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Bœhmer, Romanische Studien, I

4. Ces deux sons sont d'ailleurs essentiellement primitifs et se rencontrent également, seulement plus ou moins purs, dans toutes les langues indo-européennes. Ainsi cA dans l'italien chiaro est un k. palatal formé le plus en avant possible du palais mou, qu dans le français qui est un k palatal formé vers la limite du palais dur et mou ; le h de

A chaque espèce de h, c'est-à-dire à la sourde vélaire et palatale, correspond une forme particulière du g, c'est-à-dire une sonore vélaire et palatale. On les obtient d'ailleurs en donnant aux organes de la voix la même position que pour la production des sons h, en rétrécissant seulement, au moment du passage de l'air, l'ouverture de la glotte de manière à faire résonner les cordes vocales. Le g vélaire est le son du g français dans le mot garçon ; je le désignerai par la lettre g; le g palatal est le son du gu français dans guirlande ou du g allemand dans gdhneUy prononcé surtout par un Allemand du Nord ; c'était aussi probablement celui du g palatal sanscrit, qu'on prononce aujourd'hui dj ; je le désignerai par g^. J'ajouterai que tout dérivé du k qu'il paraisse être et qu'il est en réalité, le g n'est pas dans le fait un son moins primitif, et que, comme lui, il se retrouve dans toutes les langues indo-européennes.

Dentales. — Quand au lieu de former le contact, nécessaire à la production des explosives avec la partie postérieure de la langue et la partie postérieure du palais, on applique la partie antérieure de la première contre le palais et les dents, le passage à la sortie de l'air à travers les fosses nasales étant d'ailleurs fermé, au lieu du son k on fait entendre le son t. Le contact peut avoir lieu d'ailleurs de diverses manières, et il en résulte naturellement autant d'espèces différentes de t. Si, par exemple, en même temps que les côtés de la langue s'appuient contre les molaires supérieures, la pointe vient s'appliquer contre les gencives, on produit le t alvéolaire ; c'est le t ordinaire des langues romanes et germaniques, tel qu'on l'entend dans le français tant et l'allemand Taube , le ^ ^ de Briicke ; je le désignerai par la lettre t. Au lieu d'aUer s'appliquer contre les gencives, la pointe de la langue se relève-t-elle, au contraire, pour frapper en sa partie la plus élevée la voûte du palais, on a le t cérébral ou cacuminal du sanscrit^ le ^ ^ de Briicke ; je le désignerai par t. Tandis que la partie antérieure de la langue va s'écraser contre la partie antérieure du palais, la pointe peut encore s'abaisser vers les incisives inférieures, dans cette position se produit le t dorsal du tchèque, le ^ ^ de Briicke ; comme il ne se rencontre point dans les langues romanes, je ne lui donnerai aucune désignation particulière. Enfin, si la langue forme avec

rallemand wickeln est intermédiaire à l'un et à l'autre. De même le k de l'allemand stock se forme à la limite antérieure du palais dur, le k de cappa à la limite postérieure.

les dents seules Tobstacle destiné à arrêter l'air chassé des poumons, on fait entendre le t dental proprement dit, souvent confondu avec le t alvéolaire et formé à sa place, c'est le i ^ de Briicke; je le désignerai simplement par t, comme le t alvéolaire.

A chacune des variétés du t correspond une espèce particulière de d : \e d alvéolaire, d; le d cérébral, d, du sanscrit; le d dorsal ; enfin le d dental proprement dit, c'est le d^, <i^, c?•^ d'^ de Briicke ^ .

Labiales. — L'obstacle destiné à arrêter l'air à sa sortie du poumon, au lieu d'être formé par la langue et le palais, peut l'être par les lèvres ; si, alors, le voile du palais fermant toute communication entre le larynx et les fosses nasales, l'air est chassé à travers la glotte entr'ouverte, on produit, en ouvrant les lèvres, le son J9. Fait-on vibrer, en rétrécissant l'ouverture de la glotte, les cordes vocales au moment de la production du son, on a, au lieu de la sourde jo, la sonore correspondante b.'^

Aspirées. — Quand, au lieu d'interrompre brusquement l'obstacle formé par la langue, les dents ou les lèvres et destiné à arrêter l'air au moment où celui-ci est chassé au dehors, on laisse l'haleine traverser librement et pendant quelque temps la glotte restée ouverte, avant que le son ait cessé d'être entendu, à la place d'une explosive ordinaire, on produit une aspirée^. L'aspirée est donc comme l'addition d'un h au son primordial de la lettre correspondante, et elle doit nécessairement se produire toutes les fois qu'on cherche à prolonger le son d'une tenue ou d'une sonore en faisant afïluer l'air du poumon en plus grande quantité ou pendant un temps plus considéi'able ; c'est donc le résultat ou d'une liabitude prise ou d'une conformation organique particulière. Aussi rien de variable comme les aspirées des idiomes indo-européens. La langue aryenne primitive ne possédait que l'aspirée de g, d, b : gh, dh, bh, c'est-à-dire des trois sonores fondamentales ; le sanscrit, — pour ne parler ni des palatales, ni des linguales, — avait, outre l'aspiration des sonores, les aspirées des trois muettes k, t ei p : kh, th et ph ; le grec n'avait que ces dernières comme l'ancien irlandais, tandis que le latin, comme le lithuanien, les avait toutes perdues '^

Nous avons vu qu'à chaque ordre d'explosives correspondent

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