‹ Du c dans les langues romanesChapitre 36 sur 220 · PROV · texte numérisé non relu

PROV

FRANC

acrum

agro

agrio

agro

agre

aigre

1 acum

ago

[ acuculam

aguglia

aguja

agulha

agulh

aiguille

acutum

aguto (acuto)

agudo

agudo

agut

aigu

alacrem(*um) allegro

alegre

alegre

alegre

alegre

amicam

arnica

amiga

amiga

amiga

amaricare

amorgar

anlicum

antico

antiguo

antigo

bracam

braga

braga

braga

caecam

cieca

ciega

cega

cega

caricare

caricare

cargar

carregar

cargar

ciconiam

cigogna

cigiiena

cegonha

cigogne, V. céoine

cicutam

cicuta

cicuta

cegude

cigûe, V. ceile

delicatum

delicalo

delgado

delgado

delgat

dico

dico

digo

digo

draconem

dragone

dragon

dragûo

drago

dragon

ebriacum

briaco

embriago

embriagado

ficam

fica

higa

figa

figue, V. fie

ficarium

Figuera

figueira

figuier, V. fier

ficatum

fégato

higado

figado

focale

fogar

fogal

fogal

focum

fuoco

fuego

fogo

formicam

formica

hormiga

formiga

jocare

giucare

jugar

jogar

jogar

lacuni

lago

lago

lago

lacunam

laguna

laguna

lagôa

lactucam

lattuga

lechuga

locale

locale

lugar

lugar

logal

local sav.

locum

luogo

luego

logo

raàcriim

magro

magro

magro

magre

maigre

miraculura

miraculo

milagro

milagre

miracle

miracle

raecum

meco

migo

migo

micam

miga v.

miga

miga

Michael

Michèle

Miguel

Miguel

necare

{an)negare

{a)negar

{a)negar

• nucariara

noguera

nogueira

pacare

pagare

pagar

pagar

pagar — ^^

paucum

poco

poco

pouco

picam

pica

pega

pega

plicare

piegare

plegar

plegar —

' precare

pregare

pregar

pregar —

sacrum

sagro (sacro)

sagro

sacro

sagre —

sacrât uni

sagraio

sagrado

sagrado

— sacré sav.

sambucum

sambuco

sabugo

* saucum

sauco

secale

segola

segle seigle

secare

segare

segar

segar

secretum

segreto

segretoBc

segredo

secret segroisK Tr.

seculum

secolo

siglo, sieglo P. G.

seculo

segle siècle

secundum

seconde

segundo

segundo

segun segondv.

securiin

secure

segur

segure

securum

securo

seguro

seguro

segur segur R.Tr.

* sequire

seguire

seguir

seguir

segre, seguir —

soc(e)rum

suegro

sogro

suegre —

spicam

spiga

espiga

espiga

slomacum

stomaco

estomago

estomago

— estomac sav.

trilicum

trigo

trigo

verecundiam

vo'gogna

vergîlenz

a vergonha

vergonha vergogne

verrucam

verruca

verruga

verruga

vesicam

vesica

vesiga

vesiga

On voit par ce qui précède que l'italien, tout en conservant, comme je l'ai dit, assez souvent le c médial, le change toutefois plus souvent en g ; cette substitution est bien plus fréquente encore dans les dialectes, au moins dans ceux du Nord ; ceux du Sud , au contraire , ont conservé le c plus fidèlement que la langue littéraire. Ainsi on trouve avec un g, amigo mil. rom., antigo id., antigu s. 1., cariga rom., figa id., fogo id., formiga id., miga id., mandigare s. 1. {manducare), pegore rom., segoro id. etc., mots que le toscan écrit par un c*. Par contre, en napolitain et en sicilien, aco n., fecato n., ficatu^., lattucan., loco n., locu s., spica n.,

1. Mussafla. Darst. der romagn. Mund. 51. — Biondelli. Saggio dei dialetti passim. — Mussf. Darst. der allmail. Mund. 14. — Spano, Ort. sarda. passim. Il faut remarquer toutefois que ces dialectes conservaient autrefois la sourde bien plus fréquemment qu'aujourd'hui ; ainsi dans le sarde logoudorien du xiv siècle on trouve souvent écrits avec c des mots qui le sont aujourd'hui par un g ; ainsi pacu (paucum), sacramentum, secretu, etc.

secï'eto n. etc., mots qui prennent un g dans l'italien classique, ont conservé le c latin ^

L'espagnol a donné décidément la préférence à la gutturale sonore; il n'y a peut-être de mots réellement populaires que poco et sauco qui aient conservé le c médial ; les autres mots qui l'ont aujourd'hui, ou l'ont repris, comme secreto, écrit avec un g dans Berceo, ou bien sont de formation savante ou récente ; c'est ce qui a lieu surtout pour les suffixes en ico, icar, uco, etc., comme dans medico (v. miege), rustico, musica, implicar, indicar, caduco, etc. Le portugais se comporte, à deux ou trois exceptions près, absolument comme l'espagnol ; ainsi il a donné à cicuta la forme populaire cegude, mais il a pris pour seculum la forme savante seculo ; il a aussi changé en pr le c de sambucum, conservé par l'espagnol dans sauco ; mais dans tous les autres mots le c médial y est traité comme dans cette langue, c'est-à-dire qu'il s'est partout changé en g, excepté dans les mots d'origine savante.

