifications; chose remarquable, en effet, tandis que le c palatal s'est transformé en c dans celles de l'Est, ou s'est assibilé dans le double groupe occidental, que le c vélaire s'est changé parfois en c ou 5 dans les langues du Nord-Ouest, q, soit vélaire, soit palatal, maintenu sans doute par Yu qui l'accompagne, a, dans tous les idiomes romans — le valaque excepté — conservé le plus souvent le son guttural que perdait le c ; c'est ainsi que, tandis que carnem a donné chair en français, quare y a donné car; que qui est resté qui en français et devenu chi en italien, tandis que civitatem a donné città en italien et cité en français, etc.
Il y a plus, non-seulement le g a conservé en général le son guttural des mots latins où il se trouvait, mais encore il est devenu une véritable lettre romane, dont chacune des langues qui l'ont adoptée s'est servi suivant son génie particulier, pour représenter au besoin le son guttural, quand le c n'aurait pu le représenter ; c'est ainsi qu'il apparaît en français dans marquis, en espagnol dans marquez ; c'est pour la même raison que cette dernière langue l'emploie à la place du ch, qui a un son chuintant,