Bartsch, Chrest. 110, 7. - 4. Id., id
Il en est de même du mot hauberc dans ces vers de Blancandin et l'Orgueilleuse d'amour :
Et li ont un hauberc vestu...
Mult ont et haubers et escus Destriers et auferrans gernus '.
Les exemples suivants, empruntés à l'Histoire de la langue française de M. Littré ^, mettent ce fait en évidence : « Galiens ne loe mie le bouc a manger par ce qu'il engenre mauvais sanc. . e se li bous est de grand aage. » (Alebrant, fol. 46.) — « Si devez savoir que li cos, quant il commenche à canter vaut miex que li femiele... Qui prent un cok bien viel...» (Id., f*» 47.) Cette règle n'est d'ailleurs qu'un cas particulier d'une règle plus générale qui veut que toute muette tombe devant s; les exemples précédents le montrent pour t etp {dens pour dents, dras pour draps, auferrans pour auf errants), en même temps que pour c.
Toutefois les plus anciens monuments de la langue n'observent point toujours cette règle ; ainsi on trouve dans la Cantilène de Sainte Eulalie corps v. 2, dans le Saint-Léger sancz 1, 2; 9, 2; ainsi que corps, sangs, temps 82, 1; 32, 3; 53, 3, etc., dans la Passion; mais l'Alexis donne déjà régulièrement bans, cors, dras, retors, etc. Au contraire, dans la Chanson de Roland, c persiste souvent quoique suivi de 5, comme on le voit dans ces vers :
Sur pâlies ôtonw siedent cil cevalers, v. 110.
Li sancs tuz clers parmi le cors li raiet, v. 1980.
Iloec avuns perduz trestuz nez Francs, v. 2062.
Plaies ai mortels as costez et as flancs, v. 2065.
De tûtes parz m'ist fores li clers sancs, v. 2066.
Gez blancs osbercs ki dune oïst frémir, v. 3484, etc.
Mais jo et t sont tombés dans cors v. 1980 et parz v. 2066, et c ou t est tombé lui-même dans branz qu'on trouve assonnant avec Francs dans le vers :
Vengez nos somes as noz acerins branz, v. 2063 '
On le voit, au moment où a été écrit le manuscrit du Roland la règle de la suppression de la muette suivie de s n'était pas encore toujours observée, mais elle existait, comme le montre ce