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DU GROUPE CR

Ce groupe a peu d'importance ; il a été traité d'une manière différente au commencement et au milieu des mots.

1° cr initial.

Au commencement des mots, où il est toujours étymologique, cr persiste le plus souvent sans modification ; quelquefois aussi, en particulier dans les langues du Sud-Ouest, et dans les dialectes ladins il se change en ^r ^ Ainsi les mots crassum, creare, credere, crepare, crescere, cretam, cristam, crucem, ont donné :

ROUM

IT

ESP

PG

PR

gras

grosso

graso

gras

gras *

creare

criar

criar

crear

créer

t. Voir pi. haut Liv. I, Gh. I, p. 40. Ainsi dans le dialecte du Frioul grispe (crispam), gruse (crustam), etc.

2. Le c de crassum s'est changé en g dans toutes les langues néo-

crede

credere

créer

crezer

croire

crêpa

crepare

crebar

crever

cresle

a-escere

crecer

crescer

creisser

croître

cride

creta

greda

greda

craie

creaste

cresta

cresta

crista

crête

cruce

croce

cruz

cruz

crotz

croix, etc.

Bien que le groupe cr ne répugnât point aux oreilles romanes et qu'il ait, comme nous voyons, persisté en général sans modification au commencement des mots, cependant quelques dialectes l'évitent en préposant à r une voyelle, a par exemple, comme cela a lieu dans le roumanche, e, comme le fait le patois du Haut- Maine. Ainsi credentiam a donné en roumanche cardie^ischa ; de même on trouve dans ce dialecte carschenan (creverunt) à côté de crescher (crescere). Le patois du Haut-Maine nous offre les formes quérier (crier), quériateure (créature), querté (crête), quertelle {creieUe) , querv ais on [crexaisoïi). Le patois normand du Bessin connaît aussi la forme quériature ^ .

Un fait plus remarquable, c'est la chute du c devant r, qui nous est présentée par le sarde logoudorien dans rughe (crucem) ^ et le changement de cr en ch dans le dialecte de Parme, ainsi cher par (crepare) ^.

jjo ^,y, jnédial.

Il faut distinguer entre cr latin ou étymologique et cr roman, c'est-à-dire résultant de la suppression d'une voyelle intermédiaire à c et à r.

a) Le c de cr latin persiste toujours en roumain ; dans les autres langues, au contraire, il se change le plus souvent en g. En français toutefois, avant la tonique et après, quand par suite de la chute d'une voyelle atone intermédiaire l'r est suivi d'une consonne, le g s'affaiblit en y (^) ; c'est ainsi que sacramentum a donné successivement dans cette langue sagrament, sairement ou sairment et enfin serment, que lacrymam est devenu lagrime, layrme ou lairme, transformé plus tard en larme. Les exemples suivants montreront comment cr médial a été traité

latines, même en roumain ; cela tient à ce que dans le latin vulgaire cette transformation avait déjà eu lieu : acrassus, quod est pinguis, per c », lit-on dans un grammairien du iv ou du v siècle [Grain, lat. VI, 293, K.), preuve évidente qu'on écrivait déjà ce mot avec un g.

1. Ascoli, Arch. I, 58. — De Montesson, Voc. du Haut-Maine, s. v-

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