‹ Du c dans les langues romanesChapitre 85 sur 220 · UA · texte numérisé non relu

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dans la seconde édition en 1563; à partir de ce moment, la cédille fut universellement adoptée par les éditeurs.

Ainsi c, ç et z, tels sont les signes que l'espagnol et le portugais employèrent presqu'exclusivement au Moyen-Age pour représenter le c palatal transformé ; c — seul ou suivi de e ou i en français — et z, sont, au contraire, les signes qui servirent surtout à le représenter tout d'abord dans les langues du Nord- Ouest; mais à ces signes s'en joignirent bientôt d'autres. Dans le Fragment de Valenciennes on trouve déjà fisient (fecissent), fesist (fecisset), ainsi 5 à la place du c médial; on ne devait pas tarder non plus à le rencontrer parfois même à la place du c initial, et en provençal cette substitution de 5 au c initial, de s ou de ss au c médial devint bientôt fréquente ; à la place du c final, outre z ei s, x apparaît aussi en français \zoutz et 5 en provençal ; enfin dans ce dernier idiome on trouve encore cz à la place du c palatal transformé, soit initial, soit médial, soit final, tandis qu'en ancien français on rencontre parfois les notations sz, se, zc à la place du c médial. Tels sont les signes nombreux employés pour représenter cette lettre; voyons quelle en a été la valeur et l'usage aux diverses époques de la langue.

1°. — Du c palatal transformé en français.

Dans rétude des transformations du c palatal en français, il importe de distinguer entre le c initial, le c médial et le c final ; à ces trois places il n'a pas eu toujours la même valeur, et n'a pas été indifféremment représenté par les mêmes signes ; mais avant de suivre l'histoire du c au commencement, au milieu et à la flin des mots, il est un fait qu'il importe d'essayer de préciser, c'est celui de la transformation du son ts, que le c avait, comme je l'ai montré dans les premiers temps de la langue en s sourde ou sonore. Que cette transformation se soit faite de bonne heure dans la conjugaison, c'est ce que nous montre le changement de c en 5 que j'ai signalé déjà pour le verbe faire dans le Fragment de Valenciennes. Mais comme il y a eu peut-être là une influence particulière due à la contraction de la forme primitive du verbe, je laisse ces mots et ceux qui leur ressemblent de côté, pour en examiner qui aient mieux conservé leur physionomie originale. Dans ces derniers nous voyons le e final représenté souvent déjà par s dans des textes originairement du xii" siècle, mais recopiés plus tard, il est vrai, du moins pour la plupart ; au xiii« siècle, cette

substitution est de plus en plus fréquente, pour aevenir générale au xiv^. Au milieu des mots les choses se passent d'une manière un peu plus complexe , ici il y a lieu, en effet, de distinguer entre le c sourd et le c sonore, c'est-à-dire entre les sons primitifs ts et dz. J'ai dit que l'ancienne langue semble avoir voulu choisir z pour signe de ce dernier son, mais dès le xii^ siècle, s devient la manière la plus ordinaire de représenter dans ce cas le c transformé, c = ts, au contraire, a plus longtemps résisté. Cependant dès la fin du xn*' siècle on trouve aussi, dans deux ou trois mots, ss à la place; le xiii* n'en offre pas davantage, et ce n'est qu'au xiv° que ss paraît s'être substitué indifféremment à c transformé. Au commencement des mots il en est absolument de même ; au xii" siècle, s apparaît à la place de c comme exception; ainsi dans seleberroit S. B. p. 522; au xiif siècle les exemples de s substitués à c initial sont encore très-rares ; ce n'est qu'au xiv" qu'on en rencontre un certain nombre. On voit par là que le son dz pris souvent par c au milieu des mots s'affaiblit de bonne heure en ;^ ou 5 sonore; le son ts, pris par c au commencement et souvent aussi au milieu des mots, dut persister plus longtemps et ne se changea probablement en s sourd qu'à la fin du xiif ou même au xiv siècle. Ceci posé, voyons comment on représenta le c transformé dans les diverses positions qu'il peut occuper dans le mot. Au commencement des mots, où il est toujours suivi de e ou i, excepté dans co (ce), le c persiste dans tous les plus anciens monuments ; ainsi cist dans les Serments ; ciel, cels, celle dans la Cantilène de Sainte Eulalie ; celor, co, cel, cil, cest dans le Fragment de Valenciennes ; il en est de même dans la Passion, — où l'on trouve cependant zo pour co — le Saint Léger, etc. Toutefois on trouve seleberroit avec s dans les Sermons de Saint Bernard p. 522, sengles dans le Raoul de Cambrai ^ sele pour celé dans Huon de Bordeaux ^ sel dans Renart^, sil dans les « Altfranzosische Leichen und Lieder » de Wackernagel ^ seinture dans un portrait de femme publié par M. Paul Meyer^, seinturete dans les Altfr. Leichen und Lieder ^ ; serchoient

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