‹ Du c dans les langues romanesChapitre 7 sur 220 · Helmholz. Die Lehre der Tonempf · texte numérisé non relu

Helmholz. Die Lehre der Tonempf

4. Brûcke, Grundziige, p. 17 et suiv. Max Mûller, Nouv. leçons sur la science du langage. Trad. ], 147.

traire, tout en relevant à la fois le larynx et ouvrant les lèvres, ce qui donne à la cavité buccale la moindre longueur possible, nous appliquons les deux bords de la langue contre le palais, de manière à ne laisser qu'un espace étroit en son milieu pour le passage de l'air, nous faisons entendre le son i. Relève-t-on le larynx, moins toutefois que pour prononcer i, et laisse-t-on à la langue sa position naturelle, tout en ouvrant légèrement les lèvres, le son que Ton fait entendre alors en chassant l'air du poumon au dehors est celui de a. A des positions intermédiaires des organes de la voix correspondent les sons o, e et toutes les autres variétés de voyelles ; mais ce qui précède suffit pour faire comprendre ce que j'aurai à en dire plus tard.

Aspiration. — Dans la production des voyelles la cavité buccale, par les différentes formes qu'elle affecte, joue un rôle prédominant ; ce sont, en effet, les modifications qu'y reçoivent les ondes sonores mises en vibration dans leur passage à travers la glotte qui en déterminent la nature et la formation ; mais il peut se faire que l'air soit chassé au dehors sans éprouver de résonnance à l'intérieur de la bouche ; dans ce cas encore il peut arriver de deux choses l'une, ou, la glotte étant toute grande ouverte, l'air est expulsé saiis qu'on entende autre chose que le bruit de l'expiration, ou, les lèvres de la glotte étant suffisamment rapprochées, on entend ce son particulier qui caractérise Vaspiration, l'esprit rude des Grecs, Y h allemand ou anglais^. Il faut en distinguer l'aspiration plus faible, dont peut être accompagnée une voyelle initiale, et qu'on produit en ouvrant brusquement la glotte, sans que les cordes vocales entrent en vibration, c'est l'esprit doux des Grecs, Vh de l'alphabet roman et peut-être aussi celui de l'alphabet latin.

Consonnes. — Dans la production des voyelles, à plus forte raison dans celle du son h, pour lequel les organes vocaux restent dans leur position normale, le passage à l'air chassé du poumon peut être plus ou moins rétréci; il n'est ni entravé d'une manière continue, ni fermé momentanément d'une manière complète; mais au lieu de laisser ainsi s'échapper librement l'air chassé du poumon, nous pouvons l'arrêter à son passage, en lui faisant un instant obstacle soit à l'aide de la langue et du palais.

1. Brûcke. id. 7. — Joli. Czermak. Sitzungsb. der hais. Akad. der Wiss. 1865. Contrairement à cette manière de voir, 0. \\o\ï {Sprache iind Ohr 40) fait de h une consonne accompagnée du son de la voyelle o; théorie qui me paraît complètement inadmissible.

soit à l'aide des lèvres ; ou bien encore nous pouvons rapprocher ces organes de manière non plus à former un obstacle complet à l'air expulsé du poumon, mais à le forcer à passer lentement à travers l'espace resserré qu'ils laissent entre eux, en produisant un frottement continu contre leurs parois ; dans l'un et l'autre cas, le son ainsi produit est un son de consonne, et l'on voit que ce qui constitue la différence entre les consonnes et les voyelles, c'est que dans la production de ces dernières il n'y a ni obstacle formé au passage de l'air, ni espace resserré qu'il doive traverser, tandis que pour la production des premières l'une de ces conditions est nécessaire.

Le double mode de formation que je viens d'assigner aux consonnes les divise d'abord en deux classes, les explosives et les continues ou spirantes ^ ; il montre en même temps qu'elles diffèrent entre elles par la nature du son, non par la nature de l'organe qui concourt à leur formation, puisque ce sont les mêmes organes, seulement disposés d'une manière un peu différente, dont on se sert pour les produire. Une condition est d'ailleurs encore nécessaire à la production de chacune d'elles, c'est que le passage à l'air à travers les fosses nasales soit fermé par le voile du palais ; quand il reste ouvert, au lieu de l'explosive ou de la spirante ordinaire, on fait entendre la résonnante ou nasale correspondante. Il peut se faire aussi que, le passage étant fermé à l'air par le voile du palais, une partie de la cavité buccale soit disposée de manière à entrer en vibration au moment de son passage ; alors se produit le son trémulant de l'r. Telles sont les quatre grandes divisions entre lesquelles Brùcke a réparti les consonnes; à la seconde, il faut encore rattacher les variétés du son l, qui ne diffèrent des spirantes ordinaires qu'en ce que l'espace étroit que doit traverser l'air au lieu d'être formé au milieu de la cavité buccale, est formé de chaque côté, entre les bords de la langue et les molaires ^.

Les explosives et les spirantes peuvent d'ailleurs se diviser elles-mêmes en deux classes ; on peut, en effet, produire chacune d'elles en laissant la glotte à peu près grande ouverte, alors on a l'explosive ou la spirante qu'on pourrait appeler fondamentale ou élémentaire, ou bien on peut rétrécir la glotte au moment où l'air est aspiré, et, alors — fait constaté déjà par les auteurs des Prâtiçâkhyas^ — en frottant contre les cordes vocales, il les

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