‹ Du c dans les langues romanesChapitre 88 sur 220 · Voici ces deux vers · texte numérisé non relu

Voici ces deux vers

Et en raizons bels oth sermons 6, 5.

Donc oct ab lui dures raizons 32, 4. M. G. Paris [Rom. I, 305 et 314) les a restitués ainsi :

Et en raisons bels aut sermons

Donc autod lui dures raisons.

Mais peut-être valait-il mieux conserver le :; qui figure l'ancienne prononciation dz, que ti avait encore vraisemblablement à cette époque.

je ne parlerai pas davantage ici du Psautier, deHuon, etc. ; pour me borner à l'examen de monuments incontestablement français.

Dans les plus anciens que nous ayons, après ceux que j'ai examinés jusqu'ici, « Li Livres des Reis »S les « Sermons de Saint Bernard », et le « Gjiillaume d'Orange » nous voyons c persister, quand il est resté sourd, qu'il représente c et ti transformé ; à côté de cette notation on trouve dans les Livres des Rois zc, par exemple esleezciez p. 6 ; 5^ dans esdresze p. 7 et se dans esleescie p. 6, blesciez p. 68 ; cette dernière notation se rencontre également dans les Sermons, par exemple richesces, — à côté de richeses, il est vrai, — et dans le Guillaume d'Orange, ainsi : dy^esce B. Chr. ; 62, 21 ; proesce id. 64, 19 etc. On trouve aussi, notation exceptionnelle, z dans les Sermons, par exemple auzois, b68 ; fazon, 528. 532, etc. ; tenzon 567. Quant au c transformé en spirante sonore, représenté jusque là encore par z, il l'est bientôt le plus souvent par s ; ainsi on trouve avec z dezoit (dicebat) dans les Sermons, quinze dans le Guillaume, treze àam^le^ Livres des Rois, mais avec 5, gésir Chr. 63, 17, gisent G. 0. B. Chr. 65, 41 ; oisels L. R.; raison Chr., 75, 17; tison S.B. etc. ; on trouve même s substituée seule à cou à ti dans quelques mots où ces sons sont sourds aujourd'hui, ce qui semblerait faire croire que la spirante y était sonore autrefois ; c'est ce que peut faire supposer du moins l'orthographe des mots covise, S.L.B. \juise, Ps. I, 6; saerifise L.R. ; servise L. R. et G. 0.; ruysel S. B. , sausoie, Guesc. etc. ^.

Les monuments postérieurs donnent lieu à des observations analogues; la spirante sourde y est généralement représentée par c ; z n'y apparaît que comme exception encore plus rare que dans les monuments précédents, par exemple comenza dans le Roman de Troie B. Chr. 157, 19. Mais déjà on trouve ss au lieu de c ; ainsi missel dans la Romance de Couci v. 38, parosses dans le poème de Thomas le Martyre, v. 132; verjnissels même dans les Sermons de saint Bernard, p. 535. Cette transcription rare encore jusque-là devient fréquente au xiv^ siècle ; ainsi avarisse (Brut), chausses Liv. des Met., hérisser Ménag., poussin {Rom. de la Rose)v. 9399, etc., elle prouve que c avait alors perdu la valeur ts. Quant à la spirante sonore elle est presque

1. J'avais admis d'abord, sur l'autorité de M. Le Roux de Lincy, que les Livres des Bois étaient un texte français; mais après examen il me paraît incontestable que c'est un texte normand, copié par un scribe français.

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