édit. Il
3. Cependant comme z est égal en général à ts, on ne peut pas dire d'une manière absolue que t soit tombé dans branz, parz, etc. Les vers 2062, 2063, 2065 et 2066 sont cités d'après l'édition de Th. MuUer.
Ixte en tant de passages, et surtout celui de l'Alexis où elle n'est jamais violée ; déjà même au xf siècle on commençait, ce semble, à l'appliquer; ainsi, tandis qu'on trouye s ancz dans le Saint Léger, la Passion nous donne la forme sanz, 13, 4 ; après un siècle d'hésitation, le son de la muette dans la combinaison es, ps, ts étant devenu sans doute complètement insensible à l'oreille, on supprima cette lettre dans l'écriture; c'est ce que font toujours les meilleurs manuscrits de ce qu'on pourrait appeler la période classique du moyen âge ; il en fut de même jusqu'à ce qu'une fausse érudition vint au xv^ et au xvi^ siècle rétablir ces lettres inutiles, puisque la prononciation n'en tenait plus compte.
Dans les exemples que j'ai cités dans le chapitre précédent, i apparaît comme le représentant de la gutturale vélaire, et nous verrons plus loin qu'il peut aussi tenir lieu d'une gutturale palatale ; mais il arrive aussi que, la gutturale subsistant, un i n'apparaît pas moins comme produit en quelque sorte par le voisinage de celle-ci ; c'est là un fait extrêmement curieux et qu'on retrouve à la fois en portugais aussi bien qu'en espagnol ; il semble même s'être produit dans l'italien allegro (* alacrum). Si on considère le changement de œ {es) en ss en français et en provençal comme une simple assimilation, \'i qui se trouve dans les mots comme laissar prov . , laisser iranç. , doit être considéré non comme provenant du c, remplacé dans ce cas par s, mais comme produit par son voisinage, ainsi que cela a lieu dans le portugais leixar ; et l'on a là dans ces deux langues un exemple de cette production de Yi par le voisinage de la gutturale, qu'offrent si manifestement les idiomes du Sud-Ouest et que les mots alègre, aigre, etc., montrent d'ailleurs d'une manière non moins évidente. Cet i a pu, au reste, comme cela a lieu en particulier en espagnol, ou se confondre avec a, pour donner la voyelle e (= a + i), ou bien, comme en portugais, donner naissance à la diphthongue ei; dans les deux cas sa présence n'en est pas moins certaine. Voici quelques exemples de ce singuHer phénomène grammatical :
LAT
acrem acutum
aigre
agu* V., aigu
Cette forme agu qu'on trouve encore au xiu' siècle, ainsi dans ce
alacrem
alegre
alegre
alegre
aquam
aequalem
factum
igual hecho
aigua
ague* V.,
*lactem
lèche
laxus, laxare lexos
leixar v.
laissar
laisser
macrura mataxam
madexa
madeixa
maigre
nigrum pactum
neg?'o pecho
negro
saxum
seixo
aigue
— etc.
Ces exemples nous montrent i apparaissant soit isolé, soit dans la diphthongue ai ou ei ou encore dans e = ai, dans le voisinage de la gutturale vélaire ; mais comment en expliquer le développement? Je crois que pour cela on peut supposer que pendant la période de formation des langues romanes, le son i qui prend si facilement naissance à la suite d'une gutturale s'est développé après le c, puis a passé dans la syllabe précédente, comme Vi de primarium est venu former avec a la diphthongue ie dans le français premier, la voyelle e dans .l'espagnol prim^ero.
Avec ce fait se termine l'étude des transformations générales du c vélaire dans la série gutturale , étude qui nous l'a montré persistant le plus souvent au commencement des mots et parfois aussi à la jSn, s'affaibhssant, au contraire, ordinairement au milieu en g on en y (z), ou même tombant. Pour épuiser la série de ses transformations, il faudrait encore parler de son changement en c, g, s, z, ts ou s, qui se produit surtout dans le groupe des langues du Nord-Ouest ; mais je crois préférable de n'aborder ce côté de la question qu'après avoir étudié les transformations du c palatal, transformations analogues et qui, comme telles, sont le prélude naturel de l'examen des modifications de même ordre du c véJaire. Je remettrai aussi à la fin du livre second, qui doit être consacré, comme je l'ai dit, à la première de ces lettres, à parler de la substitution des labiales p, b, v, w ei àe u aux
vers de Blancandin :
A l'escu d'or, a l'elme agu, v. 5494-
semble bien prouver que la gutturale a conservé longtemps le pouvoir de développer le son i.
l. Rom. des deux sœurs. Bartsch. Chresi. 49, 47.
Quant avras, Orriour, de Vague prise.
leux c ; pour le moment, je me bornerai à dire quelques mots du remplacement du c vélaire par t ou s dans les quelques idiomes où il paraît se présenter.