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CHAPITRE IV

Note sur l'hybridité cancéro-syphilitique de la verge et du testicule. Observations.

Parmi les observations suivantes, il en est quelquesunes qui montrent le développement assez rapide d'un cancroïde sur la verge après des manifestations syphilitiques répétées : la lésion avait-elle des caractères particuliers au point de constituer un état mixte comme dans la région buccale? Par la description que l'on en fait, l'on ne peut donner de réponse affirmative.

Mais ce qui nous semble incontestable, c'est que la tare syphilitique a persisté et a produit un point faible, sur lequel a paru l'épithélioma ; ce qui ne l'est pas moins encore, c'est que le néoplasme a évolué rapidement et n'a déterminé aucun phénomène douloureux, sauf dans un cas, où l'élément syphilitique n'était plus capable de lutter avec le cancer, qui était devenu la maladie totius substdntiœ.

Une seule observation (obs. XLIII) mentionne le retentissement ganglionnaire, au point de vue de la double pathogénie que nous avons mise en relief à propos de la région cervicale. On y lit que la tuméfaction glandulaire a subi une diminution après l'ablation de la verge, et l'auteur fait cette remarque, qu'il est porté à croire que cet engorgement n'était en partie qu'un reste de l'affection vénérienne, et il en tire cette déduction que, en pareil cas, on ne doi t pas s'nmpresser d'enlever la masse ganglionnaire.

Des trois observations XLVI, XLVII et XLVIII, les deux premières sont des exemples que le chancre peut revêtir l'aspect de l'épithélioma, et la dernière, que l'épithélioma peut simuler un chancre phagédénique : telle est du moins, pour ce cas, l'interprétation qui nous paraît le plus près de la vérité, contrairement à l'opinion de l'auteur qui admet un cancroïde compliqué de chancre phagédénique.

Ces faits sont trop peu nombreux pour nous donner le droit de discuter les rapports des deux diathèses dans cette région. Aussi nous sommes-nous contenté de relever les points les plus saillants.

C'est ainsi que nous avons encore agi au sujet des observations qui suivent et qui concernent des cancers du testicule, tout en faisant remarquer que les relations des deux maladies constitutionnelles s'y dévoilent plus clairement.

Observation XLII (résumée)..

Cancroïde de la verge chez un syphilitique. Amputation. Guérison. (JuUien. Th. 187:^ Amputation du pénis, p. 100.)

Jean G..., 64 ans, a éLé atteint durant sa jeunesse de nombreuses maladies vénériennes : blennorrhagie, chancres et accidents secondaires. 11 y a douze ans, vives démangeaisons à la surface du gland, sur lequel apparaît un boulon qui dégénère en un énorme cancroïde, envahissant la moitié de la verge, sans amener de vives douleurs.

Actuellement, tumeur de la grosseur d'un œuf d'oie, irrégulière, inégale, ayant détruit le gland et envahi les corps caverneux, très vasculaire, indolente à la pression, ulcéreuse en certains points, d'aspect papillaire en d'autres. DétriLus sanieux; bords saillants très congestionnés; peau de la verge amincie, mon ulcérée, mais rouge et enûammée; corps caverneu.x ibrlu- Oze.TDe. g

ment indurés: ganglions inguinaux indurés. État général : débilité.

Amputation au fer rouge ; résultat opératoire bon.

Observation XLIII (résumée).

Syphilis antérieure. Epithélioma du pénis. Amputation. Guérison. (Par Fourneaux-Jordan. Birmingham med. R,, 1877, n» 26.)

Tailleur de 38 ans, ayant eu il y a dix-sept ans un chancre et un bubon, sans manifestations secondaires. Il y a un an, petite tumeur sur le gland qui, par suite d'irritation, augmente peu à peu de volume. Finalement le pénis tout entier fut épithéliomateux : hypertrophie et induration des ganglions de l'aine; phimosis. Amputation au niveau du pénis. Un mois et demi après, guérison. Diminution du volume des ganglions.

