Id. Ars grammatica, I, 28 K
Ainsi au iv® siècle de notre ère la lettre k pouvait être considérée comme hors d'usage ; disparut-elle complètement de l'alphabet lalin ? cela n'est point probable, car, si elle a étért^etée par le valaque, l'italien, l'espagnol et le portugais, le provençal et l'ancien français surtout l'ont conservée en particulier pour représenter la gutturale tenue devant e ei i\ mais peut-être aussi faut-il voir là un effet de l'influence des langues germaniques sur ces idiomes, ou plutôt l'emprunt fait à ces langues par les copistes d'un signe commode, qu'on finit d'ailleurs par négliger et remplacer par q^.
Quand vers le temps des Décemvirsle c servit à la fois à représenter la gutturale sourde et la sonore, la langue latine n'eut plus de signe particulier pour exprimer cette dernière ; il en fut ainsi pendant un siècle et demi. Mais cet emploi d'une même lettre comme signe de deux sons différents présentait plus d'un inconvénient, et vers l'épociue où les Romains entrèrent en relation avec les Grecs, on résolut de distinguer de nouveau par l'écriture les deux gutturales, comme on les distinguait dans la prononciation ; et, conservant le c comme signe de la gutturale tenue ou sourde, on inventa le g, modification du c, pour représenter la gutturale sonore^ La nouvelle lettre paraît pour la première fois sur le sarcophage de L. Corn. Scipion Barba tus, peu après 290 av. J.-C, dans les mots gnaivod, prognatus, subigiP ; et dès lors elle prit place dans l'alphabet latin, où elle se conserva jusqu'à la chute de l'empire, pour passer de là dans les langues romanes.
Mais que l'ancienne gutturale sonore soit devenue pendant un temps le signe commun de la sonore et de la muette, c'est la preuve d'une tendance de la langue à affaiblir cette dernière et de la facilité avec laquelle les deux gutturales pouvaient êti*e
1. « Item que vel qui consuevit olim scribi cum k secundum usum veterem, sed secundum modernos commutatur k in q, exceptis propriis nominibus et cognominibus. » Lond. Docum. Altd. Blœlter, II, 193. Les copistes picards et anglo-normands, toutefois, continuèrent longtemps encore à se servir de k. V. plus loin liv. II, chap. 3, l'explication de cet emploi.