‹ Du cancer du pavillon de l'oreilleChapitre 11 sur 15 · PRONOSTIC · texte numérisé non relu

PRONOSTIC

Le pronostic se déduit naturellement de l’exposé des symptômes et de la marche de cette affection.

Sa marche envahissante, sa tendance à infecter les glandes lymphatiques et à produire la cachexie en font une lésion très sérieuse ; cependant c’est l’une des formes les moins graves des manifestations cancéreuses, la moins grave de toutes peut-être, puisqu’elle peut exister pendant de nombreuses années sans porter atteinte à la santé générale, et que sa destruction par des moyens chirurgicaux est assez souvent suivie d’une guérison complète et définitive.

Considéré en lui-même et par rapport à son siège, l’épithêliome du pavillon de l’oreille n’a pas toujours la même gravité. Il est surtout dangereux lorsqu’il se développe à l’entrée du conduit auditif ou que déjà il menace ce conduit, non-seulement parce qu’il compromet les fonctions auditives, mais parce qu’il rend hasardeuse P efficacité de l’intervention opératoire. A ce double point de vue, la lésion qui a pris son point de départ et siège encore sur l’hélix ou le lobule doit inspirer beaucoup moins de crainte. On peut l’attaquer plus complètement avec les moyens chirurgicaux et l’on a plus de chance de mettre le malade à l’abri d’une récidive.

D’autre part, l’épithéliome papillaire est moins grave que l’épithéliome ulcéreux, il progresse avec plus de lenteur et donne plus aisément prise à l’action chirurgicale.

H est presque inutile de faire remarquer que Pexistence

d’un engorgement ganglionnaire et surtout un commencement de cachexie sont des circonstances fâcheuses.

Lorsque la tumeur cancéreuse a été enlevée ou détruite, il est très ordinaire de voir paraître une ou plusieurs tumeurs nouvelles également cancéreuses, qui se montrent tantôt dans le lieu même qu’occupait la première, tantôt à une distance plus ou moins considérable dè ce lieu, dans les ganglions lymphatiques environnants. Cette tendance à la récidive est un des traits caractéristiques du cancer en général et du cancer de l'oreille en particulier, elle est dans certains cas très prononcée : deux opérations avaient été pratiquées sur le malade de M. Lannelongue et chacune avait été suivie de récidive à la suite d’une nouvelle poussée eczémateuse.

Quant à la fréquence des récidives, il n’est pas facile d’établir une proportion réelle ; cela tient, en grande partie, à la longue durée du cancroïde dans certains cas, et dès lors aux difficultés qu’on éprouve à suivie les malades pendant un nombre d'années suffisant pour qu’il soit possible de conclure à la non récidive. On doit remarquer, en outre, que souvent les malades ne viennent pas retrouver le chirurgien qui les a opérés une première fois, de sorte que les observations sont presque toujours incomplètes.

On a remarqué que la marche d’un cancer récidivé est en général plus rapide que celle d’un cancer primitif. Il n’y a du reste rien de constant dans la durée de l’intervalle qui sépare la 'destruction d’une tumeur cancéreuse de sa réapparition. Le premier malade de Bouisson, vingt années après, n’avait pas été atteint de récidive.

Treillet ^

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