‹ Du cancer de la colonne vertébraleChapitre 4 sur 11 · FORME SECONDAIRE · texte numérisé non relu

FORME SECONDAIRE

Fidèle au plan que nous nous sommes tracé, nous décrirons successivement : A. le cancer secondaire

par extension ou parpropag-ation, B. le cancer secondaire par généralisation. Ce n'est pas sans arrièrepensée, disons-le en commençant ; car, plus nous avançons dans l'examen si complexe des faits, soit que, concentrant exclusivement notre attention sur chacun d'eux en particulier, nous recherchions la nature intime de chaque lésion, le passag^e presque insensible de l'une à l'autre, soit qu'au contraire nous plaçant à un point de vue plus élevé, et prenant ces mêmes faits isolément, nous comparions les phénomènes morbides les plus éloig'nés, plus nous sommes persuadé que tous se ressemblent et n'offrent de différence que pour nos yeux encore mal exercés. Cet espace, si limité qu'il soit, cette distance, si courte qu'elle puisse paraître, sont les seuls obstacles qui ne permettent pas de découvrir le trait d'union. Rien d'étonnant, dès lors, que tant d'hypothèses aient vu le jour : hier c'était le sang' ; aujourd'hui c'est le tissu conjectif; demain peutêtre ce sera autre chose. Et pourtant il existe, ce trait d'union. Faut-il donc se prononcer? Pour nous, nous préférons attendre et retourner à nos observations.

A. Cancer secondaire par extension ou par propagation.

M. Gruveilhier a dit quelque part, dans son A tlas danatomie pathologique : « Le cancer non circonscrit est en g-énéral limité à une partie d'os ou à un seul os. » Nous ajouterons a à la simple vue », et nous avons dit pourquoi.

Les observations relativement nombreuses Hc eancers secondaires par extension ou j)ar propag-ation de la colonne vertébrale qu'il nous a été donné de lire, otfraient ceci de commun que dans toutes, xCs lésions étaient plus inarquées au milieu des corps vertébraux que sur les autres points des vertèbres. Ce qui semble indiquer que, puisque les parties les plus altérées dans les néoplasies répondent en t>*énéral à celles qui sont les plus anciennes ou les pre/nières en date, le cancer primitif devait occuper, soit les parties antérieures, soit les parties latérales du rachis.

C'est qu'en effet, dans la majorité des cas, le cancer primitif paraissait avoir débuté par les reins, le pancréas, le rectum ; d'autres fois, le cancer primitif était très-éloig*né et se propageait à la colonne vertébrale par l'intermédiaire des g'ang-iions prévertébraux.

Ce siég*e, tout spécial, si fréquent et si favorable du cancer primitif suffît-il à expliquer le début par les corps vertébraux.^ Oui et non. Quoique nous n'ayons pas rencontré de cancer primitif à la partie postérieure du tronc, qui se soit propagée à la colonne vertébrale, nous pensons cependant qu'il est dans la structure des vertèbres, des conditions qui favorisent cette propag-ation aux corps vertébraux. Les lames et les apophyses sont peu riches en tissu spong'ieux où prédoiriinent un tissu conjonctif jeune (éléments de la moelle) et des vaisseaux par la voie desquels se font les échangées nutritifs : et,

-de même que pour les os des membres, ce sont les épiîohyses,et très-raremenilesdiaphyses, qui sont !e siég^e du cancer, quelle qu'en soit du reste la forme, de même les corps des vertèbres sont là comme des centres où les premiers pbénomènes néoplasiques apparaissent, et souvent entre le cancer primitif et le cancer secondaire du corps de la vertèbre, le processus n'a laissé que quelques corpuscules du tissu conjonctif en voie de prolifération. Ceux-ci appartenaient soit à la tunique des vaisseaux (capillaires ordinairement), soit au tissu qui sert de substratum à ces derniers.

L'observation suivante, recueillie par notre excellent ami M. Henri Rondet, est intéressante à tous ces points de vue.

Obs. il — Sarcocèle coïncidant avec des tumeurs multiples de la fosse iliaque du même côté. — Signes d'obstruction veineuse dans le membre inférieur du côté opposé- Autopsie : Carcinome encéphaloïde des bourses. — Propagation aux ganglions prévertébraux et à la colonne vertébrale. — IMasses secondaires lélangiectodes dans le foie, les poumons et le cerveau probablement.

Jean Mathias, âg'é de 30 ans, entre l€ 27 août 1866 à riiôtel-Dieu de Lyon, salle Saint-Bruno (service de M. Perroud).

Il y a quatre mois, sans cause connue, le testicule droit se prit à grossir; puis, survinrent des douleurs le long" du trajet du cordon, et enfin apparut une tumeur dans le ventre.

Actuellement : Le testicule a le volume d'un œui

de poule, il est dur, bosselé, douloureux à la pression. Ld peau des boui'ses, à ce niveau, n'est ni l'ou^'e ni adhérente. L'épididyme et le cordon paraissent sains.

La fosse iliaque du même côté est le siég-e de masses multiples qui remontent jusqu'à l'ombilic, sans empiéter toutefois sur la lig^ne médiane. Douleurs lancinantes continuelles qu'exaspère la pression dans le flanc droit. L'examen des org-anes thoraciques ne dénote rien de particulier.

Le foie a son volume normal. L'appétit est diminué. Les dig'estions se font bien. Lég-ère constipation. Les urines sont un peu foncées mais ne contiennent ni pus, ni sang', ni albumine.

Le malade parait amaig'ri, il a perdu ses forces. Pouls, 96 ; peau chaude, sa coloration n'a pas chang-é.

Dans le courant du mois de septembre, le malade se plaint d'une toux quinteuse qui revient tous les matins, depuis quelques jours, et s'accompag'ne de crachats sang*uinolents. En outre, douleurs dans la fosse sous-épineuse droite. La prostration est telle qu'on ne peut ausculter la poitrme. Au commencement du mois d'octobre, on note quelques douleurs dans le pied g-auche. Cordons bleuâtres, durs et douloureux à la pression, sur la face interne de la cuisse du même côté. L'appétit a complètement disparu ; la faiblesse est extrême ; constipation opiniâtre; rétention d'urine; mort le 7 octobre 1866.

Autopsie. La tumeur des bourses, fendue suivant

son plus grand diamètre qui est vertical, semble avoirpi'is naissance dans le tissu cellulaire s jui unit le testicule à l'épididyme complètement intacts l'un et l'autre. Son tissu est blanchâtre. Par le raclag-e on obtient uneg'rande quantité de suc lactescent qui est composé d'éléments volumineux (noyaux et cellules i non adhérents et très-foncés en couleur ce qui tient au nombre considérable de granulations qui se trouvent dans leur mtérieur comme du l'este en dehors d'eux, où l'on rencontre, çàet là, des vestig-es d'une substance fondamentale peu épaisse, mais fibrillaire encore dans certains points.

A l'ouverture de l'abdomen, on voit les intestins déjetés à g^auche par des masses énormes, mamelonnées, qui envoient des prolong-ements jusque dans la cavité thoracique par les ouvertures qui se trouvent a la partie postérieure du diaphragme. Elles paraissent développées aux dépens des g'ang'iions prévertébraux, ce que confirme l'examen microscopique.

La veine cave inférieure, comprise dans la partie la plus volumineuse de ces masses, est perforée à g-auche par un prolong'ement qui s est pédiculisé au niveau de l'orifice d'entrée. Ce prolong'ement est renflé dans sa partie libre qui flotte sur une long-ueur de 6 cent, dans le sens du courant sang'uin.

