‹ Du c dans les langues romanesChapitre 200 sur 220 · Voir pi. haut p · texte numérisé non relu

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le latin s'en est tenu là ; mais le son l précédé de c ou de g, qu'il affectionnait, à ce qu'il semble, auquel il donnait du moins alors toute sa force*, a répugné le plus souvent aux oreilles romanes comme trop dur ou trop difficile à prononcer. Un premier moyen de l'adoucir fut de faire suivre l d'un i, ce qui donnait les groupes cli ou gli, formes dont la première a été conservée entre autres par le dialecte roumain du Sud ; mais cette simplification ne suffisant pas, la langue rejeta l dans le premier groupe, en conservant au c sa valeur gutturale, ce qui a donné le son ki ou chi, forme conservée par l'italien et le dialecte roumain du Nord, g dans le second, ce qui a donné H ou Ij. De chi est sorti, suivant une transformation connue, le son c qu'on retrouve dans plusieurs dialectes italiens ou ladins, parfois en espagnol et, affaibli en 5, en portugais. Quant à li, Ij, il a donné naissance au son g, -2, lequel s'est changé en spirante gutturale -^ en espagnol. Mais il a pu se faire aussi qu'au lieu de développer le son i après lui, XI de cl ou gl se soit simplement changé en Ih ou II, comme cela a lieu en particulier dans certains patois normands, ce qui donne cil ou gll; si c ou ^ tombent dans ces groupes, il reste II {l mouillé), le gli de l'italien. Il de l'espagnol, Ih du portugais et du provençal, ilV {il final) du français ^ On peut, je crois, représenter synoptiquement ces modifications de la manière suivante :

; cl, cli, chi, cl)gl, gli, Ij, (cl, gl, cil, gll,

g, ^. X II, {Ih, gli, ill) .

La nature des transformations du groupe cl dépend, au moins dans certains idiomes, de la place qu'il occupe dans le mot, il importe donc d'étudier séparément celles du cl initial et du cl médial, seuls cas qui peuvent se présenter, cl ne pouvant jamais être final.

P cl initial.

Chacun des groupes entre lesquels se répartissent les langues romanes a traité cl initial d'une manière particulière. L'itahen et

1. « Plénum habet {l) sonum, dit Priscien, quando habet ante se in eadem syllaba aliquem consonnantem, ut flavus,darus>^. Cf. Diez, Gram. I, 209.

2. L7 mouillé a pu prendre naissance encore d'une autre manière, Ij résultat de la chute du g dans le groupe gli peut en effet, au lieu de se changer en X, se transformer en II, comme cela a lieu pour Ij étymologique dans le portugais fillw (filium).

le roumain ne le tolérant point, pas plus au commencement qu'au milieu des mots, l'ont changé l'un et l'autre — du moins le toscan et le roumain du Nord — en chi, réduit à ch devant ^ et parfois aussi, en roumain, devant une autre voyelle. Certains dialectes italiens toutefois ont poussé plus loin la transformation et changé chi en c; il en a été de même dans quelques sous-dialectes ladins. Quant au roumain méridional, il conserve cl^ comme les langues du groupe du Nord-Ouest, mais en le faisant suivre de i.

L'espagnol et le portugais ne répugnaient point, ce semble, à l'origine à la combinaison cl; on la rencontre, en effet, dans les anciens monuments de ces deux langues , — ainsi clamar PC. devenu cramar Gil. Vie. — et elle a aussi persisté dans un grand nombre de mots qu'il est difficile de ne pas regarder comme d'origine populaire, tels que clavo, claro, etc. Cependant au moment de leur formation définitive, il y eut une tendance de ces langues pour rejeter cl et pour le changer en II (espagnol) ou en ch = s (portugais) affaiblissement de c ; cette dernière transformation ou la sonore correspondante g (j) apparaît aussi dans les dialectes espagnols, en particulier dans le léonais, ainsi jamar, chamar F J., chabasca (* clavascam) ; le portugais connaît aussi la forme ji" {z), afiaibhssement de g, à côté de ch {s) ; ainsi jamar S. Rosa pour chamar ^

En provençal et en français cl initial persiste toujours sans modification dans la langue classique ; il faut excepter glatz pr. — qui est d'ailleurs aussi c/as — fr. glas (classicum), où c^ s'est affaibli en gl. Les dialectes présentent quelques particularités ; ainsi dans les patois normands du Bessin et de Guernesey , 1'^ de cl se mouille parfois et l'on a par exemple cllocher pour clocher, cllaie {dei), cllai (clair), c^/«ow (clou), cllenque (clenche), clloque (cloche), etc. ^. Le dialecte lorrain de Nancy est allé plus loin, cl changé d'abord en cli s'y est réduit à ki, comme en italien et dans le roumain du Nord, par exemple kié pour clef, kiouT^ouv clou, kinei ]}our {m)cliner, etc. Le patois du Haut- Maine ofire aussi quelques exemples de cette transformation ; ainsi quiaé (claie), quianche (clenche), quiau (clou) ^.

Les dialectes ladins conservent souvent le groupe cl comme le français et le provençal, — c'est le cas du roumanche de l'Oberland et de l'Engaddine et du ladin du Frioul — mais parfois

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