Littré, id. — Diez, Gram., II
2. Les poésies religieuses, publiées en 1842 par Im. Bekker, dans les Abhandlungen der berliner Akademie der Wiss., nous montrent aussi c (? ç) au milieu, et, ce qui est plus surprenant, même à la fin des mots; mais c'est là un système orthographique propre au copiste, et dû peut-être à ce qu'il était d'origine française. On peut en dire autant à plus forte raison de la Ballade publiée par Bartsch, Chr., 107, d'après le manuscrit fr. de la Bibl. Nat., anc. 1989, et dont les formes provençales ont été même par place remplacées par le scribe par des formes françaises.
'(cœlum) V. 74, 98, 146, 157, 168, co (ecc'hoc) v. 243; cerca V. 238 ; cependant il a été remplacé par ^ dans le mot zo, v. 47, 106, 196, 207, 228, 232, 237, 248, 257, substitution qui s'explique sans peine, le copiste de ce poème n'ayant point connu la notation ce ou ci, usitée par nos anciens scribes. D'ailleurs ce mode de transcription prouve lui-même que le c devait encore alors avoir la valeur ts , ce qui est vrai du c liiédial comme du c initial. Il ne dut pas toutefois la conserver longtemps après l'époque où fut écrit ce poème; quoique la langue paraisse avoir hésité souvent encore entre le son ts et s. Dans les « Poésies religieuses en langue d'oc », publiées par M. PaulMejer d'après les manuscrits 1139 et 1743 de la Bibliothèque nationale ^ et regardées souvent comme le monument en langue provençale le plus ancien après le Boèce, nous trouvons à la place de zo ou co, suivant l'orthographe du scribe de ce dernier poème, so par un s; transcription qui s'explique difficilement, sil'on ne suppose que le c initial avait alors le son de s sourd ; il est vrai on trouve encore zo et non so dans les trois Sermons limousins publiés également par M. P. Meyer^ ; mais dans les monuments postérieurs z initial n'apparaît plus qu'exceptionnellement à la place de c, par exemple dans zai dans une charte de 1122 ^ ; et il y est presque toujours devant une voyelle non palatale représenté par 5. Il y a plus, s se substitue aussi à c suivi d'une voyelle palatale, ainsi sembel pour cembel dans le Girart de Rossilho, B. Chr. 33, 39 et 34, 15 ; et si cette orthographe, absolument inexplicable si c n'avait pas alors un son analogue à celui de s sourd, est rare dans les monuments du xii^ siècle, elle devient fréquente dans ceux du xiii^ ; et à partir de la seconde moitié de ce siècle, les scribes emploient non-seulement indifféremment s pour c initial, mais parfois même c pour s, p. ex. cenhor et senhor (seniorem) dans Lunel de Monteg, B. Chr. 356, 3 et 355, 3 ; ceser pour sezer (sedere) dans Guillem de Gerveira, B. Chr. 298, 23, etc. Ainsi on ne peut douter que, comme un peu plus tard dans la langue d'oïl, le c initial provençal n'ait pris la valeur de s sourd ; il en fut de même le plus souvent, comme nous allons voir, du c médial^.