Le rein droit est envahi et sa substance propre a presque complètement disparu. Le tissu nouveau est toujours blanchâtre, il donne beaucoup de suc par le raclag'e.

Le foie et l>*s poumons sont farcis (ie masies roiig'eàtres plus on moins rainollius, ayanl un volume qui varie entfe celui d'une noisette et celui d une gTOSse orangî.e. Examinées au microscope, elles paraissaient presque exclusivement formées des mêmes éléments que la tumeur testiculaire, à cette différence près, que le stroma au lieu d'être formé de tissu conjonctif était représenté par des vaisseaux capillaires ayant l'aspect moniliforme.

Le cerveau était aussi le siég'e à sa supei'Bcie de trois petites tumeurs de lag'rosseur d'une amande. L'examen microscopique n'en a pas été fait.

Pour ce qui est de la colonne vertébrale, sur une coupe portant sur les corps vertébraux, on voyait après le lavag'e les aréoles du tissu spong^ieux, agTandieset remplies d'une moelle blanchâtre assez facilement énucléable, au centre du moins. A la périphérie des corps vertébraux, cette coloration n'était plus aussi nette, la moelle était jaunâtre et plus adhérente aux aréoles du tissu spong'ieux. Au microscope, sur des tranches très-minces^ on voyait au milieu de la substance fondamentale des espaces anfractueux, résultant de la fusion de plusieurs canalicules de Havers , remplis d'éléments volumineux où la forme nucléaire prédominait avec un g'rand nombre de granulations moléculaires, tant à l'intérieur qu'en dehors des éléments. Ces espaces communiquaient avec d'autres beaucoup plus considérables (aréoles du tissu spong'ieux); là, plus de trace de tissu osseux mais seulement les mêmes élé-

ments volumineux, remplis de gouttelettes graisseuses et dont plusieurs se désag-régeaient par la rupture de leurs parois et la mise en liberté du contenu. Voilà pour le centre des corps vertébraux ; à leurs limites en avant, le tissu osseux était intact. Seules, les aréoles du tissu spongieux contenaient moins de g-raisse qu'à l'état normal et un g'rand nombre de noyaux à nucléole très-brillant, dispersés par g-roupes dans les mailles d'une substance fondamentale fibrillaire. Immédiatement au-dessous du périoste épaissi et adhérent d'une part aux masses g'ang'lionnaires dég'énérées , de l'autre aux corps vertébraux, on pouvait suivre sur des coupes des traînées sombres, allant les unes aux autres et constituées soit par des capillaires à une seule tunique dont les parois étaient couvertes de noyaux soit par ces mêmes noyaux^ mais plus volumineux en prolifération luxuriante au milieu d'une trame conjonctive relativement très-claire.

Ce qui frappe dans cette observation^ c'est d'abord ce carcinome encéphaloïde qui n'intéressait ni le testicule ni Fépididyme ; puis, cette propag-ation de la néoplasie primitive aux g-ang-lions prévertébraux, au rein droit, et de là, à la colonne vertébrale, sous la même forme encéphaloïde, avec des particularités vraiment remarquables sur lesquelles nous avons iong-uement insisté en ce qui concerne plus spécialement la marche du processus dans les corps vertébraux ; enfin ces vaisseaux constituant à eux

seuls la Iramepour les niasses seefmdaires des poumons et du t'oie. Fait très- important etqui montre bien, comme a cherché h l'établir très-justement du reste M. Coi*nil (/)?/ Cancer et de ses caractères anatomiques; Paris, 1866), (juc le cancer hématode ou télangnectode n'est qu'un carcinome encéphaloïde avec développement exag-éré des vaisseaux, amincissement et disparition de la trame de tissu conjonctif.

Telles sont les seules considératiops que nous avons cru devoir présenter sous le titre de cancer secondaire par extension ou par propag-ation de la colonne vertébrale, certain que nous sommes d'être bien près de la vérité en ce qui touche la parenté entre cette forme et la suivante.

B. Cancer secondaire po-r généralisation.

Ce serait une question bien intéressante que celle de savoir si le siég'e primitif d'un cancer dans tel ou tel org^ane, influe sur sa g*énéralisation dans la colonne vertébrale. Or, notre petite statistique ne porte que sur 22 cas de cancer g'énéralisé ou reg'ardé comme g"énéralisé à la colonne vertébrale :

Le sein était primitivement atteint . . 18 fois.

Le rein . . 2 —

Le tissu cellulaire sous-péritonéal. . 1 — La peau cicatrisée à la suite d'un ancien lupus 1 —

Il est donc certain que la localisation de la tumeur primitive a une influence décisive sur sa g"énéralisation dans la colonne vertébrale.

S'il en est ainsi , pourquoi la plus grande fréquence de cette g'énéralisation à la suite du cancer du sein ?

D'abord, le cancer véritable (carcinome fibreux, encéphaloïde; formes mixtes, variétés), est plus fréquent au sein que partout ailleurs ; et, de toutes les tumeurs dites cancéreuses , c'est celle qui a le plus de tendance à se g"énéraliser. La statistique s'est depuis long*temps charg^ée de le démontrer. Ensuite, le sein n'est pas un de ces org'anes indispensables à la vie. comme l'estomac par exemple , un cancer mammaire peut exister et la santé g'énérale n'être altérée que très-tardivement. Témoin cette dame que M. Gruveilhier a soig'née pendant seize ans d'un cancer du sein, et dont la santé g'énérale ne s'altéra que durant les six derniers mois de la maladie {Anatomie pathologique générale, t. V). Dans ces conditions, la tumeur se développe sans mettre la vie en dang-er, suit toutes ses phases, et a le temps de se g"énéraliser. M. Gornil {loc. cit.) a très-judicieusement apprécié ces diff'érents faits.

Enfin, il n'est pas jusqu'à cette coïncidence entre la g'enèse d'un néoplasme dans un tissu riche en éléments conjonctifs et l'apparition d'un autre néoplasme, dans un tissu riche aussi en éléments conjonctifs [tissu spongieux des corps vertébraux) ^ qui ne soit remarquable et dig-ne d'attirer l'attention.

M. Cazalis nous a exprimé sa manière fie voir à cet endroit, d'une façon un peu différente, mais qui démontre bien que la, filiation entre ces deux pliénomènes ne lui avait pas échappé. « Le tég'ument externe et le squelette, tout cela ne fait qu'un ; c'est surtout dans les cas de cancer de la peau ou de ses couches profondes que j'ai rencontré des masses secondaires g-énéralisées dans les os, et plus particulièrement dans la colonne vertébrale. »

Maintenant que nous avons essayé d'expliquer cette g-énéralisation plus fréquente à la suite du cancer du sein, voyons si les différentes formes du cancer véritable sont ég'alement favorables à la production de masses secondaires dans les corps vertébraux. Car, des nombreuses espèces anatomiques qu'on peut reg-arder en clinique comme du cancer et qui se voient aussi dans le sein, nous n'avons observé que le cancer véritable (carcinome) qui, développé primitivement dans cet org-ane, se soit g-énéralisé à la colonne vertébrale.

Sur 18 cas de cancer véritable du sein, nous trouvons :

IS squirrhes (carcinome fibreux), plus 1 squirrhe compliqué de masses colloïdes; en tout, 16 squirrhes.

1 carcinome colloïde primitif.

1 cas douteux appartenant à Gawriloff de Moscou. (L'auteur a bien écrit en haut de son observation que nous reproduirons plus loin, Carcinome de la mamelle droite^ mais sans spécifier davantag^e. Il

Tripier. 2

n'a pu étudier que les altérations des os et en particulier celles de la colonne vertébrale, consistant en un cancer épithélial à cellules cylindriques.)

