PROV
FRANC
acrum
agro
agrio
agro
agre
aigre
1 acum
ago
[ acuculam
aguglia
aguja
agulha
agulh
aiguille
acutum
aguto (acuto)
agudo
agudo
agut
aigu
alacrem(*um) allegro
alegre
alegre
alegre
alegre
amicam
arnica
amiga
amiga
amiga
amaricare
amorgar
anlicum
antico
antiguo
antigo
bracam
braga
braga
braga
caecam
cieca
ciega
cega
cega
caricare
caricare
cargar
carregar
cargar
ciconiam
cigogna
cigiiena
cegonha
cigogne, V. céoine
cicutam
cicuta
cicuta
cegude
cigûe, V. ceile
delicatum
delicalo
delgado
delgado
delgat
dico
dico
digo
digo
draconem
dragone
dragon
dragûo
drago
dragon
ebriacum
briaco
embriago
embriagado
ficam
fica
higa
figa
figue, V. fie
ficarium
Figuera
figueira
figuier, V. fier
ficatum
fégato
higado
figado
focale
fogar
fogal
fogal
focum
fuoco
fuego
fogo
formicam
formica
hormiga
formiga
jocare
giucare
jugar
jogar
jogar
lacuni
lago
lago
lago
lacunam
laguna
laguna
lagôa
lactucam
lattuga
lechuga
locale
locale
lugar
lugar
logal
local sav.
locum
luogo
luego
logo
raàcriim
magro
magro
magro
magre
maigre
miraculura
miraculo
milagro
milagre
miracle
miracle
raecum
meco
migo
migo
micam
miga v.
miga
miga
Michael
Michèle
Miguel
Miguel
necare
{an)negare
{a)negar
{a)negar
• nucariara
noguera
nogueira
pacare
pagare
pagar
pagar
pagar — ^^
paucum
poco
poco
pouco
picam
pica
pega
pega
plicare
piegare
plegar
plegar —
' precare
pregare
pregar
pregar —
sacrum
sagro (sacro)
sagro
sacro
sagre —
sacrât uni
sagraio
sagrado
sagrado
— sacré sav.
sambucum
sambuco
sabugo
* saucum
sauco
secale
segola
segle seigle
secare
segare
segar
segar
secretum
segreto
segretoBc
segredo
secret segroisK Tr.
seculum
secolo
siglo, sieglo P. G.
seculo
segle siècle
secundum
seconde
segundo
segundo
segun segondv.
securiin
secure
segur
segure
securum
securo
seguro
seguro
segur segur R.Tr.
* sequire
seguire
seguir
seguir
segre, seguir —
soc(e)rum
suegro
sogro
suegre —
spicam
spiga
espiga
espiga
slomacum
stomaco
estomago
estomago
— estomac sav.
trilicum
trigo
trigo
verecundiam
vo'gogna
vergîlenz
a vergonha
vergonha vergogne
verrucam
verruca
verruga
verruga
vesicam
vesica
vesiga
vesiga
On voit par ce qui précède que l'italien, tout en conservant, comme je l'ai dit, assez souvent le c médial, le change toutefois plus souvent en g ; cette substitution est bien plus fréquente encore dans les dialectes, au moins dans ceux du Nord ; ceux du Sud , au contraire , ont conservé le c plus fidèlement que la langue littéraire. Ainsi on trouve avec un g, amigo mil. rom., antigo id., antigu s. 1., cariga rom., figa id., fogo id., formiga id., miga id., mandigare s. 1. {manducare), pegore rom., segoro id. etc., mots que le toscan écrit par un c*. Par contre, en napolitain et en sicilien, aco n., fecato n., ficatu^., lattucan., loco n., locu s., spica n.,
1. Mussafla. Darst. der romagn. Mund. 51. — Biondelli. Saggio dei dialetti passim. — Mussf. Darst. der allmail. Mund. 14. — Spano, Ort. sarda. passim. Il faut remarquer toutefois que ces dialectes conservaient autrefois la sourde bien plus fréquemment qu'aujourd'hui ; ainsi dans le sarde logoudorien du xiv siècle on trouve souvent écrits avec c des mots qui le sont aujourd'hui par un g ; ainsi pacu (paucum), sacramentum, secretu, etc.
secï'eto n. etc., mots qui prennent un g dans l'italien classique, ont conservé le c latin ^
L'espagnol a donné décidément la préférence à la gutturale sonore; il n'y a peut-être de mots réellement populaires que poco et sauco qui aient conservé le c médial ; les autres mots qui l'ont aujourd'hui, ou l'ont repris, comme secreto, écrit avec un g dans Berceo, ou bien sont de formation savante ou récente ; c'est ce qui a lieu surtout pour les suffixes en ico, icar, uco, etc., comme dans medico (v. miege), rustico, musica, implicar, indicar, caduco, etc. Le portugais se comporte, à deux ou trois exceptions près, absolument comme l'espagnol ; ainsi il a donné à cicuta la forme populaire cegude, mais il a pris pour seculum la forme savante seculo ; il a aussi changé en pr le c de sambucum, conservé par l'espagnol dans sauco ; mais dans tous les autres mots le c médial y est traité comme dans cette langue, c'est-à-dire qu'il s'est partout changé en g, excepté dans les mots d'origine savante.
