Diez, Gram. li, 314 et suiv. — De Cihac, Dict. s. voc
normand, il en est de même dans les mots français suivants, la plupart, il est vrai, d'origine douteuse :
* capitium cicerem ) ciccum \ cichoreum cifram
chevêche
chiche
chicorée chiffre
circare ferocem (?) *pulicem ramicem
chercher farouche pouliche ranche^.
Chiffre est d'origine arabe ; l'ancienne forme de chercher est cercher ; la forme chercher apparaît d'abord dans Commine, c'est-à-dire à la fin du xv" siècle; depuis lors elle a été la seule usitée ; on a dit chercher pour cercher probablement par assimilation. Il a dû en être de même pour chevêche, l'ancienne langue disait chevece. Mais pourquoi chicorée, qui s'écrivait aussi autrefois cicorée, a-t-il pris sa forme actuelle ? Il est assez difficile de le dire; au xvf siècle, Olivier de Serres emploie encore la forme cicorée, en même temps, il est vrai, que chicorée ; peutêtre y a-t-il eu dans le choix de cette dernière une influence de l'italien acorea. i^«rowc/ie n'est pas moins obscur, mais son origine est plus ancienue, et on le trouve dèslexiif siècle; si on remarque que la forme provençale correspondante est ferotge ou ferogge, on sera tenté de le faire venir d'un type * feroticmn plutôt que àe ferocetn. Pouliche n'est point français, pulicem ou *puliciam eût donné poulisse, comme junicem ou *juniciam a donné génisse ; la forme pouliche est un emprunt fait par le dialecte de l'Ile de France au normand ou au picard, qui disent l'un et l'autre 'pouliche et geniche. Peut-être ranche appartient-il aussi au picard, ainsi .que chiche (cicerem) ; mais le mot chiche (ciccum) reste une énigme ; ciccum ne pouvant donner que cic, il faudrait pour l'expliquer supposer une forme * dccam, qui donnerait sans doute régulièrement ciche, d'où
1. On admot d'ordinaire qu'il en est encore de même pour les mots suivants: barbiche, bourriche, bretèche, caniche, caboche, coqueluche, cjrinoche, filoche, gallesche \., galoche, guenuche, levriche, litoche, mailloche, panache, peluche, pioche, revéche, rondache, taloche, qu'on regarde comme des dérivés en acius, ictus, oceus ou uceus ; j'aime mieux y voir pour Ja plupart des dérivés en acus ou ascus, icus ou iscus, ocus, ucus ou uscus et (n)ticus; l'ancienne orthographe bretesche, gallesche, revesche, à côté de revois, et les formes picardes ou normandes epinoque, filoque, pluqur, rendent cette étymologie évidente pour les mots correspondants; quant aux autres, ou ils ont une même origine, ou bien ils ont été empruntés par le français à d'autres dialectes.
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par assimilation chiche, mais qui est inconnue ^ Quant à bamboche^ bravache, cartouche, corniche, douche, escarmouche, ganache, gouache, moustache, postiche, sacoche, la chuintante s qui s'y trouve provient de l'affaiblissement du c des mots italiens dont ils sont dérivés ; il n'y a donc pas lieu de les compter
De même qu'à côté de c on rencontre la sonore correspondante ^ , de même les dialectes ladins de l'Engaddine et du Tyrol, et quelques dialectes du Centre et du Nord de l'Italie offrent au lieu de s la forme i à la place du c palatal médial ; soit que celui-ci se soit d'abord transformé en g, lequel donne souvent z dans ces dialectes, soit qu'il ne faille voir dans ce sonz qu'un simple affaiblissement de s en sa sonore^. Quoi qu'il en soit, voici quelques exemples de cette transformation . Dans le sarde et le génois x=-z.
LAT
LAUIN