Par conséquent, le squirrhe (carcinome fibreux) est le plus favorable à la production des masses secondaires dans la colonne vertébrale.

Pour cette même forme de squirrhe, il existe des variétés : sur 16 cas il est fait 10 fois mention des masses tuberculeuses à la périphérie de la tumeur et 9 fois la tumeur était ulcérée. Ces deux derniers caractères influent-ils sur la g-énéralisation à la colonne vertébrale? Nous sommes tenté de répondre par l'affirmative d'autant plus que dans quelques observations, on a omis de noter ces particularités.

Restent les questions relatives aux opérations, aux récidives, elles nous semblent déplacées dans cet article, aussi les poserons-nous de nouveau à propos du diag^nostic.

Pendant long'temps nous avons cru que c'était seulement dans les cas de cancer du sein que l'on rencontrait des masses g'énéralisées dans la colonne vertébrale.

Les faits nous ont forcé à chang-er de manière de voir. Nous avons pu, en effet, réunir quatre observations de cancer ayant débuté dans d'autres org^anes ou sur d'autres points et ayant ég'alement occasionnéla g-énéralisation dans la colonne vertébrale.

Deux fois, le rein avait été le siég^e du cancer primitif: dans un cas il s'ag'issait d'un carcinome té-

langnectode, dans l'autre d'un sarcome (tumeur fibro-plastique de Lebert\

Une fois, c'était dans le tissu cellulaire souspéritonéal que le squirrhe (^carcinome fibreux) semblait avoir pris naissance.

Une fois, c'était sur des cicatrices anciennes d'un lupus qu'on avait vu survenir des tumeurs vég-étantes cancéreuses (cancroïde à cellules cylindriques).

En résumé, le cancer primitivement développé dans différents org-anes et plus particulièrement dans le sein sous forme de squirrhe (carcinome fibreux) peut s'accompag'ner de g^énéralisation à la colonne vertébrale.

Il nous reste, pour être complet, à décrire les phénomènes que nous avons constatés dans cette partie du squelette.

Ici, plusieurs questions se présentent :

r Gomment et dans quels points débute la néoplasie ?

2" Les masses secondaires reproduisent-elles toujours anatomiquement les formes et 1rs variétés des tumeurs cancéreuses primitives qui leur ont donné naissance ?

3° Quels sont les phénomènes qu'occasionnent , par leur présence, ces masses secondaires?

1° Comment et dans quels points débute la néoplasiel

Dans la majorité des cas, c'est au centre des

corps vertébraux qu'on voit apparaître les premières modifications.

Nous ne voudrions pas cependant l'affirmer ; car il nous est arrivé de rencontrer des gTanulations et même de g'rosses tumeurs secondaires sur la dure-mère rachidienne.

11 est vrai que dans ces cas on trouvait aussi des masses déjà très-développées dans les corps vertébraux de telle sorte qu'on ne pouvait pas savoir quel avait été le point primitivement envahi. D'autre part, M. Verneuil nous a dit avoir observé chez une dame paraplég-ique qui portait un cancer du sein, une tumeur à la partie postérieure de la rég-ion lombaire sans affaissement des corps vertébraux. Il porta le diag^nostic suivant : Cancer primitif du sein avec cancer secondaire de la colonne vertébrale ayant amené la paraplég^ie.

L'autopsie n'a pas été pratiquée; ce quiôteàce fait de savaleur. Ainsi donc, jusqu'à plus ample informé, c'est au centre des corps vertébraux que débutent les premiers phénomènes néoplasiques. Inutile de rappeler que c'était aussi au centre des corps vertébraux que la néoplasie semblait avoir pris naissance dans l'observation II, relative au cancer secondaire par extension ou par propag-ation.

Nous ne possédons que deux pièces montrant bien ce qui se passe au sein du tissu osseux avant qu'on puisse apercevoir les éléments caractérisques, si Ton veut bien nous passer cette expression : l'une a été trouvée sur une femme du service deM.Gharcot,

morte decancermammaire,dontrobservation n'a pas été prise; l'autre a été recueillie sur une femme du même service, mais dans ce cas, le cancer primitit était constitué par des tumeurs vég*étantes (cancroïde à cellules cylindriques) développées sur les cicatrices anciennes d'un lupus de la face, et peutêtre y a- t-il encore matière à discussion sur la question de savoir si le néoplasme rencontré comme par hasard dans la colonne vertébrale était de l'enchondrome véritable ou simplement du tissu ostéoïde ; c'est ce qui nous fera renvoyer la description de cette seconde pièce, en manière de réponse, à l'article suivant. Par conséquent, nous n'utiliserons que la première, bien que nous soyons intimement convaincu que toutes deux puissent servir à jug"er la même chose: le processus initial du cancer par g'énéralisation de la colonne vertébrale.

C'est une coupe du corps de la deuxième vertèbre lombaire. Sur la lig'ne médiane, à la partie inférieure tout près du disque intervertébral, on aperçoit à l'œil nu une petite masse blanchâtre, nacrée, du volume d'un pois à cautère, avec un prolong'ement qui la relie au disque intervertébral voisin. Les aréoles du tissu spong-ieux environnant sont moins larg-es. La substance osseuse qui les limite paraît plus épaissie ; elle se rapproche comme coloration de celle de la petite masse. Sur des tranches très-minces, on voit, au microscope, les différentes portions de la substance osseuse normale avec ses systèmes de lamelle parfaitement rég-uliers et ses

ostéoplastes, réunis par un tissu nouveau qui ne ressemble qu'imparfaitement au tissu osseux véritable. Il est constitué par une substance fondamentale, hyaline, transparente mais qui paraît faseiculée à la façon de celle du tissu conjonctif à la suite de l'addition d'une g-outte d'acide acétique. Au milieu d'elle se trouvent des cavités assez nombreuses par places, mais g-roupées irrég^ulièrement et dont la forme et les dimensions varient suivant les points où on les considère. A la liuiite du tissu osseux normal, elles sont identiques aux ostéoplastes à cela près qu'elles auraient un volume un peu plus considérable et que les canaliculi formeraient, lorsqu'ils existent, un chevelu embrouillé; le noyau qu'elles contiennent est très-réfring'ent. Au centre du tissu nouveau, elles ont de 0,04 à 0,02 de mill. et sont toujours ovoïdes, quelques-unes pourtant sont arrondies. Leur noyau, qui possède les mêmes caractères, est entouré d'une membrane de cellule ratatinée en certains points, dans d'autres considérablement distendue, et alors l'élément complet remplit la cavité. Voilà pour les préparations où le processus semble arrêté. Il est un premier stade que nous n'avons fait qu'entrevoir sur une autre pièce et dans lequel les espaces médullaires étaient remplis de corpuscules du tissu conjonctif anastomosés; l'addition d'une g^outte d'acide acétique donnait encore à la substance fondamentale ce reflet blanchâtre que nous avons sig*nalé.

Dans un stade plus avancé et consécutif à celui

OÙ le processus paraissait stable, non-seulement la substance Ibnclamentale du tissu nouveau paraissait surbaissée par rapport à celle du tissu osseux normal, mais encore les cavités étaient considérablement agTandies et contenaientles mêmes éléments en prolifération. Les espaces médullaires véritables étaient ai^M^andisaux dépens de l'os normal qui était anfraetueux. Les ostéoplastes avaient pris des dimensions considérables en même temps qu'ils contenaient un ou plusieurs éléments conjonctifs.x4u niveau de ces espaces médullaires, on trouvait comme un fîJet élég*ant à largues mailles, brisé, fracturé en certains points, mais se continuant à la périphérie, souvent dans une étendueassezconsidérable,avec cette mêmesubstance osseuse ainsi modifiée. Fréquemment il n'était pas facile de disting^uer cette sorte de filet recouvert par d'innombrajbles éléments médullaires et de g-rosses vésicules g-raisseuses ; enfin de loin en loin ses mailles étaient incrustées de sels calcaires, malg-ré le séjour prolong'é de la pièce dans l'acide chromique, ce qui ne contribuait pas peu à l'obscurcir encore. Quelle est la valeur de toutes ces modifications histolog^ques, que veulent-elles dire ?