L'auteur remarque que dans les tumeurs syphilitiques la maladie et l'induration ne portent pas sur le pénis tout entier; qu'il n'est pas toujours nécessaire d'extirper les ganglions quand ils sont peu atteints, comme dans ce cas; enfin, il est probable que l'affection n'était qu'un reste de la maladie vénérienne antérieure.

Observation XLIV.

Chancre récidivant de la verge, suivi d'épithéiioma. (The med. Record, avril 1877.)

Le 13 décembre 1876, un homme de 65 ans fut admis à King's Collège Hospital. Sept ans avant il avait eu un chancre, suivi un mois après d'une éruption secondaire cutanée et de douleurs dans les jambes plus fortes la nuit. Le chancre se ferme graduellement, mais douze mois après il réapparaît à son ancienne place à la suite d'excès de boisson : il se ferma de nouveau en trois semaines, puis il revint quatre ou cinq fois. Le malade dit que ces réapparitions avaient toujours été précédées d'excès alcooliques, et n'avaient jamais été dues à de nouveaux rapports sexuels.

Pas d'antécédents héréditaires de cancer.

Six semaines avant son admission une ulcération s'était montrée à la place ordinaire, mais au lieu de se fermer dans le temps accoutumé, elle s'était étendue et avait aussi été le siège d'une

grande douleur, symptôme qu'elle n'avait pas présenté auparavant.

A l'entrée du malade à l'hôpital, on trouvait des taches bnm rouge sur la poitrine et l'abdomen. La moitié gauche du gland était excessivement indurée dans la profondeur; à la surface elle présentait une ulcération irrégulière, érodée et légèrement nodulée, dont la base était indurée, et qui était recouverte par place d'une partie mortifiée verdâtre : bords élevés, renverj>és, légèrement nodulés; très peu de suppuration. L'induration s'étendait en arrière, et comprenait la partie antérieure du pénis, se fondant graduellement avec le tissu normal; la partie était très douloureuse et sensible à la pression. Le long de la racine de la verge il y avait une corde indurée, irrégulière, interrompue et douloureuse. Les ganglions inguinaux, durs, lobulés, semblaient plus volumineux qu'on ne les rencontre ordinairement dans la syphilis. Le malade était émacié et cachectique : on proposa Tamputation de la verge, mais le malade n'y consentit pas.

Observation XLV (résumée).

Contagion syphilitique antérieure. Cancer épithélial du pénis. Amputation de celui-ci. Albuminurie. Pleurésie. Erysipèle gangreneux. Mort. (Frericks. Traité des mal. du foie, 2^ éd., p. 443.)

C. Schmidt, journalier, 33 ans, avait naguère souffert pendant longtemps des accidents secondaires de la vérole.' Six semaines avant son admission il fut opéré d'un cancer épithélial du pénis, et le 9 septembre, ayant été atteint d'un épanchement dans la plèvre droite et d'hydropisie générale, il fut apporté à la clinique médicale de Breslau.

Malgré différents traitements dirigés contre les épanchements séreux, l'état du malade s'aggrave peu à peu, et le 12 novembre un erysipèle gangreneux de la cuisse et du scrotum amène la mort.

Observation XLVI (résumée).

Chancre syphilitique d'aspect épithéliomateux. (Communiquée par M, le D'' Fournier.)

t)... (Antoine), 57 ans, entré h l'hôpital le 27 mars 1880. Quel* ques antécédents strumeux. En novembre 1879, quinze jours

après des rapports S(;xiiels, appariLion sur le côté ganche du gland d'une ulcération qui augmente d'étendue ^'raduellement, puis s'améliore, mais ne disparaît pas enlièrement. Difï'érenLs accidents secondaires. Actuellement, le gland est turgescent, rouge; le piépuce est œdémalié; dans le pli balano-préputial, rougeur intense et quelques syphilides érosives.

