‹ Du c dans les langues romanesChapitre 44 sur 220 · CHUTE DU C. — DÉVELOPPEMENT DE I PAR LE VOISINAGE DE LA GUTTURALE · texte numérisé non relu

CHUTE DU C. — DÉVELOPPEMENT DE I PAR LE VOISINAGE DE LA GUTTURALE

Dans un certain nombre des exemples que j'ai cités du changement de c en i, il est difficile de retrouver la trace de cette trans-» formation ; si le vieux français nous donne parfois des formes qui montrent encore Vi provenant de l'affaiblissement de la gutturale comme prêter, pleier c. e., lairine (lacrymam), sairement (sacramentum), il s'en faut qu'il nous en fournisse toujours, et il est des cas où le c paraît bien être tombé — et cela peut-être dès l'origine de la langue — sans laisser de traces ; tels sont les mots français amie, die (dicam), mie, pie, etc.; les mots ladins carié, formia, mania, mastié,plié, sié, spias, etc. Toutefois on pourrait à la rigueur, dans ce cas, croire encore à une contraction de Yi étymologique latin et de Vi résultant de la transformation du c; mais il est impossible d'en soupçonner l'existence dans des mots comme verrue (verrucam), et il faut bien admettre qu'ici le c latin est purement et simplement tombé, sans laisser de traces dans le roman. C'était d'ailleurs le terme inévitable où par un affaiblissement graduel devait arriver cette consonne, et cette suppression ne lui appartient pas en propre ; elle a lieu aussi pour les dentales et dans les mêmes conditions et dans les mêmes idiomes, c'est-à-dire que nulle ou à peu près au commencement des mots, elle apparaît surtout au mQieu et est presque générale à la fin ; qu'inconnue à peu près des langues du groupe oriental, elle se montre déjà dans celles du Sud-Ouest, pour devenir fréquente dans celles du Nord-Ouest et en particulier dans le français ^ Ce qu'il est facile de prévoir aussi c'est que la suppression atteint plus facilement la sonore que la muette, et cela est vrai des gutturales comme des dentales ; ainsi, pour ce qui est des dernières, tandis que le t médial persiste toujours en italien, qu'il ne tombe en espagnol que dans

l. La labiale i), au contraire, ne connaît, à vrai dire, que l'affaiblissement en sonore ou, en français, en spirante : sa suppression est exceptionnelle. Voir d'ailleurs sur ce sujet plus loin, livre II, chap. IX.

10 (triticum), en provençal que dans le groupe tr, par exemple paire (patrem), et exceptionnellement dans puor (putorem), tuar (* tutare), via (vitam), en français enfin dans un nombre encore restreint de mots comme chaîne, menue, nourrir, roue, saluer, tuer, verre, vouer, etc., et les participes en atuTYh ; le d disparaît déjà en italien dans quelques mots comme aoperare (adoperare), gioja (gandia), vo (vado), etc. ; il tombe fréquemment en espagnol et en portugais et souvent en provençal, où il est parfois aussi, il est vrai, remplacé par z, et toujours ou à peu près en français ; ainsi on a :

LAT

ESP

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