Elles sig-nifient qu'au début de la néoplasie, le tissu osseux des vertèbres est le siég^e d'une sorte d'hypertrophie de Fos qui se manifeste : dans un premier stade, par la prolifération des éléments médullaires et laformation à leurs dépens d'un tissu fibroïde parsemé d'éléments conjonctifs ; dans un second stade, qu'on pourrait appeler d'état, par la

plus gTande consistance et l'incrustation calcaire en certains points de ce tissu fibroïde qui comprime, refoule les corpuscules du tissu conjonctif, de telle sorte qu'on a, enfin de compte, à peu près lafig^ure des ostéoplastes et l'ensemble de la préparation ressemble assez bien à ce que M. Virchow a décrit sous le nom de tissu ostéoïde; enfin, dans un troisième stade, par la raréfaction, l'atropbie et la disparition de la substance fondamentale et de ses sels calcaires, pendant que les éléments qu'elle contenait se sont mis à proliférer au sein des cavités agTandies qui les log^eaient pour arriver à constituer des éléments médullaires jeunes^ prêts à subir telle ou telle direction.

Les choses se passent-elles toujours de la sorte ? Nous ne saurions rien affirmer à cet ég-ard. Dans les cas les plus favorables, on arrive à ce moment oii il est si difficile de se prononcer et que nous avons cru par anticipation devoir appeler troisième stade, sans plus spécifier. Car, si dans ce fait il succédait bien au second constitué lui-même par la formation d'un tissu ostéoïde, d'ordinaire il est moins simple de surprendre, en quelque sorte, la marche du processus. On peut bien affirmer qu'il va se faire une néoplasie, puisqu'on voit se former des gTanulations médullaires, mais les restes du tissu ou des tissus préexistants sont tellement altérés qu'il est impossible d'être plus explicite.

2** Les masses secondaires reproduisent-elles toujours anatomiquement les formes elles variétés des

tumeurs cancéreuses primitives qui leur ont donne naissance ? Nous venons de voii- que les pliénomènes primordiaux aboutissaient à la formation de g-ranulations médullaires. Orjusqu'iei rien de spécifique, rien qui puisse permettre de dire : il y a du cancer. Il ne faudrait pas croire que ces deux périodes soient aussi tranchées que les divisions nécessitées par l'exposé des faits paraissent l'indiquer; bien au contraire, tout se confond pour ainsi dire, et il ne faut rien moins qu'un examen attentif, souvent répété et portant sur des pièces oii les lésions se ressemblent, pour discerner ce qui précède de ce qui suit, ce qui est normal de ce qui est patholog-i-

que.

Nos 22 cas de cancer g^énéralisé à la colonne vertébrale étaient ainsi répartis en ce qui concerne les espèces anatomiques primitives :

Squirrbe 16 cas.

Carcinome colloïde 2 cas.

Carcinome télang-iectode 1 cas.

Sarcome (tumeur fibro-plastique de Le-

bert) i cas.

Cancroïdeà cellules cylindriques .... 2 cas.

Le squirrhe (carcinome fibreux j s'est toujours g'énérabsé sous la même forme. De plus, dans la majoritédes cas, pour nepas dire dans tous, nous avons observé de F ostéite hypertrophiante pouvant aller jusqu'à l'éburnation. Cette complication tient selon nous à deux causes bien distinctes comme nature

et cependant entièrement semblables si l'on ne considère que le résultat : l'une est morbide, l'autre mécanique. La première se manifeste très-fréquemment lorsqu'une néoplasie s'est développée dans un os, sans qu'on puisse savoir si le résultat a été primitif ou consécutif; la relation de notre fait semble prouver qu'il peut être primitif plus souvent qu on ne le pense. Il n'en est pas moins vrai que le processus morbide, déjà accessible ou non à nos moyens d'investig'alion, agut à sa façon, en irritant les tissus et occasionne de l'ostéite. Les os ne sont pas les seuls à jouir de ce privilégie : s'il faut en croire les auteurs (Paulicki, carcinome ossifiant), les parties molles n'en seraient pas complètement exemptes. La seconde est parfaitement définie, ce qui est en rapport avec sa nature : un os est-il fracturé, il y a là une cause mécanique d'irritation. Quelles en seront les conséquences ? Les phénomènes qui président à la formation du cal, l'ostéite ou un de ses deg-rés intermédiaires. M. Ollier a depuis long-temps mis à profit ce que le raisonnement faisait pressentir ; nous-même, à son instig^ation, avons pu après les résections sous-périostées chez de jeunes chiens, en irritant à différentes reprises avec un poinçon les parties reproduites, obtenir des os deux fois plus volumineux qu'à l'état normal.

Ces quelques détails suffisent pour justifier notre manière de voir relativement à Fostéite qu'on rencontre si souvent dans la colonne vertébrale. En effet, le cancer d'une part, la fracture ou l'écra-

sèment de l'autre^ voilà ce que l'on trouve constamment sur les corps vertébraux atteints d'ostéite hypertrophiante, et, (;e qui prouve bien que TatTaisscment, subi pai^ la vertèbre par suite des pressions qui sont transmises à son tissu en partie médullisé, joue un rôle très-important, c'est qu'il n'est pas un cas d'éburnation franche sans tassement de la vertèbre. Le fait suivant est le plus bel exemple que nous possédions.

Oas. III. — Squirrhe à forme tuberculeuse du sein. — Double

fracture des fémurs.

Autopsie : Masses secondaires dans les muscles des parois thora-

ciques, les côtes et la colonne vertébrale.

Joséphine Rondeau^ âg^ée de 34 ans, entre, le 20 mars 1866, dans la salle Sainte-Marthe (service de M. Gharcol).

Admise à l'Hôtel-Dieu, il y a huit mois, pour s'y faire opérer d'une tumeur du sein droit, elle est tombée en g*lissant sur le parquet et s'est cassé les deux cuisses. Depuis cette époque, elle n'a pas quitté le ht.

La malade succombe au choléra le 27 septembre 1866.

Autopsie. Cancer en cuirasse du sein droit; nombreux tubercules cutanés; niasses g^ang'lionnaires indurées dans l'aisselle et la rég'ion sus-claviculaire ; du même côté, les muscles sous-jacents aussi bien que les côtes sont envahis ; taches de boug'ie sur le foie.

Les corps de la plupart des vertèbres dorso-lombaires, plus ou moins affaissés, sont le siég'e de masses de consistance et de coloration variables. Les unes, d'un blanc mat, ne selaissentpaspénétrer par le bistouri et se continuent insensiblement avec un tissu fîbroïde, roug'eâtre, assez résistant, qu'on retrouve à peu près dans tous les points qui n'ont pas été envahis par les masses précédentes. Les autres sont formés d'un tissu g'risâtre plus mou et s'énucléent facilement. Ces teintes différentes, bien limitées du reste, ne sauraient être justement indiquées que par un dessin en couleur, quoique la comparaison avec certaines pièces de marqueterie donne une idée assez bonne de la fîg*ure considérée dans son ensemble. Sur des coupes, on pouvait trèsbien suivre au microscope la série des phénomènes de l'ossification par la moelle devenue fibreuse, puis à côté un processus inverse, mais sans intermédiaire, aboutissant d'emblée à la formation de gTos éléments (noyaux et cellules) dans les ostéoplastes agTandis.

