Cf. Diez, Gram
ç dans ce texte qu'il n'existait point encore à l'époque où il fut écrit ; on le trouve du moins dans le monument espagnol le plus ancien après « El misterio », dans le poème du Cid, et il apparaît dans tous les textes espagnols du Moyen- Age, non-seulement devant a, o, u, mais souvent aussi devant e et i. Nous le rencontrons également dans les plus anciens monuments portugais, lesquels, il est vrai, ne sont pas antérieurs au xiri^ siècle. En France, l'usage de la cédille ne pénétra qu'à la fin du premier tiers du xvi» siècle ; jusque-là, les mots où c devait prendre le son s furent écrits, comme ceux où il a le son k, par un simple c ; mais parfois aussi, comme cela avait lieu dans les premiers temps de la langue, on faisait suivre le c d'un e ^. C'est à Geoffroy Tory que revient le mérite d'avoir introduit la cédille dans notre système orthographique. J. Sylvius dans son « Isagoge in linguam galUcam » avait en 1531 proposé de surmonter le c, de deux s {ï^, toutes les fois qu'il avait le son de s sourd entre deux voyelles, comme dans limace, limaçon. Cette notation bizarre ne fut pas avec beaucoup de raison adoptée, et deux ans plus tard, en 1533, Tory, dans l'édition de 1' «Adolescence clémentine » de Clément Marot, faisait pour la première fois en France usage de la cédille, dont il avait proposé l'emploi dès 1529 dans le « Champ-Fleuri » ^. Cette réforme ne pouvait manquer d'attirer l'attention. L'année ne s'était pas encore écoulée qu'un autre imprimeur de Paris, Antoine Augereau, publiait sur la matière un petit traité intitulé « Briefve doctrine pour deuement escripre selon la propriété du languaige francois, » Cependant l'usage de la cédille ne devint pas général sans opposition. Dans son « Traicté de la grammaire francoise », publié en 1557, Robert Estienne ne s'en servit pas encore, il n'en admit l'emploi que
1. J. Palsgravp, Lesdaircissement de la langue francoyse, p. 27. C comyng
before a, o, or u shall hâve the sound of k except where c commeth
before a or o in the formation of sache tenses as come of verbs of the fyrst conjugation in the french tonge. In ail sache, c comyng before oye, oy,ant shall hâve the soande of s and not of /c. Bat many tymes 1 fynde in sach tenses an e added after the c, as laceoye, laceay, laceant, which they use to writte to shewe that c in sache verbes may not hâve the sounde of k, etc.
2. A. F. Didot. Observations sur l'orthographe française, p. 177. — Aug. Bernard, Geoffroy Tory, peintre et graveur, p. 374. Le titre portait : «Auec certains accens notez , cest assaaoir sur le e masculin différent du
féminin et soubz le ç, quand il tient de la prononciation de le s, ce
qui par cy devant par faulte daduis n'a esté faite au langaige françoys, combien qu'il y fust et soyt très nécessaire. »