Cors. id. I
partir du vif siècle, et les Chartes mérovingiennes en offrent de nombreux exemples ; la substitution de ci à ti y apparaît, même, dès le siècle précédent, mais seulement comme exception, soit qu'on ne confondît encore que rarement ces deux sons dans le langage, soit que les copistes eussent conservé encore les anciennes traditions orthographiques ; ainsi on trouve dans une charte de 558 precio pour pretîo, et par contre juditiaria ipour Judiciaria ; mais partout ailleurs ci et ti persistent. Il en est tout autrement dans les chartes du temps de Dagobert, de Chlodovig et de Chlotaire II ; ti n'est plus qu'une forme exceptionnelle, ci la forme ordinaire ; ainsi donaciones, referencia, gracia, subscricionebus ; — à côté, il est vrai, encore de^e^zV^, donatione, prescriptionem (a. 625), etiameiprœceptione, etc. (a. 627); — peticionibus, propicio, adjaeenciis, roboracione, vendicionis, porciones, postolacione , tucius, suscripcionebus, et seulement prœceptio et pactione (a. 628) ; une charte de l'année 631 faite à Clichy et portée sous le n" 7 de la collection Tardif a partout ci à la place de ti ; dans la charte suivante, au contraire, ti apparaît trois fois dans benefitia, famulantiuni, redibitiones ; les chartes n° 11 de 653, n" 12 de 656, etc., n'offrent plus que ci; la charte n° 10 de 652, par laquelle l'évêque de Paris, Landry, faisait abandon de ses droits épiscopaux sur l'abbaje de Saint-Denis, fait exception ; ci pour ti ne s'y rencontre qu'une fois, ti a persisté partout ailleurs ; ainsi gratia, providentia, altiora, eicJ Evidemment cette exactitude orthographique tient à ce que le scribe avait une connaissance du latin plus grande que ses devanciers ou que ses successeurs ; mais quand la tradition ne les faisait pas se conformer à l'ancienne orthographe latine, les scribes du vif siècle, on le voit, mettaient presque constamment ci à la place de ti.
Comment expliquer cette confusion entre deux sons originairement si différents? répondait-elle à une confusion de prononciation, rendue seulement possible par une transformation delà syllabe ci analogue à celle de ti? Il faut distinguer entre les époques; les témoignages nombreux et irréfutables que j'ai donnés de la persistance du son guttural du c palatal jusqu'au vf siècle ne permettent pas de croire, pour les exemples du m®, que ci y représente la prononciation de ti assibilé ; ce n'est pas non plus entre le son assibilé de ti et celui qu'eut ci après sa transformation définitive que la confusion eut alors lieu , mais entre le son que