Dans les mots où il est resté médial 2, le c a aussi presque partout en provençal fait place au g ; je ne connais que le mot secret où le c ait persisté ; mais parfois aussi, comme nous verrons plus loin, il s'y est changé en y (i) ou même est tombé. La transformation du c en la spirante y ou sa chute est le cas le plus ordinaire en français ; cependant devant / ou r ^ — après la tonique — et parfois devant u ou même 0 accentué, c s'est seulement affaibli en g. Quant aux formes où le c persiste, elles sont presque exclusivement d'origine savante ou moderne, ou bien ont été refaites sur le latin; tels sont 7niracle, second, siècle, etc. ; parfois aussi l'idiome vulgaire y change, comme l'ancienne langue, cen g ; c'est ainsi qu'on entend prononcer segond, segret, la seule prononciation d'ailleurs que le dictionnaire de l'Académie regardait encore comme régulière dans son édition de 1694. Je parlerai plus loin de l'affaiblissement du c en y (i) et de sa suppression, ainsi que de son changement en ch (s), qui peut avoir lieu au milieu comme au commencement des mots. J'arrive au c final.

1. Wentrup. Beiir. zur Kenntn. der neap. Mund. 12. — Id. Beitr. zur Kenntn. der sic. Mund. (Herrigs, Archiv. XXV, 159).

2. La chute de la terminaison peut changer, en efifet, le c médial latin en c final roman; dans ce cas, le provençal le conserve^ et parfois aussi le français.

3. Voir plus loin le groupe cl et cr, livre IV, chap. V et VI.

Le c vélaire final est rare en latin ; parmi les mots où il î apparaît, je ne connais que adhuc, fac, hoc, illuc et tune qui aient passé dans les langues romanes. Je reviendrai plus loin sur le premier ; quant au second , c y est tombé dans l'italien fà ; il s'est changé , au contraire , en i dans le français fai(s) ; e étant égal k a + i, on peut dire que la même transformation a eu lieu dans l'espagnol et le roumain fe. Par contre, le c de hoc a persisté dans le provençal oc, employé adverbialement — bien qu'il tombe le plus souvent dans le démonstratif o et ses composés aco (ecc'hoc), perd (perhoc), etc. — dans le vieux français oec (Al. 109, 2 L.), hoc (id. 3, 5 L.) et le composé avec, V. avoc (apud hoc), ainsi que dans l'italien introcque (inter hoc), avec addition de la syllabe que. Le vieux français Hoc (Al. QQ, 3), iloec (id. 67, 1), iluec, illec nous montre également le c final de illuc ou illoc persistant. Enfin si l'on fait venir donc de tune on aura un nouvel exemple de la conservation du c final latin, qu'on retrouve aussi sous la forme que, peut-être pour cque, dans l'italien dunque.

Mais si, comme on le voit par ce qui précède, le c final latin ne pouvait passer dans les langues romanes que dans un trèspetit nombre de cas, ce n'est pas à dire que la gutturale latine n'y apparaisse presque jamais à la fin des mots ; les terminaisons latines autres que a tombant régulièrement, en efiet, en provençal et en français, ainsi que dans les dialectes ladins ou italiens du Nord, et le roumain perdant en général les voyelles finales autres que a=: e ei e, le c médial latin devient ainsi final dans ces idiomes*; dans ce cas, il persiste toujours en provençal et en roumain ; en français, au contraire, il tombe ou se change en y (i), excepté quand il est appuyé ; quant aux dialectes italiens il s'y change en g, comme quand la terminaison persiste; il en est de même souvent dans les dialectes ladins, mais parfois aussi c y persiste comme en provençal et en roumain, ou bien il tombe comme en français, c'est ce qui a lieu en particulier quand la voyelle qui précède est brève ^. Voici quelques exemples qui permettront de se faire une idée de la manière dont le c

I. L'espagnol en général et le portugais perdent aussi cala terminaison, mais dans ce cas le c se change en z, parfois aussi en s en portugais. Cf. Rom. I, 454. 11 ne peut donc être question ici de la persistance de la gutturale, et d'ailleurs c'est à une palatale non à une vélaire que l'on a affaire.

1. Muss. Darst. der rom. Mund. 51. — Asc. Archiv. gloit. J, pass. Cf. plus loin, livre 111, chap. II et livre IV, chap. II.

médial latin devenu final a été traité dans ces différents idiomes :

ROUM

amie

amicura anticum arcum cœcum casticum cinque * *coco dico duco fîcum focum iniraicum iniquum jocum lacum locum mendicum — paucum poc

arc

coc

zic duc

foc

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