Le fémur du côté droit, qui seul a pu être conservé, présentait aussi des lésions intéressantes. La partie supérieure de la diaphyse était aug^mentée de volume et tout à fait éburnée ; à partir du tiers externe du col et en remontant, on trouvait un tissu tantôt gTisâtre, tantôt roug^eâtre, partout assez mou, qui avait complètement remplacé la substance osseuse; la tête de l'os, qui avait conservé sa forme, était recouverte de son cartilage, perforé

seulement au niveau du lig^amenL rond. Ici encore, le microscope permettait de suivre, d'une part, les phénomènes de l'ostéite hypertropliiante,derautre, ceux du cancer fdoreux.

Nous n'insisterons pas davantag-e, persuadé que la lecture des nombreuses observations de ce g'enre disséminées dans notre travail suffira à faire adopter notre manière de voir.

«I.es carcinomes colloïdes, dit M. Cornil {loc. cit.), se divisent en deux g"roupes : dans un premier, il faut rang-er ceux qui présentent l'aspect colloïde d'emblée, et qui lorsqu'ils se g'énéralisent, se reproduisent aussi sous forme de tumeurs colloïdes secondaires; dans un second, ceux qui ne présentent cette dég^énérescence que partiellement, dans les parties les plus anciennes de la tumeur primitive, et qui, lorsqu'ils se g'énéralisent, n'offrent pas cet aspect colloïde dans les tumeurs secondaires. »

Or, les deux cas que nous avons observés démontrent en partie le contraire.

Obs. IV. — Carcinome colloïde du sein. — Faiblesse extrême. — Signes de paraplégie douloureuse.

Autopsie : Masses secondaires dans les poumons et la colonne vertébrale (celles des poumons colloïdes;. — Affaissement des corps vertébraux. — Compression des nerfs lombaires.

Barbanton,âg'ée de79ans, entre, le 13 mars 1865, dans la salle Sainte-Cécile (service de M. Gharcot), Etat de débilité profonde ; diarrhée.

Autrefois, douleurs très-vives clans les reins et les membres inférieurs avec faiblesse de ces derniers.

Ces symptômes ont disparu en partie, mais elle ne peut se tenir debout quoique exécutant encore quelques mouvements dans son lit.

Il est impossible de se renseig'ner d'une façon précise en raison de la faiblesse g'énérale qui est extrême.

Mort le 27 mai 1865.

Autopsie. Tumeur arrondie du volume d'un g"rosse noix sur le côté droit du corps de la troisième vertèbre lombaire qui est affaissée sur elle-même. Quelques petites tumeurs de même forme existent dans le corps des vertèbres voisines. Le canal vertébral a ses dimensions normales. La moelle est intacte. Les nerfs des troisième et quatrième paires lombaires qui traversaient la tumeur n'ont pas présenté d'altération notable au microscope. La tumeur de la mamelle était g'élatiniforme et constituée par un stroma aréolaire, une g*rande quantité de substance amorphe et un nombre considérable de renflements pyriformes remplis de noyaux g*ranuleux et adhérents, comme par leurs pédicules, à la trame g'énérale.

Il existait dans les poumons de petites tumeurs g*rosses comme des noisettes et de structure identique à celle de la tumeur mammaire.

Les masses incluses dans les corps vertébraux offraient une trame conjonctive avec un grand nom-

bre de noyaux. Nulle pari les espèces de renflements pyriformes du sein et des poumons.

Obs. V. — Squirrhe du sein présentant des parties colloïdes. — Pneumonie aiguë parenchymateuse entée sur une pneumonie chronique interstitielle. — Masses secondaires colloïdes dans les côtes, la colonne vertébrale et les os du bassin.

Malade de la salle Sainte-Rosalie (service de M. Gharcot).

Autopsie faite le 27 mars 1863. Embonpoint ordinaire. Pas d' œdème des membres. Tumeur qui occupe toute la rég'ion mammaire droite et s'étend jusqu'aux attaches supérieures du g-rand pectoral. Ulcérée au voisinag'e du mamelon qui est rétracté, elle fait bientôt saillie pour se terminer assez brusquement sous forme de bosselures extrêmement dures. Le centre, au contraire, est de consistance assez molle. Coloration g^énéralement roug*eâtre. Certains points sont violacés. A la coupe : petites masses arrondies, blanchâtres, rénitentes, donnant par le raclag'e un suc laiteux composé de cellules de différentes formes, se rapprochant toutes plus ou moins des cellules dites cancéreuses. En d'autres points, substance g'élatiniforme, de couleur ambrée et transparente, formée d'une matière muqueuse, filante, où se trouvent : i" des cellules vésiculeuses pâles, à contenu g-ranuleux; 2° des leucocytes; 3° des corpuscules de Glug-e ; 4*^ des g-ranulations gTaisseuses, brillantes, mêlées à de g-randes tablettes de

cliolestérine. Les autres portions sont puriformes. Il existe aussi de petits kystes contenant soit un liquide muqueux, transparent, mêlé de sang", soit les éléments précédents^ et de plus des cellules granuleuses et des leucocytes. Un de ces kystes, situé à la partie inférieure, a le volume d'un œuf de pig^eon. Pas de g-ang^lions axillaires.

A l'ouverture de la poitrine : péricarde sain, cœur volumineux. Aorte athéromateuse. Foyers de diverses g-rosseurs, les uns saillants, non ouverts, les autres donnant issue au contenu. Parmi ces derjiers, il en est un qui a le volume d'une noisette, il est situé à la partie supérieure de la crosse aor tique.

Poumon g'auche normal. Poumon droit non rétracté, adhérent à la plèvre, qui n'a pas moins de 2 millimètres d'épaisseur, et lui forme une coque complète. Le tissu pulmonaire est roug^e, de consistance tout à la fois molle et douce ; il est le siég^e d'une hépatisation g-ranuleuse g^ise.

Les côtes du côté droit sont très-friables. A leur union à la colonne vertébrale, tumeurs de g-rosseur variable donnant à la coupe une surface lardacée d'où suinte par' le raclag'e un liquide blanchâtre. Ce tissu nouveau se perd insensiblement au niveau des espaces médullaires agrandis. La colonne vertébrale présente, à la rég-ion lombaire, quatre tumeurs dures, saillantes en avant. A la coupe, les aréoles du tissu osseux sont plus larg-es et remplies d'une moelle roug'eâtre qui, ici comme du reste pour les

côtes, est constituée par des éléments analog'ues à ceux décrits précédemment.

Lp, fosse iliaque interne est criblée de saillies roug-eâtres qui, au premier abord, ressemblentassezàdes taches ecchymotiques ; mais, toutes font relief et présentent un stroma identique : L'une d'elles a le volume d'une petite pomme, elle fait saillie en dedans, où elle soulève le psoas iliaque, et en dehors, où elle repousse le g-roupe des fessiers. C'est un véritable kyste à parois ostéo-périostiques, inégales, anfractueuses, d'où partaient en tous sens des tractus moitié fibreux, moitié osseux, formant des logés incomplètes remplies par une matière rougeâtre plus ou moins foncée, tantôt molle, tantôt liquide, où se retrouvent les gTandes cellules, les corpuscules dits de l'inflammation, mêlés à des globules sanguins altérés.

Le nerf crural, le nei:f sciatique, de même que les nerfs intercostaux, n'étaient ni rouges, ni augmentés de volume. Rien du côté des vaisseaux.

