‹ Du c dans les langues romanesChapitre 57 sur 220 · Monuments historiques, p. p. J. Tardif · texte numérisé non relu

Monuments historiques, p. p. J. Tardif

prirent ces deux syllabes avant de se changer en tsi ou ci\ antérieurement à cette transformation dernière, en effet, comme le remarque avec raison R. vonRaumer^ ci et ti durent prendre un son palatal qui les rendit presqu identiques ; c'est par la confusion entre ces sons kjy tj, intermédiaires à ki et ti d'une part, à tsi ou ci de l'autre, que s'explique celle qui se fit alors dans l'emploi du <? et du ^ suivi de i et d'une autre voyelle. Quant aux exemples du vu® siècle, ils ont une tout autre signification ; à cette époque, t suivi de i et d'une autre voyelle avait perdu depuis plus d'un siècle sa prononciation dentale originaire et pris le son tsi, zi ou ts, z ; pour qu'on pût donc lui substituer ci, il fallait que le c de cette dernière syllabe eût de son côté perdu sa valeur gutturale primitive et pris une prononciation analogue à celle de ti transformé, c'est-à-dire à ts{i) ou z. Quelques inscriptions viennent confirmer, à ce qu'il semble, ce fait ; ainsi :

LuziœeiMarziœ'^ViY2ii.Ant.Italicœil04:,^ei\S92,i2{\Jce\Àdi) onzias Mui-at. id. II, 25 (Lomb. 715?)

Il faut probablement y joindre

Felissiosa Renier I, 2358 (Aquartillse).

provins. Bull. arch. Rom. 1860 p. 171 ^.

Si la confusion était possible entre ci et ti, le son de ces deux syllabes était-il identique? En d'autres termes ci avait-il au moment où il a commencé à être confondu avec ti le même son que cette sjdlabe? D'après un commentateur de Donat, dont nous ignorons malheureusement l'époque et la nationalité, ci et ti ne se prononçaient pas de la même manière : « alterum sonum, dit-il, habet i post t et alterum post c , nam post c habet pinguem sonum, post t gracilem ^. » Quel était ce son grêle que i prenait après t, le son épais qu'il avait après c? Le renseignement du disciple de Donat s'applique-t-il à la période où c et ^ s'étaient complètement transformés, ou à cette période antérieure où ils avaient une valeur palatale ? Il est difficile de répondre à cette question , mais il semble qu'à l'origine ci et ti transformés eurent une valeur distincte, et cette circonstance que l'italien, qui mieux que les autres langues romanes a dû conserver les traditions de l'ancienne prononciation, a donné en général à ti le son àez{i), à ci,

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