DIAL. ITAL. DIAL. LAD
ami
amie
antic
arc
cec
castic
cinc
die
duc
fie
foc
enemic
enic
joc, juec jeu
amigh antigh
arc
cliasti V.
cinc V.
cui(s)
di(s)
dui(s)
feu ennemi
cog degg
fig fog
lac loc
mendie pauc
sauc espie
lac, V. lai^ leu, v.lieu
poc S. B., poi V., peu
seu v.-n.
épi
ami g r.
antig fr, arc r.
castig fr.
gig r.
duj fig fr.
fuoe tir.
anamig r.
— lac r.
— leuc r.
— puoc tir.
— suvig Y.
— spig fr.
— suie V.
A cette liste il faudrait ajouter en provençal les noms propres de lieux formés à l'aide du suffixe iaeum, lesquels se terminent en ae et quelquefois ec ; ainsi :
Aureliacum Aurilhac
Calviacum Calviac
Floriacum Florac
1. Ici nous n'avons pas à proprement parler une vélaire, comme le prouve la forme roumaine cinci qui suppose une palatale ; mais le provençal et le français ont traité q{u€) comme vélaire, et cela suffit pour expliquer que ce mot figure dans cette liste.
2. Il est douteux que lac soit vraiment d'origine populaire, ce qui n'a rien d'extraordinaire si on songe qu'il n'y a pas un seul lac véritable au nord de la Loire ; l'ancienne forme lai montre d'ailleurs une tentative de la langue pour donner à ce mot une forme plus régulière ; c'est ainsi que poc est devenu poi, puis définitivement peu.
Ruffiacum Ruffec
Sabiniacum Savignac, etc.*.
En français, c n'étant pas appuyé s'y change en y (i) ou tombe, comme nous verrons plus loin.
IP. '
Au lieu d'affaiblir le c vélaire en g, plusieurs dialectes l'ont transformé en la spirante -/ ; ce son est fréquent en espagnol, où il est représenté devant u ovl o par la^ et devant e ou i par la g, parfois aussi par la œ, mais, comme nous le verrons, il ne paraît pas y être le résultat de la transformation directe des gutturales explosives : au contraire, dans les dialectes italiens où il se présente il me paraît impossible de ne pas voir dans le son y une modifiation directe du c latin, puisqu'on n'y trouve pas d'intermédiaire entre k et y. Cette modification n'en est que plus curieuse ; à quelle époque s'est-elle produite ? Il est difficile de le dire ; mais on n'y saurait voir du moins, comme l'a fait Fernow, cité par Diez^, un reste ou comme un écho des idiomes primitifs de l'Italie, dans lesquels il n'a supposé sans doute l'existence de sons analogues à ceux qui existent maintenant dans le toscan et quelques autres dialectes, que par suite de la confusion de l'aspirée kh et de la spirante y. Quoi qu'il en soit, cette spirante X s'est substituée au c vélaire latin dans le toscan, devant a, 0, u, où on lui donne, au commencement comme au milieu des mots, un son analogue à celui du ch allemand ou de la J espagnole ; ainsi casa, cosa, locanda, securo se prononcent chasa, chosa, lochanda, sechuro. Le même fait se produit, d'après Spano^ dans le dialecte de plusieurs districts de la Sardaigne pour les syllabes sca, rca ; ainsi machu pour marcu (ital. macchio), pacha "^ouvpasca (ital. pasqua), etc.