Il nous répugnerait de faire dire à nos observations ce qu'elles ne disent pas. Cependant, on ne saurait s'empêcher de reconnaître à leur lecture la contradiction entre les faits qu'elles semblent établir et les propositions énoncées plus haut. Quoiqu'il en soit, il est bon d'attendre avant de se prononcer.

Nous ne connaissons qu'un cas de carcinome télangiectode ; il appartient à M. Cornil. On a bien constaté une tumeur secondaire qui offrait la

TripitT. 3

même structure, mais elle était attenante d'une part à la face externe de la dure-mère, et d'autre part au périoste du corps des vertèbres dont la coupe n'a pas été faite. Nous le publierons un peu plus loin afin de lui conserver toute son importance.

Le sarcome s'est présenté une fois seulement à notre observation . Développé primitivement dans le rein, sous forme de tumeur fibro-plastique, il s'est g*énérali se .comme tel dans la colonne vertébrale.

Obs. VI. — Sarcome (tumeur fibro-plastique de Lebert) développé dans le rein avec propagation à la veine cave inférieure. — Rhumatisme articulaire primitif.

Autopsie : Traces d'endocardite. — Lésions aiticulaires caractéristiques. — Masses secondaires dans les poumons et la colonne vertébrale.

. Victoire Huet, âg-ée de 66 ans, entre le 16 juin 1866 dans la salle Saini-Alexandre (service de M. Charcot).

Depuis un an, tumeur faisant saillie dans le flanc droit, immédiatement au-dessous des fausses côtes. Elle est très-dure et d'un volume considérable. Œdème des parois abdominales sur lesquelles se dessinent de g-rosses veines. Les membres inférieurs sont ég^alement infiltrés de sérosité; ce phénomène est plus marqué à droite. Pas de teinte ictérique de la peau. Urines claires et transparentes. La chaleur aussi bien que l'acide nitrique ne donnent aucun précipité.

La malade qui avait déjà fait un premier séjour

à l'infirmerie dans le courant de 1863, pour un rliîirnatisme articulaire chronique primitif, ne présente plus au niveau des g^enoux et des articulations des pieds que des déformations qui la rendent, il est vrai, impotente, mais n'occasionnent aucune douleur.

Vers le milieu du mois d'août, on note une exag'ération des phénomènes locaux; en même temps, dyspnée très-vive; perte de l'appétit; insomnie continuelle.

La mort arrive le 26 août 1866.

Autopsie. Pas de symphyse cardiaque. Le cœur est mou, flasque; les parois du ventricule g-auche .sont amincies et friables. Vég-étations en g*uirlande sur les valvules sig*moïdes de l'aorte ; traces d'endocardite mitrale (petites vég'étations en pîaques et vascularisation très-prononcée) .

Masses secondaires dans les deux poumons qui ne renferment pas de tubercules.

Les lésions des g'enoux sont ég'ales et caractéristiques des deux côtés ; teinte ocrée de la synoviale qui est épaissie et doublée d'une couche de g^raisse à sa face externe. Corps étrang'ers, les uns cartilag-ineux adhérents aux frangées synoviales, les autres d'apparence fibrineuse, libresdans la jointure. Destruction en cerains pointsdescartilag'es d'encroûtement. Au fond de ces ulcérations, membrane celluleuse de nouvelle formation, éburnation de la surface articulaire fémorale; friabilité, état g'raisseux et bourrelets à la périphérie des têtes osseuses.

"A l'ouverture de l'abdomen: tumeur énorme, bouclée, située au-dessous du foie et adhérente à cet •organe par sa partie supérieure, comprimant en arrière les g'ros vaisseaux ; l'aorte est déviée à g'auche. La veine cave inférieure, dont les parois sont d'abord aplaties et adossées, puis considérablement renflées plus haut, est intimement unie à la tumeur au niveau de la veine émulg-en te ég'alement dilatée. En incisant les parois de ces deux vaisseaux, on met à découvert une masse cancéreuse friable qui, partant de la veine émulg'ente , remonte dans la veine cave jusqu'au niveau de son passag'c à travers le diaphrag-me. L'aorte était complètement vide.

La tumeur principale, débarrassée de ses adhérences, pèse 4550 gT. A la coupe, on reconnaît en arrière la forme et la structure d'une partie du rein dont la substance se confond insensiblement et sans lig*ne de démarcation avec le tissu morbide. Ce dernier, d'apparence charnue, de consistance très-ferme et très-résistante, est g-énéralement roug-eâtre. En certains points, on remarque des masses jaunâtres, caséeuses; par la pression, il s'en écoule un liquide sang'uinolent.

Au microscope, sur de fines tranches, on voit des aréoles contenant des éléments fîbro-plastiques (noyaux et cellules) infiltrés de g'ranulations moléculaires, qui tranchent par leur couleur sombre sur les parties voisines, essentiellement composées par des corps fusiformes au milieu d'une substance fondamentale conjonctive striée.

Le foie est volumineux,, graisseux, fortement coloré par la bile. Tous les corps vertébraux depuis la fin de la rég'ion cervicale jusqu'à la rég'ion sacrée sont ramollis, blanchâtres. Aucun d'eux n'est affaissé. Différentes préparations nous ont montré la même structure que pour la tumeur du rein. Le tissu osseux est érodé en certains points ; dans d'autres, il a complètement disparu.

Reste le cancroïde à cellules cylindriques, dont nous allons relater deux cas ég^alement remarquables.

Obs. VTI. — Tumeurs végétantes développées sur les cicatrices anciennes d'un lupus de la face et du cou. — Signes de cachexie.

Autopsie : Commencement de travail néoplasique dans la colonne

vertébrale.

Madeleine Farineau, âg'éc de 62 ans, entre, le 9 novembre 1865, dans la salle Sainte-Cécile (service de M. Gharcot).

Il y a ving^t ans, apparition sur le nez d'un lupus qui en deux ou trois ans fît des prog-rès rapides. A cette époque , la malade entra à l'hôpital Saint Louis dans le service de Gibert. De g'raodes discussions s'élevèrent, assure-t-elle , sur la question de savoir s'il s'ag*issait d'un lupus ou d'un cancer.

Les différentes ulcérations de la face et du cou remonteraient à sept ans. La perte de la vue datf d'un an.

Actuellement, il existe sur la lèvre supérieure et

le nez, immédiatement au-dessus du lobule, des ulcérations reposant sur un tissu cicatriciel. La régûon fronto-orbitaire g*auche estlesiég^e d'une vaste perte de substance avec anfractuosité intéressant le frontal, et laissant à la partie interne de la rég'ion sourcilière, la dure-mère à nu. C'est là qu'aurait existé une tumeur qui peu à peu aurait été éliminée par les progTès de l'ulcération. Au niveau de la régnon sus-ciaviculaire du même côté, se voit une masse exubérante qui forme au-dessus de la peau un immense champig'non fournissant un pus séreux ot exhalant une odeur infecte. On remarque encore sur lajoue correspondante une ulcération de la gTandeur d'une pièce de 1 franc.

Toutes ces lésions avaient sing'ulièrement défig-uré la malade qui sentait bien qu'elle était un objet de répulsion pour les personnes qui l'approchaient; aussi, se voilait-elle toujours la face. Pas de troubles intellectuels. Les fonctions org^aniques s'accomplissaient assez bien.

L'examen microscopique de la tumeur du cou a été fait pendant la vie par M. Bouchard, et a présenté les mêmes particularités qu'après la mort.

La malade qui allait toujours s' affaiblissant chaque jour, mourut enfin le l^' juillet 1866.

Autopsie. Tubercules disséminés en quantité considérable dans les deux poumons ; vaste excavation au sommet du poumon droit.