La face inlero-postérieure du gland est occupée dans toute son élendue par une ulcération de la largeur d'une pièce de 2 francs au moins, en forme ri'écusson, à centre jaunâtre, lisse, h périphérie rouge, d'aspect musculaire, à bords calleux, proéminents, mais ni élagés, ni taillés à pic, et à base très indurée, de façon qu'on peut, en la détachant des parties voisines, soulever en masse les bords et le plateau ulcéré. L'aspect est bien celui du. chancre épithéliomateux.

Autres syphilides sur la surface tlu corps.

Observation XL.VIl (réiumée).

Syphilide ulcéreuse, d'apparence épithéliomateuse de la verf^e. Traitement spécifique. Guérison. (Service de M. Nunn, à Middiessex Hospital. The Lancet, 25 janv. 1868.)

Robert D..., 70 ans. Large ulcération circulaire située juste au point de jonction du pénis et du scrotum, du diamètre de 1/2 pouce. Lii segment postérieur du bord de l'ulcération est élevé, semblable au bord d'un épithélioma. Au contraire, le segment antérieur n'est pas élevé et de plus tend à se cicatriser. Des d(!iix côtés l(;s ganglions inguinaux sont engorgés. Le début a été un petit bouton il y a 6 mois. Il fut cautérisé plusieurs lois à un hôpital où l'on porta le diagnostic de cancer. Quoi qu'il un soit à son arrivée dans le service de M. Nunn, l'ulcération é;ait recouverte d'une pommade au précipité rouge. La cicatrisation de la partie antérieure engagea ce chirurgien à le traiter comme syphilitique par le bi-iodure de mercure. La cicatrisation était complète le 11 juillet, c'est-à-dirje après trois semaines.

Observation XLVIIl (résumée).

Cancroïde papi'.laire de la verge, couvert d'un chancre phagédénique. Amputation. Récidive. Mort. (Lebert. Anat. pathol., t. I, p. 144, obs. LUI.)

Homme de 46 ans. Plusieurs blennorrhagies et chancres. Dix ans après, ulcération probablement tuberculo-crustacée de la lace et de la lèvre inférieure. 11 ans plus tard, après commerce sexuel fréquent, apparition sur un des côtés du gland, d'une tumeur blanchâtre, dure, qui envahit le gland. Induralion de la verge. Destruction du gland sans douleurs. Le malade est admis au Midi, on constate que la plaie offre l'aspect d'un chancre plagédénique serpigineux. Les ganglions inguinaux et cervicaux sont intacts.

Traitement ioduré sans succès. Extension de l'induration. Opération le 23 mars. Sortie 3 semaines après. Récidive.

Observation XLIX.

Syphilis antérieure. Encéphaloïde du testicule. (H. Petit. De locis minoris resistentiae. Gaz. hebd. de méd., n° 45, 5 nov. 1875.) (Obs. XIX, communiquée par M. Fournier).

M. X... contracte la syphilis en 1859; il suit un traitement pendant plusieurs mois et les accidents disparaissent. En 1873 survient un sarcocèle du testicule, qui guérit après 2 ou 3 mois de traitement par le mercure et l'iodure de potassium, mais en laissant des traces d'induration.

Plusieurs mois plus tard, nouvelle tuméfaction du même testicule avec hydrocèle. Le traitement spécifique est repris, mais inutilement; le testicule grossit de plus en plus; il se forme un abcès gazeux des bourses. La tumeur, devenue énorme est enlevée en 1874 par M. Péan. C'était un encéphaloïde type avec kyste central. Les suites de l'opération furent simples, la cicatrisation hâtive, mais l'état général resta mauvais. 11 survint de l'œdème des membres inférieurs, de l'oppression, signes évidents d'une récidive dans les viscères, et 4 mois après l'opération le malade mourut.

Observation L (résumée).

Syphilis antérieure. Cancer primitif du testicule pris pour un testicule syphilitique. Paraplégie considérée aussi comme étant de nature syphilitique. Mort. (Par Rendu. Bull. Soc. anat., juin 1870.)

