SUBSTITUTION DE T ET DE S AU C VÉLAIRE
Nous avons vu * avec quelle facilité on peut passer théoriquement du son k au son t ; on ne doit donc pas être surpris de voir ces sons se substituer l'un à l'autre dans les différents idiomes indo-européens ; cependant cette substitution n'y est pas aussi fréquente qu'on pourrait s'y attendre ; on la trouve toutefois dans le grec tîç comparé au latin quis et au sanscrit kas ; dans ■jrÉvTs comparé à quinque et à pankan ; dans Téacapeç à côté de xÉTjpsç, de katvâras et de quatuor^. Cette substitution de sons que nous offrent les principales langues indo-européennes, se retrouve aussi dans l'histoire du latin et de ses dérivés.
Quintilien avait déjà signalé, seulement, il est vrai, comme un simple vice de prononciation enfantine, la substitution d'une gutturale à une dentale ; elle se produisait sans doute à Rome, comme chez nous dans les mots amiquié cour amitié, Guieu pour Dieu, etc. Cette confusion paraît s'être augmentée à l'époque de la décadence de la langue ; elle se manifeste surtout dans le groupe tl, changé, comme les grammairiens du temps nous l'apprennent, dans le langage populaire en cl : « statlaris, sine c littera scribendum est », remarque Caper ; « capitulum non capiclum », dit également l'Appendix Probi, et encore « vitulus non viclus, — vetulus non veclus^ » ; un document de 752 donne aussi la forme veclo qui devait persister, en se transformant, dans l'italien vecchio et le roumain vecchiu, comme capitulum, changé en capiclum, a donné dans la première de ces langues capocchio, etc. On trouve également sida pour sit{u)la dans la Loi des Alamans et sclopus pour stlopus, sclupaverit dans la Loi Salique, etc.