‹ Du c dans les langues romanesChapitre 61 sur 220 · Al. J. EUis, On early english pronunciation · texte numérisé non relu

Al. J. EUis, On early english pronunciation

2. Il ne faut pas oublier, comme je l'ai remarqué déjà (v. p. 5), que la palatale a une valeur différente suivant que l'obstacle se forme plus ou moins près du palais mou ; c' représente la palatale qui en est formée le plus loin, à la limite du domaine guttural ; il est à peu près égal à kj.

3. Grimm, Gram. I«, 474, 485. — K\ihn's Zeitschrift, XII, 147.

Telle est l'explication que l'on peut, je crois, donner de la transformation du c en chuintante ; elle repose sur la théorie de Briicke, et est d'accord avec ce que Max MuUer, Gorssen et A^on Raumer ont dit sur le sujet ; mais elle diffère de ceUe qui a été proposée par plusieurs linguistes, en particulier par Schuchardt. Commentant Schleicher, et se préoccupant uniquement du changement de c suivi de i et d'une autre voyelle, le savant auteur du « Vocalisme du latin vulgaire » a voulu j voir le résultat de ce qu'il appelle la palatisation de i, c'est-à-dire du changement de i voyelle en i consonne ; il suppose que ci suivi d'une voyelle s'est d'abord changé en kj, puis en kf {f ayant le son de ch dans l'allemand sichel), puis en âf et en t'j" (il ne dit pas ce qu'il représente par H, et t'J, ensuite en tf et enfin en ^s ^ Il est difficile à la fantaisie d'allei' plus loin ; malheureusement rien ne vient justifier cette série si laborieusement composée, et les exemples, destinés à la vérifier, la contredisent bien plutôt. Si ci, en effet, se changeait ainsi en ts (tch), Viqni suit le t dans le mot latin aurait toujours dû disparaître ; or de l'aveu même de Schuchardt, il subsiste comme voyelle plus souvent qu'il ne tombe ^, ce qui n'empêche pas le c de se transformer dans l'un comme dans l'autre cas ; mais Yi ne peut à la fois persister et se modifier ; cette modification n'ayant pas toujours lieu n'est donc point indispensable à la transformation du c et ne saurait dès lors l'expliquer à elle seule. D'ailleurs cette suppression même de Vi du suffixe dus, cia, ciu?n, qui apparaît surtout dans le double groupe occidental, est bien plutôt la conséquence de la loi, en vertu de laquelley tombe toute voyelle posttonique autre que a, que celle de sa transformation. Mais le plus grand défaut de la théorie de Schuchardt, c'est de ne pas donner d'explication pour la transformation du c suivi de i accentué et d'une autre voyelle, ou d'un seul i ou e accentué ou atone, ou, à plus forte raison, d'une autre voyelle que e ou i ; aussi l'auteur, arrêté sans doute par l'impossibilité d'en donner la raison, s'est-il borné à constater le fait, sans chercher à l'expliquer ; mais pourquoi n'avoir pas fait de même pour le c suivi de i atone et d'une seconde voyelle ? Enfin il y a dans cette théorie une supposition gratuite et une confusion : la supposition c'est d'admettre sans en donner la raison que Yi de dus depuis si longtemps voyelle passe tout-àcoup à l'état de consonne ; la confusion c'est d'attribuer à cet i

1. Schuch. id. I, 150. — N'ayant point à ma disposition les signes j et t accentués, j'ai dû les remplacer parj et t avec apostrophe.

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