‹ Du c dans les langues romanesChapitre 69 sur 220 · Jahrbuch, X, 403. — 2. Spano, Ortogr. sarda p · texte numérisé non relu

Jahrbuch, X, 403. — 2. Spano, Ortogr. sarda p

3. Voir plus loin liv. III, ch. II. — Dans tout ce qui précède, je n'ai eu en vue que la gutturale latine, la palatale d'origine allemande a, le français excepté, persisté dans le plus grand nombre de cas ; ainsi on a:

kiol

it.chiglia

esp.quilla

Pg

. quilha

— fr. quille

prikken

— esprequery.

skina

schiena

esquena

esquina

pr. esquina échine

skella

squilla

esquila

esquila —

vlacke

— flaque

zicki

ticchio

— — etc.

Voir même chapitre, III" s = c.

ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de le remarquer, comme modification régulière de cette lettre que dans les langues du groupe oriental et, souvent du moins, dans le roumanche ; les idiomes du double groupe occidental ayant préféré la forme ts, on n'y rencontre c et son dérivé s que comme exception ou dans les dialectes. D'ailleurs c n'a point été la seule forme qu'ait, même dans le groupe qui le préfère, toujours prise le c palatal ; on y trouve aussi, mais exceptionnellement, la sonore correspondante g, et parfois même ainsi que dans les idiomes occidentaux, les formes affaiblies is, dz, 5 et 5 ou ;s;. Parlons d'abord de la forme primordiale c.

Cette forme est celle qu'a prise, au commencement des mots, le c palatal dans l'italien du centre et le plus souvent du Sud de la Péninsule, dans le dialecte roumain du Nord ^ et dans le roumanche de la vallée du Rhin. Voici quelques exemples de cette transformation :

LAT

ROUM"

ITAL

ROUMANCHK.

caecum

cieco

tschocc

cœlum

lier

cielo

tschiel

cœnam

cine

cena

tscheina

centum

cento

tschient

caepam

ceape

cipolla

tschagoula

ceram

ceare

cera

tschêra

*ceraseam

cireale

ciriegia

tseharscher

cernere

cerne

cernere

tscherner

certare

certà

certar,e

cervellum

cervello

tschervè e.

cervicem

cerbice

cervice

cervum

cerb

cervo

tschierv

cessare

cessar

tschessar

cibum

cib

cibo

cymam

cinia

tschimma

cinerem

cenuse{*

cinuceam)cmere

tschendra

cingulam

cinge

cinghia

tschinta (cinctam)

* cinque

cinci

cinque

tschinsch

cippum

ceppo

tschepp

circum(cellu

vciVcerc

circo

tscherschel

1. Le roumain a étendu ce mode de transformation à la gutturale représentée par qu, même dans les mots où elle persiste dans les autres langues romanes; ainsi ce (qui, quid), nici (neque), cinci (* cinque), etc.

ci(vi)tatem ecc'hoc

cetate

città cio

tschou, etc.

Au milieu des mots, les choses se passent de la même manière en italien, ainsi qu'en roumain, quoique parfois on trouve dans ce dernier idiome la forme ts à côté de c ; quant au roumanche, c s'y est affaibli le plus souvent en 5, excepté quand il est suivi de i atone et d'une autre voyelle, cas où il conserve le son c. Exemples :

brachium

braccio

bratsch

coquere

coace

cuocere

decem

zece

dieci

diesch

ducere

duce

ducey^e

dulcem

dulce

dolce

dulsch

*faciam

faccia

fatscha

*glaciem

ghioccia

glatsch

jacere

zete

giacere

lanceam

lance

lancia

lonscha

mercedem

mercede

mersche e

pulicem

purice

pulice, pulce

tacere

tece

tacere

tascher

*aucellum

uccello

utschel

vicinum

vecin

vicino

— etc.

Les langues du groupe du Sud-Ouest fournissent aussi quelques exemples du changement de c initial ou médial en c; ainsi en espagnol chicharo (cicerem), chico (ciccum), chine he (cimicem), lechino (licinium), marcAzYo(marcidum),pzc/zo(piceum); en portugais murcho (murcidum). Il faut y ajouter, il semble, un certain nombre de dérivés en aceus, oceus et uceus comme borracha, garnacha, hornacha, muchacho, penacho, ricacho, verdacho, vulgacho, esp. friacho, lebracho, riacho^ pg. garrocha, aguilucho, avechucho, carducha, capucho, mazucho, esp.

Cette transformation du c médial en c est la plus ordinaire en italien ; cependant dans les dérivés formés à l'aide des suffixes

1. On trouve également dans le patois de la Suisse romande c changé en c dans tchierno (?circinum) et patche, marché, (pacem), — que Bridel fait venir à tort de pactionem, lequel aurait donné pachon, comme actionem a donné achon ; — ainsi que dans un certain nombre de mots du patois poitevin de Melle par ex. tchou, tchel, itchi, etc. Mémoires de la Société des Antiq. de l'Ouest, XXXII, 1" partie 1867, s. v.

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