M...., 29 ans, entré le 0 avril à l'hôpital Saint-Antoine, d'apparence débile, fait remonter les accidents qu'il éprouve à un chancre, contracté en 1859. Gomme accidents secondaires, quelques taches sur la peau. Traitement inconnu pendant quelque temps.

Bonne santé de 1859 à 1869. A cette époque, tuméfaction indolente du testicule gauche, presque doublé de volume. En août douleurs lombaires avec sensation de constriction abdominale. En septembre et octobre accroissement de ces douleurs qui deviennent continuelles avec exacerbations nocturnes.

En janvier admission au Midi : M. Mauriac diagnostique un testicule syphilitique avec début de paraplégie et donne l'iodure de potassium, qui amène une amélioration notable.

En mars retour des douleurs, affaiblissement des membres inférieurs, obtusion de la sensibilité; paresse intestinale et vésicale.

A l'entrée à l'hôpital : testicule gauche triplé de volume, bosselé, irrégulier, dur et lourd au toucher présentant une résistance élastique, non fluctuante. Peu ou point de liquide dans la tunique vaginale. Indolence complète de la tumeur, dont on distingue deux bosselures plus volumineuses, qui représentent probablement la tête et la queue de l'épididyrae indolentes également.

Gordon empâté. Testicule droit petit, atrophié.

Pas de gibbosité. Sensibilité des deuxième, troisième et quatrième vertèbres lombaires.

Paraplégie complète. Diminution de la sensibilité des membres inférieurs. Sensibilité réflexe affaiblie.

Traitement à l'iodure de potassium (1-3 gr.).

Aucune amélioration : au contraire ; douleurs plus vives en ceinture. Diarrhée. Amaigrissement. OEdème. Eschare. Mort.

A l'autopsie on trouve un sarcome du testicule avec généralisation aux viscères et à la colonne vertébrale.

Observation LI (résumée).

Carcinome du testicule chez un syphilitique. (Par Herpin. Bul. Soc. anatomique, 1876, p. 130.)

Ch. B..., 36 ans, employé de commerce, est syphilitique depuis 2 ans. Il y a 5 ou 6 mois il constata sur le testicule gauche une petite tumeur arrondie et dure; bientôt il se forma un épanchement dans la tunique vaginale, qui augmenta peu à peu au point de masquer le testicule.

La ponction donne issue à un liquide citrin et on constate les modifications suivantes dans la consistance et le volume du testicule.

Il est induré dans sa totalité; par places on rencontre des noyaux plus durs, mais nulle part on ne trouve l'induration en plaques.

L'épididyme est très développé et forme une sorte de bourrelet saillant nettement isolable, qui surmonte le testicule. D'une dureté ligneuse, il présente çà et là des inégalités et des bosselures. Le cordon, tout en ayant conservé sa souplesse, est doublé de volume. Dans la fosse iliaque empâtement profond.

Le malade accuse des douleurs non pas dans le testicule luimême, qui peut être impunément serré entre les doigts, mais des douleurs irradiées dans l'abdomen et le membre inférieur gauche jusque dans le pied.

Autres organes sains. Bien que la quantité du liquide, le volume du cordon et les douleurs ne permissent guère de penser au testicule syphilitique, on soumet cependant le malade au traitement spécifique.

Ce traitement n'ayant amené aucun résultat, l'ablation de la tumeur est faite le 10 février par M. Horteloup.

L'examen histologique dénote la nature carcinomateuse de la tumeur, qui, en outre, offre un développement anormal du tissu libreux. (Cet état pourrait peut-être être attribué à l'influence de la syphilis?)

Observation LU (résumée).

Syphilis antérieure. Testicule syphilitique. Guérison, puis sarcome d'aspect encéphaloïde du même testicule. CastratioD.(Par Meunier. Bull, de la Soc. anat., juillet 1881.)