La dure-mère est à nu au niveau de la bosse frontale g'auche ; sa face profonde en ce point ne paraît

ni enflammée ni adhérente avec l'arachnoïde. Im médiatement au-dessous, le cerveau a g-ardé sa consistance, mais il présente une teinte ardoisée verdâtre, qui au contact de l'air a complètement disparu, si bien qu'on n'a pu retrouver le point altéré pour en faire l'examen microscopique.

Différentes coupes du frontal au niveau de la perforation nous ont montré: 1" sur les bords, de vastes échancrures remplies d'éléments fîbro-plastiques et de cellules médullaires, avec des g'ranulations moléculaires amorphes, dont les unes étaient libres, les autres incluses dans les éléments; 2° à l'intérieur, de g*randes cavités ég^alement anfractueuses et qui paraissent formées par la réunion des canalicules de Havers ag-randis et la dissolution de la substance osseuse intermédiaire. Ces cavités sont en partie comblées par un tissu où prédominent les éléments fibro -plastiques.

L'examen des diff'érents viscères abdomino-thoraciques n'a fait découvrir aucune trace de g-énéralisation. La tumeur du cou paraissait composée sur des coupes: 1" d'un stroma de tissu conjonctif jeune limitant; 2" d'aréoles contenant des cellules d'épithélium cylindrique, rang'ées avec une g-rande rég-ularité et infiltrées deg-ranulations moléculaires jaunâtres, qu'on retrouvait aussi en liberté, ce qui donnait à ces parties de la préparation une coloration spéciale tranchant avec la teinte blanchâtre et presque nacrée du stroma ; 3° on apercevait aussi des capillaires, mais leurs parois étaient couvertes

d'une si grande quantité de noyaux qu'il était difficile d'en disting'uer nettement la cavité.

L'idée d'un cancer, cliniquement parlant, ayant été émise dans différentes circonstances, on fît une coupe de la colonne vertébrale ; et, dans l'intérieur du corps de la première vertèbre lombaire on trouva une masse élastique, d'un blanc nacré, ayant le volume d'une noisette.

A Tceil nu, on pouvait croire à un enchondrome^ et le microscope semblait tout d'abord confirmer cette manière de voir. Mais, un exgimen plus attentif nous a montré ce qui suit : sur différents points, on aperçoit des lang*uettes de tissu osseux, qui par leur coloration, leurs systèmes de lamelles conservés, tranchent sur les parties environnantes. Il est à remarquer toutefois que les ostéoplastes ont un volume plus considérable que dans les parties qui sont en dehors du processus ; en outre les corpuscules qu'ils contiennent, apparaissent ici avec une netteté qu'on rencontre rarement. Sur les bords de ces lang^uettes osseuses leur volume a doublé et même triplé;, les noyaux qu'ils contenaient ont pris des dimensions plus considérables. En certains points on en rencontre deux dans la même cavité. Tous ont un nucléole très-brillant.

Jusque-là, pas d'erreur possible; c'est bien du tissu osseux modifié il est vrai, mais véritable, qu'on a sous les yeux.

Plus loin, on aperçoit une substance fondamentale hyaline, transparente, lég'èrement striée en cer-

taihs points et comme surbaissée par rapport au plan des lang-uettes précédemment décrites, avec de largues cavités contenant un ou plusieurs éléments analognies à ceux que nous avons dit se trouver dans lesostéoplastes, avec cette différence cependant que leur volume est plus considérable, et qu'autour du point brillant sur lequel on rencontre parfois un nucléole ég-alement très-réfring^ent, on peut voir un contour sinueux noir qui nous a paru être l'enveloppe ratatinée decellules complètes dont l'existence ne saurait être mise en doute pour peu qu'on les suive au niveau des espaces médullaires. En ce point, elles sont distendues, et contiennent des noyaux multiples. La substance fondamentale, qui a toujours la même coloration, est réduite à des dimensions très-peu considérables, et fîg"ure une dentelle à larg-es mailles dont plusieurs communiquent ensemble. Enfin, dans les espaces médullaires eux-mêmes on peut reconnaître encore ces cavités ; mais les éléments de la moelle les masquent en partie.

11 nous paraît difficile de ne pas voir une analog'ie frappante entre la description de cette petite masse secondaire et celle de cette autre petite masse secondaire qui nous a servi de type pour décrire les premiers phénomènes qui se produisent, lorsque la g'énéralisation doit se faire dans les corps vertébraux à la suite du cancer mammaire. Dans ce cas, toutefois, la néoplasie est arrivée à une époque intermé-

diaire aux stades, secondaire et tertiaire que nous avons essayé d'établir ; telle est la seule différence. Il nous semble donc acquis une fois de plus, que le cancer secondaire de la colonne vertébrale débute par la formation d'un tissu ostéoïde auquel succède bientôt une méduUisation plus ou moins complète indispensable au processus formatif ultérieur, dont la direction paraît déterminée par la nature de la tumeur primitive. Si nous avons hésité à rapprocher ces deux faits, c'est que dans une des séances de la Société microg-raphique où nous faisions la présentation de cette dernière pièce, M. Ranvier, dont nous estimons la compétence en pareille matière, a formellement déclaré qu'il croyait la petite masse constituée par du cartilag'e ; il a basé son dire sur des examens antérieurs relatifs à la structure intime desenchondromes, qui lui auraient permis de voir des variétés de forme encore plus bizarres.

Nous sommes moins éloig*né l'un de l'autre qu'on ne pouraitle penser, car l'histoire du tissu ostéoïde, en tant qu'on doive conserver ce nom à toutes les modalités ostéog'éniques qu'on y rattache, est loin d'être achevée.

Obs. VIII. — Cancer épithélial à cellules cylindriques des os ,

décrit par Gawriloff, de Moscou.

( Viirzbur2;er medic. Zeitschrift. 1863, B. IV.)

«Carcinoma manimae dextrae, elandul. axillar. dex.. cutis pectoris,

« pleurœ, pulmonum et hepatis. — Cffideme pulmonum acut. —

«Hydrothorax. — Myoma uteri. n

« Le squelette présentait les chang-ements suivants:

partie supérieure du sternum enfoncée, partie inférieure proéminente ; l'os lui-même était mon, se laissant facilement couper avec des ciseaux et offrant une infiltration cancéreuse diffuse ; côtes des doux côtés ramollies, flexibles, et se brisant sous la moindre pression. A la coupe, elles paraissaient remplies d'une substance molle, encéphaloïde, surtout à droite; de sorte que, considérés dans leur ensemble, ces néoplasmes se présentaient sous forme de nodosités multiples ayant un volume qui variait depuis celui d'un gTain de millet jusqu'à celui d'une noix, quelquefois davantag^e, et occupant soit l'espace compris entre la plèvre et les côtes, soit le tissu même de celles-ci. La consistance et la cou leur étaient encore plus variables. Presque tous les corps des vertèbres et une partie des apophyses épineuses à leur base aussi bien que les os iliaques au niveau de leur crête, présentaient l'intiltration diffuse; pas de cyphose considérable ; rien de spécial dans les os des membres non plus que dans ceux du crâne. En étudiant déplus près les altérations de la colonne vertébrale, on voyait que celles-ci commençaient à partir de la septième vertèbre cervicale, pour se prolong-er jusqu'à la fin de la rég'ion lombaire. La forme de la dernière vertèbre cervicale aussi bien que celle des T, 2^ 3% 5% Q% 7^ et 8' vertèbres dorsales était conservée. La substance spongieuse de leurs corps présentaitune infiltration complète jusqu'audessous de l'enveloppe osseuse extérieure ; quant aux corps clés 4"", 9% 11° et 12^ vertèbres dorsales, et à

ceux de toutes les vertèbres lombaires, ils étaient entièrement transformés: la forme en était chang-ée, la hauteur diminuée, la larg-eur aug^iientée.

