‹ Du c dans les langues romanesChapitre 6 sur 220 · L ALPHABET INDO-EUROPEEN · texte numérisé non relu

L ALPHABET INDO-EUROPEEN

« La voix est un son que l'homme et certains animaux font entendre en chassant l'air de leurs poumons à travers la glotte ^. /> Mais il ne suffit pas que l'air soit chassé du poumon pour qu'il y ait phonation ; il faut encore que les lèvres de la glotte soient suffisamment rapprochées pour lui imprimer les vibrations sans lesquelles il ne peut y avoir production du son ; dans ce phénomène la glotte joue le rôle d'une anche, la bouche celui de résonnateur. Telles sont les conditions essentielles à la formation de la voix ; mais pour qu'elle se change en parole, — laquelle n'est autre que la voix articulée, — quelque chose de plus est nécessaire ; il faut que les harmoniques produites par la glotte soient modifiées, amplifiées ou étouffées d'une certaine manière par le résonnateur, c'est-à-dire par la bouche '^ ; c'est, en effet, des diverses positions que peuvent occuper les unes par rapport aux autres les différentes parties qui la composent, langue, dents, lèvres, palais dur ou mou, voile du palais, des contractions ou des dilatations qu'elles éprouvent que dépend la nature des différents sons élémentaires, voyelles ou consonnes, qui constituent la parole humaine.

Voyelles. — Si, tandis que l'air est chassé du poumon, la glotte étant d'ailleurs rétrécie de manière à ce que les cordes vocales entrent en vibration, nous arrondissons les lèvres en les avançant et abaissons la langue et le larynx de manière à ce que la cavité buccale, servant de résonnateur, soit aussi allongée que possible, nous faisons entendre le son u (ou); si, au con-

1. Il ne s'agit pas naturellement ici de l'alphabet aryen ou indo-européen primitif, mais bien d'un alphabet renfermant toutes les lettres communes aux langues de la famille indo-européenne.

2. Longet, Traité de physiologie, II, 708. On trouve résumés dans ce livre la plupart des travaux et des découvertes de la science moderne sur la théorie de la voix; malheureusement l'auteur n'a point connu le mémoire de Brûcke « Grundzùge der Physiologie und Systematik der Sprachlaute », aussi son ouvrage exact et précieux pour la partie anatomique est fort médiocre, au contraire, pour la partie phonétique.

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