P... Georges, 35 ans. Chancre passé inaperçu. En 1868 engorgement des ganglions du cou, qui cède au Irailement raercuriel.

En 1870 contusion sur le pommeau de la selle du testicule droit, qûi reste à l'avenir plus dur et irrégulier. Un médecin diagnostique : testicule syphilitique et donne de l'iodure de potassium et du mercure en frictions. Au bout de plusieurs mois, retour du testicule à sa première forme. Durant toute cette période, pas de douleurs.

En décembre 1875 arthrite du genou qui résiste au traitement spécifique et disparaît par l'application des pointes de feu.

En 1879, iritis et plaques cuivrées de la région antérieure de la poitrine. lodure et mercure sont ordonnés par M. Sichel. Guérison.

En 1880 douleurs apparaissent dans le testicule et dans le basventre. Reprise du traitement, qui ne produit aucune amélioration. Le testicule augmente de jour en jour et s'accompagne d'une hydrocèle. Ponction. Injection iodée. Formation de plusieurs abcès, qui, incisés, donnent issue à du sang noirâtre et à des débris membraneux. Le testicule augmente de volume. Nouveaux abcès. Fistules. Apparition de plusieurs champignons rouges, suintant continuellement. Plusieurs hémorrhagies.

Le 29 juin, testicule a le volume des deux poings. La forme est ovoide, sa coloration violacée, sa consistance ferme en certains points, ramollie et presque fluctuante en d'autres, sa surface irrégulière et bosselée.

Ablation. L'examen microscopique montre que la tumeur, quoique d'aspect encéphaloïde, doit être rangée dans la classe des sarcomes.

Observation LUI (résumée).

Syphilis antérieure. Cancer encéphaloïdè du testicule. (Nepveu. Contribution à l'étude des tumeurs du testicule, 1872.)

Nar..., 35 ans, entre le 21 mars 1872, pour une tumeur du testicule gauche, dans le service de M. Verneuil. Il a en un chancre induré, il y a douze ans, des plaques muqueuses, elc. Blennorrhagie légère il y a deux ans, sans orchite ; h la suite, le malade constate une grosseur du volume d'une noisette, au dehors du testicule gauche, tenant au testicule comme une hille; cette tumeur, dure, indolente, se confond en quelques mois avec le testicule qui augmente de volume ; depuis deux ou trois mois il semble que la tumeur s'est ramollie; de temps en temps rougeur dans le scrotum et quelques élancements ; mais en général il n'y a pas de véritables douleurs.

Au moment de l'examen, pas d'amaigrissement, pas de tumé faction ganglionnaire; aucun accident syphilitique; cordon sain^

La tumeur est grosse comme un œuf de dinde, régulière, sans bosselures, élastique et fluctuante comme une hydrocèle bien tendue, sans transparence. L'épididyme n'est pas distinct ; et à la partie postérieure de la tumeur est une espèce de massç un peu allongée et dure. Pas de douleur à la pression ; sensation spéciale testiculnire disparue depuis quinze mois; scrotum tf.-ndu, lisse, mobile, sillonné de grosses veines.

A la partie supérieure de la tumeur, masse saillante, molle, très fluctuante, modérément tendue, analogue à un kyste annexé à la tumeur principale.

Ablation le 4 avril. Dans les jours qui suivent l'opération, surviennent de l'amaigrissement et successivement de l'engourdissement et de l'œdèmu du membre inférieur correspondant, dont la peau L'St le siège d'une dilatation énorme du réseau veineux; la moitié gauche du scrotum présente également la dilatation des veines honteuses externes.

Au-dessus du pli inguinal, dans la fosse iliaque, apparaît une tuméfaction ferme, résistante, non mobile, profonde et non douloureuse. Le malade quitte l'hôpital le 4 mai.

L'examen histologique, pratiqué par M. Nepveu, démontre la nature cancéreuse de la tumeur, variété encéphaloïdè.

