V. FR
scalam
esc.ala
escala
escala
escheUe
scopulura
escollo
escolho
escuelh
escueil
scribere
escrivir
escrever
escrire
escrire, etc
Le français ne s'en est pas tenu à cette première modification ; vers le xii** siècle s devint muette, et après être restée longtemps comme signe purement orthographique ^, elle a fini par disparaître, en restant toutefois représentée par Ve prosthétique développé sous son influence ; c'est ainsi que scalam, scopulum, scrivere ont donné définitivement dans notre langue échelle, écueil, écrire. Us a été conservée cependant dans quelques mots anciens comme escalier, escalade, esclandre, escabeau, etc.
Un des dialectes français du Nord, le wallon, est allé plus loin encore que le français ; il a supprimé à la fois Ys et la voyelle prosthétique ; il n'est resté ainsi que le c, qui est traité d'ailleurs
1. Cf. Diez, Gram. id. Un fait remarquable, c'est que Ve prosthétique, tout en ne s'écrivant pas souvent en catalan, n'en comptait pas moins, ainsi que l'a remarqué Milà y Fontanals, dans la mesure du vers. GLJahrb- V, 176.
1. « s ante t et alias quasdam consonnantes, dit Sylvius, in média dictione raro ad plénum, sedtantum tenuiter sonamus et pronunciando vel eiidimus vel obscuraraus. » Jsagoge p. 7.
comme un c ordinaire dans le dialecte de Namur, — ainsi chaule (scalara), — et qui dans le dialecte de Liège se change en h : haie (scalam).
On le voit par les exemples qui précèdent, s dans le groupe se peut tomber comme cela a lieu en français, mais il ne modifie point le c suivant ; il semble même, au contraire, lui conserver sa valeur originelle ; ainsi scalam donne en italien scala, en espagnol, en portugais et en provençal escala, en français échelle; mais si calam avaitdonnécAe^^e en français et peut-être cala en italien, il aurait probablement donné gala en espagnol, en portugais et en provençal, de même cribere aurait plus que vraisemblablement donné dans ces trois langues et en français — du moins dans les composés — grimr, grever^ grire. Cependant le c de se s'est changé en g en espagnol et en portugais dans les mots d'origine germanique esgrmiir (a. skirm), es grima ; c'est-àdire qu'il y a été traité comme dans le groupe cr.
P) Si le groupe se n'a point subi de modification particulière devant a, o, u ou une liquide, il n'en est pas de même, quand il est suivi de e ou i ; cas qui se présente d'ailleurs rarement au commencement des mots, mais est assez commun au milieu. Ceci n'est point d'ailleurs particulier aux langues romanes. Ainsi, se {sk) qu'on rencontre fréquemment dans les langues germaniques, se change dans toutes devant une voyelle palatale en s, modification que l'allemand et l'anglais ont même étendue à se suivi d'une voyelle non palatale. Comment expliquer cette transformation d'autant plus surprenante en allemand par exemple . que k seul y a toujours conservé sa valeur gutturale? Il faut y voir , je crois, le résultat de la transformation de la gutturale explosive en spirante de même ordre, ce qui donne 5/,, son tellement semblable à s que Brucke a pu en admettre l'identité. La transformation de k n'ayant point eu lieu en général dans les voyelles non palatales, sk y est resté le plus souvent sans modification ; c'est ce qui est arrivé toujours, le français excepté, dans les langues romanes, mais à l'exception du roumain, toutes l'ont transformé en spirante dentale devant e ou i\ en italien cette spirante est, comme dans les langues germaniques, s ; c'est 5 ou 6 dans le double groupe occidental, accompagné du son i dans le provençal et le français. Faut-il expliquer cette transformation comme dans les idiomes germaniques ? rien ne s'y oppose en italien ; il semble pourtant plus en rapport avec ce que nous avons vu jusqu'ici, d'admettre que le c s'est changé en /, ce qui a donné sj, dont la transformation en s, puis en s, s'explique sans peine ;
seulement on peut croire qu'en même temps que le c se changeait ainsi en J ; il développait dans le groupe du Nord-Ouest le son i devant s. Dans le groupe du Sud-Ouest, au contraire, l'assimilation pure et simple paraît avoir eu lieu. Le latin de la décadence en offrait déjà des exemples; ainsi dissesse (discessisse) , rcquiesit, cresseret; etc. ^ Le roumain se sépare ici complètement des autres langues congénères ; quelle que soit la voyelle suivante, il a changé se en 5^, c'est-à-dire que 5 s'y est épaissi en s et que c s'est changé en t, transformation due peut-être à une influence slave — elle se retrouve du reste en slovène, — et dans laquelle on peut voir, je crois, le résultat de la transformation de c en c {ts), suivi de sa transposition et delà chute de s. Quoi qu'il en soit , se initial suivi de e ou i est tout-à-fait exceptionnel, on ne le rencontre guère, à part le mot savant scena, que dans scientem, qui a donné esciente en espagnol, essienen ^roYençal et escient en français, mot dont il faut rapprocher l'itahen seentre, et dans seire devenu Ui en roumain.
2" se mèdial.
11 faut, comme pour se initial, distinguer le cas où la voyelle suivante est «', o ou m et celui où elle est e ou i.
a) Dans le premier, se ne subit point de modification en italien, en espagnol, en portugais et en provençal; en français s disparaît et c se change en eh devant a, excepté dans le picard et le normand où il persiste, enfin en roumain se devient U ou persiste exceptionnellement. Ainsi * eascunum, flaseum, *miseulare, muscam, * piscare, ont donné :
inultt
En français *miseulare a donné mêler, comme maseulum a donné mâle, le e s'est assimilé à 1'^ et est tombé; on a eu ainsi mesler d'où mêler après la chute de 1'^. Le roumain peseearese semble être déformation récente, comme on le voit en comparant ce mot à peste, formé régulièrement.
P) Devant e ou i, se médial se comporte comme se initial, si
IT
ESP
PG
PR
FR
ciascuno
cascu
chacun
fiasco
frasco
frasco
mescolare
mezclar
mesclar
mosca
mosca
mosca
mouche
pescare
pescar
pescar
pescar
pêcher