‹ Du c dans les langues romanesChapitre 71 sur 220 · Gœttinger Anzeigen, 1872. N° 48, p · texte numérisé non relu

Gœttinger Anzeigen, 1872. N° 48, p

3. SuW origine delV unica forma flessionale del nome italiano. Cf. Romania, I, 492.

ques exemples de sa transformation en la sonore correspondante g. Pour expliquer ce changement, on peut, je crois, admettre que le c palatal s'est changé d'abord en g également palatal, — modification que nous montre, ainsi que nous venons de le voir, le sarde logoudourien ; — puis ce g se serait, comme cela a lieu régulièrement pour cette lettre, transformé en g; ou bien on peut supposer que le c s'est d'abord transformé en c, lequel s'est ensuite affaibli en g. Quoiqu'il en soit, voici les mots, assez rares d'ailleurs, qui présentent cette particularité :

abbracchiare

abbragiare

* aucellum

augello à côté de uccello

concinnare?

congegnare

*dominicellam

damigella

ducem

doge

ducentos (cf. quingenti)

dugento (s. log. dughentos)

celsum

gelso

cilium

gigghiu sic. (ciglio it.)

placentem

piagente

socerum

soggiru sic. (suocero it.)

soricem

surgi sic. (sorice it.)

vacillare

vagellare

Il en est de même en roumain dans ager (acer) — à côté de acru (acrum) et de agyns (acris), — et dans vinge (vincit). Ce changement paraît d'ailleurs particulier aux idiomes du groupe oriental, les langues du Sud-Ouest ne le présentent pas, que je sache, et celles du Nord-Ouest, qui l'ont appliqué à la gutturale vélaire, ne connaissent en général, comme elles, pour la gutturale palatale d'autre transformation que ts et ses dérivés. On trouve cependant g — à côté de dz il est vrai, — dans pedje et pedze (picem), ainsi que dans son dérivé pedji, en suisse roman ; mais c'est le seul exemple qu'il y ait, je crois, de cette modification.

g qui s'est substitué à g palatal et à i consonne en italien se rencontre aussi exceptionnellement à la place de ti, dont le mode ordinaire de transformation est, comme je l'ai dit, ts. Parfois même les deux formes ts et g coexistent l'une à côté de l'autre. Ainsi on a :

palatium palagio palazio

presentationem presentagione —

rationem ragione

servitium servigio servizio

stationem stagione

venationera venagione

vexationem vexagione

Il n'est pas hors de propos de remarquer que dans plusieurs de ces mots la palatale a été remplacée aussi dans le double groupe occidental par une sonore, seulement comme il convient à ses langues, par une spirante dentale.

l est d'ordinaire un affaiblissement manifeste de c, et l'on peut supposer que la seconde de ces formes a presque toujours précédé la première ; celle-ci n'en est pas moins la seule que l'on rencontre dans quelques idiomes qui semblent être primitife, comme le lithuanien , mais dont on ne connaît que des monuments récents ; c'est la seule aussi qu'on trouve dans un certain nombre de dialectes romans. Bien que les grammaires semblent dire le contraire, 5 est la vraie prononciation que les Toscans donnent au c suivi de e ou de z, prononcé tch dans la plupart des autres dialectes italiens, comme ils donnent au g un son analogue à celui du j français. Cette valeur s est aussi, comme nous l'avons vu, celle que prend en général, au milieu des mots, le c palatal dans le roumanche de l'Oberland, tandis qu'au commencement il a la valeur c ; dans le roumanche de la vallée de l'Inn, au contraire, le c palatal s'est d'ordinaire, au commencement comme au milieu des mots, changé en s; il en est de même assez souvent dans les dialectes de la Suisse romande ^ ; ainsi au commencement des mots :

LAT

s. ROM.

ROUMANCHE ENG.

ROUMANCHE OBERL

centum

cheint

schient

tschient

certum

schert

1. Souvent aussi, il est vrai, on trouve en même temps les deux formes s et 5; ainsi se (ce) et che, ceint et cheint, chin et cein, etc. Or si l'on remarque que ïs étymologique s'épaissit souvent en ch, comme dans chen (sanctum), chon (sont), etc, on sera amené à penser que le ch qui représente parfois dans les patois suisses le c palatal latin transformé est peut-être, — souvent du moins, — non l'affaiblissement immédiat du son composé tch, mais, comme ch substitué à s étymologique, un épaississement ultérieur de la spirante dentale alvéolaire; à moins qu'on

cmeram

cheindre

schendra

tschendra

cinque

chin

schinc

tschinscit

cinctara

schinta

tschinta

cœlum

chi

tschiel

ecc' hic (hoc)

chi, cite

tschou

ecc' illum

chel

tschell, etc

Au milieu des mots, les dialectes ladins du Tyrol, à côté de sa transformation en ts, p, 6 ou o offrent aussi, comme les deux dialectes roumanches, quelques cas du changement du c palatal en s. Exemples :

LAT

ROUMANCHE OBERL

. ROUMANCHE ENG.

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