Dans les mots où il est resté médial 2, le c a aussi presque partout en provençal fait place au g ; je ne connais que le mot secret où le c ait persisté ; mais parfois aussi, comme nous verrons plus loin, il s'y est changé en y (i) ou même est tombé. La transformation du c en la spirante y ou sa chute est le cas le plus ordinaire en français ; cependant devant / ou r ^ — après la tonique — et parfois devant u ou même 0 accentué, c s'est seulement affaibli en g. Quant aux formes où le c persiste, elles sont presque exclusivement d'origine savante ou moderne, ou bien ont été refaites sur le latin; tels sont 7niracle, second, siècle, etc. ; parfois aussi l'idiome vulgaire y change, comme l'ancienne langue, cen g ; c'est ainsi qu'on entend prononcer segond, segret, la seule prononciation d'ailleurs que le dictionnaire de l'Académie regardait encore comme régulière dans son édition de 1694. Je parlerai plus loin de l'affaiblissement du c en y (i) et de sa suppression, ainsi que de son changement en ch (s), qui peut avoir lieu au milieu comme au commencement des mots. J'arrive au c final.
1. Wentrup. Beiir. zur Kenntn. der neap. Mund. 12. — Id. Beitr. zur Kenntn. der sic. Mund. (Herrigs, Archiv. XXV, 159).
2. La chute de la terminaison peut changer, en efifet, le c médial latin en c final roman; dans ce cas, le provençal le conserve^ et parfois aussi le français.
3. Voir plus loin le groupe cl et cr, livre IV, chap. V et VI.
Le c vélaire final est rare en latin ; parmi les mots où il î apparaît, je ne connais que adhuc, fac, hoc, illuc et tune qui aient passé dans les langues romanes. Je reviendrai plus loin sur le premier ; quant au second , c y est tombé dans l'italien fà ; il s'est changé , au contraire , en i dans le français fai(s) ; e étant égal k a + i, on peut dire que la même transformation a eu lieu dans l'espagnol et le roumain fe. Par contre, le c de hoc a persisté dans le provençal oc, employé adverbialement — bien qu'il tombe le plus souvent dans le démonstratif o et ses composés aco (ecc'hoc), perd (perhoc), etc. — dans le vieux français oec (Al. 109, 2 L.), hoc (id. 3, 5 L.) et le composé avec, V. avoc (apud hoc), ainsi que dans l'italien introcque (inter hoc), avec addition de la syllabe que. Le vieux français Hoc (Al. QQ, 3), iloec (id. 67, 1), iluec, illec nous montre également le c final de illuc ou illoc persistant. Enfin si l'on fait venir donc de tune on aura un nouvel exemple de la conservation du c final latin, qu'on retrouve aussi sous la forme que, peut-être pour cque, dans l'italien dunque.
Mais si, comme on le voit par ce qui précède, le c final latin ne pouvait passer dans les langues romanes que dans un trèspetit nombre de cas, ce n'est pas à dire que la gutturale latine n'y apparaisse presque jamais à la fin des mots ; les terminaisons latines autres que a tombant régulièrement, en efiet, en provençal et en français, ainsi que dans les dialectes ladins ou italiens du Nord, et le roumain perdant en général les voyelles finales autres que a=: e ei e, le c médial latin devient ainsi final dans ces idiomes*; dans ce cas, il persiste toujours en provençal et en roumain ; en français, au contraire, il tombe ou se change en y (i), excepté quand il est appuyé ; quant aux dialectes italiens il s'y change en g, comme quand la terminaison persiste; il en est de même souvent dans les dialectes ladins, mais parfois aussi c y persiste comme en provençal et en roumain, ou bien il tombe comme en français, c'est ce qui a lieu en particulier quand la voyelle qui précède est brève ^. Voici quelques exemples qui permettront de se faire une idée de la manière dont le c
I. L'espagnol en général et le portugais perdent aussi cala terminaison, mais dans ce cas le c se change en z, parfois aussi en s en portugais. Cf. Rom. I, 454. 11 ne peut donc être question ici de la persistance de la gutturale, et d'ailleurs c'est à une palatale non à une vélaire que l'on a affaire.
1. Muss. Darst. der rom. Mund. 51. — Asc. Archiv. gloit. J, pass. Cf. plus loin, livre 111, chap. II et livre IV, chap. II.
médial latin devenu final a été traité dans ces différents idiomes :
ROUM
amie
amicura anticum arcum cœcum casticum cinque * *coco dico duco fîcum focum iniraicum iniquum jocum lacum locum mendicum — paucum poc
arc
coc
zic duc
foc