PERSISTANCE DU C VÉLAIRE. — SON CHANGEMENT EN G ET EN LA SPIRANTE X
Nous avons vu * qu'à l'époque de la constitution définitive de la langue latine la gutturale sourde primitive avait été souvent remplacée par la sonore correspondante ; ce changement, qui avait frappé les grammairiens romains, et fait époque dans l'histoire des gutturales latines, apparaît de bonne heure devant les voyelles et les liquides, ainsi qu'avant et après n ; c'est ce que montrent les exemples suivants :
Devant a : gaunaceam a côté de caunaceam
Ter. Scaur. Gr. v. P. 2252.
promulgare promulcuTn Fest . p . 224 .
Devant o : negotium nec-otium.
Devant u : gurgulio Prise. V, 9, 11 curculio Plante. Devant / et r ; neg-lego nec-lego .
con-gruere rac. cru-,
ATanlel après n : Gnidius Grut. Cnidus Prise. I, 61, 14.
singulus sin-cu-lus ^ .
Cette transformation une fois faite, le c et le p^ conservèrent, pendant la période classique, chacun leur domaine propre ; mais dans les derniers temps de l'empire il y eut de nouveau tendance à substituer la gutturale sonore à la sourde ^ ; « calathus non galatus, » lit-on dans l'Appendix Probi^, et un glossaire du temps avertit d'écrire « Corax per c, non per g, » « clangor^er c nonper g*. » Mais les efforts des grammairiens ne purent ni empêcher ni même retarder cette transformation devenue inévitable. Cependant l'affaiblissement de la gutturale ne dut pas encore bien se faire sentir avant le partage de l'empire, puisque le o a persisté presque toujours en roumain; mais après ce grand événement il
f, V, w, u, ainsi que par h et u qu'à la fin du second livre, en même temps que la substitution de ces lettres au c palatal.