‹ Du caféChapitre 4 sur 10 · I. iv,p. ins · texte numérisé non relu

I. iv,p. ins

(3) Nouveau Diclionnaiio Je niéd. et du chir. prat., art. Café, l. VI, p. iS.

chand raconte comment il a été amené, en quelque sorte malgré lui, à admettre cette action du café. Un de ses clients, atteint d'une blennorrhagie aiguë, avait chaque nuit des érections trèsfréquentes et très-pénibles que n'avaient pu calmer aucun des moyens habituellement employés en pareil cas. Le malade voulut pour échapper à ce supplice éviter le sommeil, et, pour cela, prit du café noir très-fort. Contrairement à son attente il dormit mais n'eut aucune érection. Averti, M. Marchand crut devoir l'engager à suspendre son café : la corde reparut la nuit ; «il fallut, dit en terminant l'auteur, accepter le moyen que nous offrait le hasard, et reconnaître l'effet anaphrodisiaque du café. » Des faits analogues se trouvent dans les thèses de MM. Macé (1) et Chicou (2). D'après mon excellent maître M. le D"^ Martin-Damourette (3), ces faits seraient loin d'être rares dans la pratique.

Larésistence que rencontre l'admission de cet effet du café a pour cause la fausse appréciation de l'action générale de cet agent. Le café est un excitant général, dit-on ; donc il doit exciter et non calmer la fonction génitale. Pour moi on sait déjà que je suis loin de considérer ce médicament comme l'analogue physiologique de ceux que l'on a coutume de ranger dans la classe des excitants; aussi n'ai-je aucune hésitation à admettre son action anti aphrodisiaque et aucune difficulté à interpréter cette action. J'y vois la conséquence toute naturelle du rôle d'agent vaso-moteur que joue la caféine, et je ne suis pas étonné de la voir partager cette propriété de refroidir le sens génital avec toutes les substances qui jouent le même rôle; témoin le bromure de potassium, l'ergot de seigle, la digitale. C'est là un simple effet de la décongestion sanguine de l'organe copulateur par la contraction des fibres musculaires tant des corps caverneux que de leurs artères afférentes, effet auquel s'ajoute

(1) Thèse de Paris, 1853.

(2) Thftae de Paris, 1859.

(3) Leçons orales inédites.

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