V. COllNIL
sphériques et séparés les uns des autres par un tissu cellulo-adipeux normal (cholestéatome).
§ II. Seconde variété. — Cancroïde à cellules cylindriques.
Cette variété du cancroïde se développe sur les muqueuses recouvertes à l’état normal par un épithélium cylindrique et particulièrement sur la muqueuse du tube gastro-intestinal et de la vésicule biliaire.
Ces tumeurs ont une gravité tout aussi grande que les carcinomes de ces muqueuses, et, lorsqu’elles se généralisent à différents organes, ainsi qu’il en existe plusieurs observations dans la science, elles reproduisent dans les tumeurs secondaires les mêmes caractères qui distinguent la tumeur primitive.
L’aspect de ces tumeurs molles et riches en suc laiteux lèur ferait donner le nom de cancer médullaire ou encéphaloïde, si l’on s’en tenait uniquement aux données fournies par l’œil nu. Comme leur structure est connue depuis peu, nous croyons utile d’en présenter rapidement l’historique.
En 1851, Reinhard 1(1), qui en a le premier fait un examen microscopique complet, les avait regardées comme des hypertrophies des glandes en tube de l’estomac. C'est qu’en effet elles sont constituées par de grandes cavités cylindriques comme des glandes en tube, et que les parois de ces cavités sont tapissées par un épithélium cylindrique. Dans deux des trois observations de Reinhardt, il y avait eu généralisation de la néoplasie aux poumons et au foie.
Foerster (2), en 1858, a donné une excellente description de cetle forme de tumeur de 1 estomac et de l’intestin basée sur cinq observations; il a comparé aux résultats de son examen les faits déjà publiés par Reinhardt, Virchow (3) et Ridder (4). Il les décrivait comme des cancers épithéliaux à cellules cylindriques et leur donnait le nom de
(1) Iteinhardt, Annalen des Bcrliner Charité-Krankenliauses , 1851, 1 Heft, S. 98.
'2) Fœrster, Archiv fur path. Anal, uncl Physiol ., B. XIV, S. 91.
3) Virchow, Gazette médicale de Paris , 7 avril 1855.
Bkkter, Müller’s Archiv, 1852, IJeft 2, S. 78.
Cylindei'epithelialkrebs. La même année, Ernst Wagner (1) publiait des cas analogues, observés non-seulement à l’intestin, mais aussi dans l’utérus et le foie, et Gawrilofï (2) en a même vu dans la colonne vertébrale.
J’ai publié trois observations de tumeurs épithéliales de cette nature qui avaient pris naissance au col de l’utérus, et j’en ai recueilli depuis neuf autres cas siégeant: six au rectum, deux à l’estomac et un à la vésicule biliaire.
Ces tumeurs se présentent le plus souvent sous l’aspect de bourgeons ou de plaques saillantes plus ou moins étendus, vascularisés à leur surface, mous, qui s’ulcèrent tardivement et qui habituellement n’intéressent que la muqueuse. Lorsqu’on les presse, on fait sourdre à leur surface des gouttelettes d’un suc laiteux très-abondant. Sur une surface de section normale à la muqueuse, on reconnaît qu’ils possèdent une disposition fasciculée, que les fibres lamineuses et les vaisseaux qui les composent sont parallèles entre eux et perpendiculaires à la surface de la membrane.
Dans d’autres cas on se trouve en face d’une surface ulcérée, déprimée, villeuse, et la base de cet ulcère est formée par un tissu blanchâtre et mollasse, riche en suc laiteux.
L’examen microscopique du suc laiteux montre uniquement des cellules épithéliales cylindriques (a, fig. 18), exactement semblables à celles de la muqueuse intestinale, et habituellement accolées les unes aux autres sous forme de lamelles, comme cela s’observe toujours sur les membranes qui en sont tapissées. Ces cellules très- régulières, à peu de chose près semblables les unes aux autres, mesurent 0œra,020 à 0mm,025 en longueur, et 0,005 à 0,007 en largeur. Elles possèdent un noyau ovoïde de 0,007 à 0,009 de longueur. Leur extrémité ou base libre est un peu évasée et terminée par un bord à double contour. Elles se détachent habituellement par lambeaux ou plusieurs d’entre elles sont contiguës et soudées.
Sur des coupes de la tumeur préalablement durcie, on peut apprécier la disposition de sa trame et la situation des cellules précédentes. Les sections minces perpendiculaires à la surface bourgeonnante montrent à un faible grossissement de longues et étroites cavités fol 1 i -
(1) E. Wagner, Archiv fur physiologische Beilkunde , 1858, S. cOG.
(2; Gawriloff, Wiirtzburger medic. Zeitung, 1863, B. IV.
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