Observation LIV (résumée).

Syphilis antérieure. Tumeur encéphaloïde du testicule. Généralisation. Mort. (Noël. De l'hybridité morbide. Th. de Paris, 1878, obs. XI.)

Bardez, 44 ans ; section des chroniques de Bicêtre ; transporté h l'infirmerie ; douleurs dans les reins et le ventre; tumeur dure, volumineuse du testicule droit. Mort.

L'autopsie démontre une tumeur encéphaloïde du testicule avec généralisation à la colonne vertébrale, etc.

Observation LV (résumée).

Syphilis antérieure. Kncéphaloïde du testicule. (Par Boucher. Bul. Soc. anat., janvier 1865.)

Cet encéphaloïde présente un degré tel de ramollissement qu'il a été pris par un chirurgien pour une hématocèle ou un kyste. Il y avait une hémorrhagie dans la substance morbide.

Le malade était un homme de 44 ans, qui avait eu des accidents syphilitiques il y a trois ans, et qui faisait remonter à cette daie l'apparition de la tumeur.

En observant l'époque à laquelle est survenue la tumeur cancéreuse par rapport à la lésion syphilitique antérieure, on constate que les observations précédentes se partagent en deux groupes. Dans le premier se rangent celles dans lesquelles le cancer s'est manifesté très peu de temps après le sarcocèle et quelquefois même sans période d'interruption. Le second groupe concerne les malades qui ont paru jouir d'un testicule normal pendant quelques années, entre les deux périodes morbides.

Que l'on considère la date d'apparition de l'un ou de l'autre de ces cancers, nous n'en restons pas moins convaincu que la syphilis a été une cause occasionnelle

puissante d'appel ; et si le fait ne peut être mis aucunement en doute, lorsqu'on voit à un syphilome succéder immédiatement le néopJasme, si, de cette sorte, le locus xninoris resistentiœ est évident, de même dans les au très cas l'hypothèse est presque une certitude, car dans cette région existe une double cause, favorable à l'éclosion du cancer.

N'est-ce pas bien souvent à la suite d'excès, de surmenage, de p''ouesses érotiques, comme le professe M. Fournier, que l'on assiste au début du sarcocèle syphilitiqiie ? L'organe incapable de résister, offre à la syphilis un terrain bien préparé (Reclus) (1) dont elle s'empare et qu'elle n'abandonne qu'après y avoir porté des ravages qu'elle ne pourra jamais réparer. La résistance est aussi minime qu'elle peut l'être et la» localisation de la diathèse cancéreuse latente aussi imminente que possible.

Règle générale, on trouve, pour le testicule, le même caractère d'indolence que dans les autres parties du corps ; et, lorsque des douleurs ont été mentionnées, tantôt le traitement spécifique les a fait disparaître, comme dans (l'obs. L), ce qui ne peut faire douter de leur origine vénérienne; tantôt elles n'ont fait irruption qu'à la dernière période de l'affection, alors que la diathèse syphilitique était devenue incapable de lutter avec le cancer, était véritablement annihilée. Dans ces circonstances, elles n'étaient donc imputables qu'à une seule maladie et nullement à l'alliance des deux états morbides.

L'obs. LI nous paraît un exemple d'hybridité assez nette pour être spécialement signalée. Les symptômes

(1) Reclus. Syphilis du testicule, p. 81, 4882.

transmis par l'auteur doivent être rattachés aux deux diathèses, dont l'une, la syphilis, après avoir tout d'abord tenu le premier rang, a disparu en apparence, mais non réellement; car, par l'examen histologique de la tumeur testiculaire, on a reconnu qu'elle était de nature carcinomateuse, il est vrai, mais qu'elle offrait en outre un développement anormal de tissu fibreux, état que l'auteur attribue, sans être absolument affirmatif, à l'influence de la syphilis.

Quant aux autres observations, nous ne les relatons que pour les ajouter à la liste des cancers développés chez les syphilitiques.

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