INTRODUCTION
Une double méthode se présente pour étudier les transformations du c latin; la méthode historique ou à posteriori qui consiste à en suivre, à l'aide de documents contemporains, les modifications diverses dans les dififérentes langues romanes ; la méthode phonétique qui en recherche à priori les changements possibles ; on comprend d'ailleurs que ces deux méthodes ne puissent se séparer et qu'elles doivent nécessairement se compléter l'une l'autre. De ce qu'une modification est possible, il ne s'ensuit pas, en efiet, qu'elle se soit produite, et nous verrons que chaque langue romane a traité le c latin d'une manière particulière; il faut donc que les renseignements historiques viennent ici au secours de la théorie ; mais, d'un autre côté, il ne nous est pas permis, faute de documents, de suivre toujours depuis leur origine les transformations successives du c ; si donc nous n'appelions à notre aide la phonétique, il nous serait difficile souvent d'expliquer celles que nous rencontrons et plus encore d'en déterminer l'ordre et la marche progressive. Aussi m'efForcerai-je toujours dans ce travail de faire marcher de front les renseignements historiques et l'explication physiologique des sons.
Mais avant d'aborder le sujet que je me suis proposé de traiter, une double question se présente : comment d'abord les sons, et en particulier les sons de consonnes, puisque c'est d'une consonne qu'il s'agit ici, peuvent-ils se transformer et se substituer les uns aux autres? j'y répondrai en faisant la théorie de l'alphabet indo-européen. Quel était — et c'est la seconde question à examiner — le rôle et la valeur du c au moment de la formation des langues romanes ? cela m'amènera naturellement à faire l'histoire des gutturales latines. Commençons par la théorie de l'alphabet.