«Depuis la 10' jusqu'à la 12° vertèbre dorsale, le canal médullaire paraissait lég-èrement rétréci. Du reste, rien du côté de la moelle et de ses enveloppes ; toutes les lésions osseuses étaient plus prononcées au centre qu'à la périphérie ; les cartilag^es costaux et les disques intervertébraux n'offraient aucune altération .

i^ Examen microscopique. Le suc extrait par le gTattag-e renfermait des cellules ovalaires, allong^ées, semblables à celles de l'épithélium cylindrique. Leurs noyaux étaient peu distincts ce qui tenait sans doute au séjour prolongée dans l'alcool qui avait amené la coag'ulation du contenu. Cependant la soude les rendait plus clairs. Des deux extrémités arrondies des cellules, l'une l'emportait sur l'autre. Quelques-uns de ces éléments étaient libres et nag-eaient isolément dans la préparation ; la plupart, symétriquement disposés, semblaient accolés ensemble.

« Sur des coupes très-minces on trouvait de plus un stroma fîbrillaire limitant des espaces analog*ues aux corpuscules dits acineux qui variaient comme forme et comme g-randeur. Les plus petits étaient ronds, les plus gTands allongées, ovoïdes, quelquesuns se rapprochaient de la forme cylindrique. Dans tous on voyait les éléments décrits plus haut, disposés à la manière des rayons dune roue, la plus

gTosse exlnêmité diripi'ée du coté (l(^ la périphérie, la plus petite aboutissant au centre des corpuscules si bien que lorsque ceux-ci étaient relativement volumineux il existait une espèce de cavité remplie soit de g-ranulations seulement, soit de g'ranulations et de cellules cylindriques flottantes. Dans le cas contraire tous les éléments se touchaient par leur sommet. Lorsque cette dernière disposition se rencontrait sur des corpuscules placés suivant leur long-ueur, on avait de petites plaques si rég"ulièrement délimitées en dehors qu'on aurait pu croire au premier abord aune membrane limitante qui n'existait pas en réalité. Ces corpuscules étaient tantôt trèsrapprochés les uns des autres, tantôt très-éloignés ou complètement isolés. Aucun d'eux n'offrait de renflements secondaires. Dans le stroma se voyaient des cellules du [issu conjonctif considérablement aug*mentées et fusiformes, avec des noyaux multiples. On ne pouvait pas remarquer leur passag'e immédiat à l'état de corpuscules acineux.

«Ces différentes particularités se rencontraient dans la moelle des os infiltrés comme dans les nodosités situées entre les côtes et la plèvre.

«Quant à la substance osseuse, elle présentait les altérations suivantes : 1° les ostéoplastes des trabécules étaient entourés d'un espace clair, bien limité^ fig-urant un ovale (espaces de résorption), ce qui tenait à la résorption des sels calcaires; quelquesuns contenaient encore des éléments cellulaires, le plus g*rand nombre n'en renfermaient pas. Dans

certains points, on voyait de véritables lacunes produites par la disparition de la substance fondamentale entre les ostéoplastes ag^randis. Il était impossible de dire ce qu'étaient devenues les cellules osseuses.

« Ces modifications se remarquaient surtout au milieu des trabécules; sur les bords, les espaces médullaires prés^ftteîSntTTd©^ découpures demirondes et me^'^i^. — o,>c>— "X^X

« 2*^Quelque^s ceSjsesgèces de Ms\ons n'existaient pas; et, à la limite des espaces médjdllaires, les trabécules n'offraS^qjM|^"^'tfMr^tupsités^ ce qui tenait sans doute à la coïïTp«ei^b»-€:^rcée par le tissu de nouvelle formation; en effet, le tissu osseux dans ces points avait perdu ses systèmes de lamelles, il était plus clair (disparition des sels calcaires) et présentait tous les caractères du tissu conjonctif fibrillaire, en outre les ostéoplastes ne possédaient plus de prolong"ements.

«On avalisons les yeux de véritables corpuscules du tissu conjonctif qui peut-être concouraient à la formation des cellules cylindriques.

((3° Ailleurs, les canaux vasculaires des trabécules étaient envahis par la néoplasie, d'où la distension et les ondulations qu'ils présentaient. Ici encore l'atrophie jouait un rôle, car on remarquait sur les bords cette même résorption des sels calcaires avec chang'ement de coloration de la substance osseuse.

«Les parties contenues se composaient toujours d'un stroma conjonctif au milieu duquel se voyaient

des corpuscules acineux très-rapprocliés ; ils étaient petits et renfermaient ég-alement des cellules cylindriques. )■•

iL'auLeur se livre, en terminant, à des déductions que légitiment le nombre et l'importance des détails dans lesquels il est entré, mais qui n'ont pas directement trait à notre sujet).

On peut conclure de l'analyse des faits qui précèdent, que les masses secondaires développées dans la colonne vertébrale semblent reproduire anatomiquement les formes et les variétés des tumeurs cancéreuses primitives qui leur ont donné naissance ; que s'il n'en a pas toujours été ainsi, la mort est arrivée trop tôt et le processus n'avait pas eu le temps de parcourir toutes ses périodes.

3° Quels sont les phénomènes qu occasionnent par leur présence ces mêmes masses cancéreuses"!

Gomme nous avons cherché à l'établir, le cancer ^'énéralisé de la colonne vertébrale affecte de préférence les corps vertébraux et les méning-es. De ces deux localisations, l'une est très-fréquente , l'autre est relativement rare ; la première s'observe d'ordinaire dans les régnons inférieures du rachis et plus spécialement à la rég'ion lombaire ; quoiqu'on puisse ég'alement la rencontrer dans les parties supérieures. La seconde se remarque un peu partout; il semble cependant qu'elle soit en rapport

avec certaines conditions auatomiques particulières. C'est ainsi que dans quelques-unes de nos observations on a noté la présence de g-ranulations pleurales voisines. Sans chercher à devancer les faits, il est au moins permis de ne pas voir là une simple coïncidence. Chose remarquable, c'est dans les mêmes circonstances qu'on voit des masses secondaires dans les corps vertébraux des réglions supérieures avec ou sans masses semblables dans les corps vertébraux des réglions inférieures. Enfin, il est des cas très anciens, très-avancés, où toutes les parties constituantes de la colonne vertébrale sont farcies de masses secondaires, depuis les dernières cervicales jusqu'au sacrum (jamais plus haut, rarement plus bas); mais la plupart des organes abdominothoraciques sont le siég'e de masses secondaires. Il semble dès lors que la g-énéralisation ait sévi avec une intensité inaccoutumée.

Ceci posé, il est facile de comprendre que les masses secondaires, à une certaine période de leur développement, pourront, suivant que leur siég'e sera plus ou moins favorable, amener des phénomènes qui retentiront sur le système nerveux rachidien.

La moelle peut être comprimée de différentes manières :

A . Par une ou plusieurs masses secondaires développées sur les méning'es ;

B. Par une ou plusieurs masses secondaires ayant

pris naissance dans les corps vertébraux et faisant saillie à leur partie postérieure ;

C. Par l'affaissement des corps vertébraux avec incurvation de la colonne vertébrale.

Les nerfs peuvent aussi être comprimés de différentes manières :

1° Dans le canal rachidien,

A. Par une ou plusieurs masses secondaires développées sur les méningées ;

a. Par une ou plusieurs masses secondaires ayant pris naissance dans les corps vertébraux et faisant saillie à leur partie postérieure (rég'ion lombaire).

2° Au niveau des trous de conjug*aison,

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